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Témoignage d’une mompreneur épanouie

De plus en plus de femmes françaises sont à la recherche d’un équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle. Pour certaines, créer son entreprise semble être une évidence et un excellent moyen de s’épanouir à la fois dans son travail et au sein de sa vie de famille. On les appelle les « mompreneurs ».
Marlène
Chef d’entreprise, ça va de l’autoentrepreneur qui gère une petite structure à la PDG d’une multinationale qui encadre 150 salariés. Mais les premières « mompreneurs » américaines étaient en réalité des femmes qui, après leur accouchement, créaient une entreprise en lien avec la puériculture, les enfants ou la maternité. Elles travaillaient de chez elles pour mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Aujourd’hui, on les définit comme des mères-entrepreneuses. Marlène Schiappa, présidente de l’association Maman travaille, le 1er réseau de mères actives, est elle-même devenue mompreneur après ses deux congés maternité. Nous l’avons interviewé pour en savoir plus sur son parcours.

Quand et comment vous est venue l’idée de vous lancer comme « Mompreneur » ?

Je travaillais dans une grosse agence de pub. En 2006, pendant mon premier congé maternité, j’ai démissionné pour créer un webzine et une agence de production de contenus avec deux amis. Après avoir fusionné ces activités, je suis devenue directrice éditoriale d’une agence de presse. Après mon second congé maternité en 2013, j’ai créé de nouveau une entreprise, une agence de conseil et formation spécialisée en conciliation vie pro/vie familiale, mais aussi aux thèmes connexes comme l’égalité hommes/femmes et les politiques RH de bien-être au travail.
Aujourd’hui, gérante de société, j’anime aussi des formations, je publie des livres et j’interviens comme consultante lors de conférences. Le tout en poursuivant mes activités au sein de l’association « Maman travaille », que j’ai créé et dont je suis la présidente.

Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

On associe souvent l’entrepreneuriat à une idéologie ultra libérale, alors que devenir entrepreneur, c’est aussi mettre en oeuvre la culture de la débrouille et de la « survie » de son activité. Finalement, la culture pop de ma génération (je suis née en 82) nous incite à ne plus nous faire exploiter et à devenir le boss. C’est donc logique que l’on voit arriver ces nouvelles générations d’entrepreneurs qui cherchent à être indépendants financièrement et à s’épanouir.
Pour ma part, avant de devenir mère, j’avais déjà l’esprit d’entreprise. C’est finalement la difficulté à tout concilier qui m’a permis de passer à l’acte. Difficile d’être à 17h30 à la crèche quand on a un brief à 18h. Être chef d’entreprise ou freelance permet donc de choisir ses horaires ce qui est un vrai luxe. D’ailleurs l’étude Maman travaille réalisée auprès de 967 femmes actives montre bien que les mompreneurs sont prêtes à gagner moins en quittant le salariat, et à avoir une forme de souplesse horaire. J’avais donc déjà l’expérience et un business model entre les mains, les clients sont venus à moi, je n’ai rien eu d’autre à faire que de déposer des statuts peu après la naissance de ma fille.

Est-ce difficile de concilier la vie de maman et celle de business woman ?

dictionnaireJe dirais qu’il n’y a pas de vérité générale. Dans mon cas, cette situation me permet d’accompagner la classe de ma fille au sport tout en travaillant sur mon ordinateur pendant la séance, ou de ne pas me faire hurler dessus si je veux prendre une journée « enfant malade » et rattraper mon travail le soir ou le week-end. Et surtout, ça m’a permis d’inventer mon métier, qui n’existe pas sous forme salariée. Mais bien sûr, cela signifie souvent aussi faire supporter à sa famille le stress des contrats obtenus « ou pas », des appels d’offres, et le côté fluctuant de la rémunération car on peut gagner 12 000 euros un mois et 7 euros 50 le mois suivant.

J’ai appris à m’organiser en suivant du coaching avec une professionnelle. L’objectif était me débarrasser des choses polluantes. J’ai acheté un plus petit agenda, pour ne pas surcharger mes journées de rendez-vous intenables. Et les mercredis sont sacrées et rien de ce qui concerne le travail ne vient troubler cette journée. En revanche, il m’arrive parfois de harceler mon mari qui est manager carrières et pro des RH à minuit pour qu’il relise une plaquette commerciale.

Votre entourage vous a-t-il aidé dans votre réussite ?

Si je n’avais pas un mari qui se lève la nuit pour les biberons, qui assure les rendez-vous chez le pédiatre et qui s’occupe du linge et des courses, il est clair que je n’aurais jamais pu travailler autant. Moi, je m’occupe des enfants sur sa large plage horaire de travail salarié, des dîners… Nous avons une vraie répartition à 50/50. Mais pour y arriver, le point important, c’est le mode de garde. Beaucoup de femmes se lancent en se disant je vais travailler en gardant les enfants. Ma première fille m’a clairement fait comprendre, bébé, qu’elle ne comptait PAS dormir de la journée. Travailler de chez soi ne doit pas être une solution pour remplacer une nounou. Et pour un enfant, il n’est pas très épanouissant de nous regarder taper à l’ordinateur ou crier des tarifs au téléphone. J’ai d’ailleurs encore en mémoire la ministre qui m’a dit un jour je crois que je vous dérange… très sèchement quand elle a entendu mes enfants crier derrière. La honte!!!

> A lire  » Le dictionnaire déjanté de la maternité  » ou les  » Les 200 astuces de Maman travaille « 

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Commentaires
  1. Anne
    8 octobre 2013 - 19h06

    Bien belle illustration d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Il y a une méthode plus simple et rapide aujourd’hui. Il s’agit du travail 3.0 (une combinaison de travail-a-la-demande et de travail distant). La 1ere plateforme du genre a ouvert ses portes en Aout dernier. Il s’agit de Compedia (www.compedia.fr). Je vous invite à vous y inscrire et à juger par vous même.

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