Toujours autant de discrimination à l’embauche pour les Français d’origine maghrébine

Discrimination« Le taux d’emploi des Français enfants d’immigrés du Maghreb est de 20 points plus faible que celui des Français de parents nés français » selon l’étude « France, portrait social » de l’Insee publiée hier. Pas vraiment étonnant…
Parmi les raisons invoquées par les auteurs de l’étude : « les différences d’expérience, de diplôme, de situation familiale et de lieu de résidence ». Mais celles-ci n’expliquent qu’un tiers des écarts. « Le reste peut provenir de l’existence de discrimination, mais aussi de tout ce qui n’est pas mesurable directement (réseaux professionnels, capital culturel, etc.) » explique l’Insee.

Ainsi, 56% des femmes nées de parents immigrés maghrébins sont en emploi contre 74% pour les filles de français « de souche », et 65% contre 86% pour les hommes. A contrario, le taux d’emploi des Français originaires des pays d’Europe de l’Est, du Nord, ou du Sud est sensiblement le même que pour les Français.

Les jeunes premiers touchés

Le rapport révèle par ailleurs que, pour les hommes, « l’écart d’emploi inexpliqué est plus faible lorsque le diplôme est plus élevé ou l’expérience plus importante ». Plus faible mais toujours présent. De nombreux facteurs expliqueraient cet écart persistant : origine sociale des jeunes, rôle du réseau familial, fermeture de milliers d’emplois de la fonction publique… Mais le malaise est là : un tiers des jeunes dont les deux parents sont nés à l’étranger ont le sentiment d’avoir subi une discrimination à l’embauche. En mars 2009, Toufik, jeune diplômé d’origine maghrébine, vendait « ses origines ethniques » sur Ebay pour trouver un emploi, « un fardeau selon lui ». « Parce que j’ai un patronyme maghrébin j’ai, selon le baromètre de l’emploi Adia, trois fois moins de chance de trouver un travail qu’un français dit de souche » expliquait-il alors.

S’expatrier pour être embauché

Si en Europe être diplômé préserverait du chômage, ce n’est pas vraiment le cas pour les enfants immigrés maghrébins de France. Des initiatives ont fait leurs preuves, mais depuis quelques années, de nombreux jeunes diplômés voire sur-diplômés ont trouvé une alternative plus radicale au chômage : ils s’expatrient. A Londres, à Rio…. Leur eldorado, c’est le Qatar aux Emirats-Arabes-Unis. Une destination idéale pour ces diplômés arabophones, familiers des coutumes musulmanes, à qui on refuse en France un emploi à la hauteur de leur qualification.

Exemple à Dubaï, où les expatriés Français sont « avant tout de jeunes maghrébins de 25 à 35 ans, le plus souvent diplômés et souhaitant faire carrière. Parmi ces jeunes, nombreux sont ceux qui souhaitent évoluer dans un environnement respectueux de leurs valeurs musulmanes » selon Zoubeir Ben Terdeyet, PDG franco-musulman d’Isla-Invest Consulting, 1er cabinet de la Finance Islamique en France. Là-bas explique-t-il, le salaire se fixe notamment en fonction de l’origine ethnique. Etre Français ou Européen permet donc de négocier un meilleur salaire que lorsque l’on est Maghrébin. Plutôt ironique non ?

(Crédit illustration : RegionsJob)

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