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Les femmes éloignées du travail : pourquoi, comment ?

WomanPowerJourneeFemmeSi les femmes représentent quasiment la moitié de la population active, 48% exactement, leur travail semble toujours moins visible et moins valorisé que celui des hommes rappelle le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) dans son dernier rapport intitulé Les femmes éloignées du travail.

Une étude de plus ? Oui, mais celle-ci met en exergue des aspects moins abordés de la vie professionnelle des femmes : inégalités face au chômage, entre les femmes qualifiées et celles qui le sont moins, difficultés des femmes seniors, difficultés des femmes actives à trouver des solutions familiales satisfaisantes sans sacrifier leur carrière… Explications avec Hélène Fauvel (Groupe CGT-FO), membre de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité et rapporteure de l’étude.

Les études sur les inégalités subies par les femmes sont nombreuses. Qu’apporte de plus celle-ci ?

HeleneFauvel

Cette étude met plusieurs choses en avant. D’abord, elle met en exergue l’évidence du travail des hommes comparée à la contingence du travail des femmes, le soupçon d’inactivité choisie qui pèse sur les femmes ainsi que le concept de salaire d’appoint qui a la vie dure : »Mr Gagne-pain, Mme Gagne-des-miettes ».

Elle vise également à démontrer que la conciliation, en termes d’articulation des temps de vie professionnelle et familiale, continue de reposer quasi-exclusivement sur les femmes.

De plus, elle démontre que si les femmes ne sont pas à égalité sur le plan professionnel, elles ne le sont pas davantage sur le plan du chômage. Aujourd’hui beaucoup de femmes en recherche d’emploi ne sont plus considérées comme chômeuses au motif qu’elles ne sont pas en capacité de se rendre disponible pour occuper l’emploi proposé dans les 15 jours alors qu’elles sont mères d’enfants en bas âge.

L’étude vise aussi à mettre lumière les inégalités croissantes entre les femmes qualifiées et très qualifiées qui s’insèrent sur le marché du travail sans beaucoup plus de difficultés que les hommes et celles qui ne sont que  peu ou pas qualifiées et qui s’enfoncent de plus en plus dans la précarité.

Le rapport dit que les femmes actives « doivent donc inventer, comme leurs conjoints d’ailleurs, de nouveaux modèles de fonctionnement au quotidien ». Comment chaque femme peut-elle induire le changement à son niveau ?

Pour arriver à faire carrière à deux, les couples à double carrière doivent forcément mettre en place des modes de fonctionnement innovants en termes de gestion du quotidien. Au moment où les femmes le font, elles n’ont pas conscience de générer un changement global mais seulement d’améliorer leur quotidien. Mais comme pour tout, c’est la somme de ces actions individuelles qui finit par amener une modification des regards et des mentalités sur les mères de famille qui exercent une activité professionnelle à haut niveau de responsabilités. Même s’il est clair que les solutions sont toutefois plus aisées que pour celles bénéficiant d’un haut niveau de qualification et donc d’un haut niveau de rémunération que pour celles qui ont peu de qualification ou contraintes à l’inactivité pour s’occuper de leurs enfants.

Quelle que soit leur qualification, les femmes seniors rencontrent des difficultés. Quelles mesures peut-on mettre en place pour cette population ?

Parmi les mesures envisagées, il y a l’accès renforcé au bilan de compétence et à la Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE). Il conviendrait aussi de valoriser les savoir-faire dans les grilles de classification.

L’expérimentation de l’ABCD de l’égalité dans les écoles semble prometteuse. L’éducation des enfants, est-ce LA clé de l’égalité professionnelle ?

Il est certain que les stéréotypes perdurent et que beaucoup de métiers ont malheureusement encore aujourd’hui un caractère nettement sexué. L’éducation des enfants n’est pas seule clé pour l’égalité mais une mixité renforcée dans toutes les filières d’éducation, générales comme professionnelles, ne peut qu’y contribuer en changeant les mentalités.

Quel est votre sentiment concernant le projet de loi sur l’égalité ? Etes-vous positive quant à l’application des mesures ?

S’agissant principalement de la mesure concernant le congé parental, l’idée d’un rééquilibrage entre les deux parents est intéressante sur le principe. Cependant, la délégation au droit des femmes et à l’égalité du CESE reste réservée sur les conséquences  de la diminution de la prestation servie pendant le congé parental si le père ne prend pas au moins 6 mois de congé parental.

D’une part, le CLCA n’est pas suffisamment attractif pour inciter un homme qui gagne plus que sa conjointe à prendre un congé parental et d’autre part, cette mesure risque d’aboutir à une perte financière pour des femmes que pour beaucoup, leur faible qualification place déjà au bord de la précarité. Beaucoup ont pris un congé parental parce leur emploi était peu valorisant et très contraignant sur le plan des horaires.



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