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« Il faut encourager les salariés à être éco-citoyen »

Young businessman with head in the cloudsTravailler pollue ! Entre les photocopies et les trajets domicile-travail, chaque salarié rejette annuellement l’équivalent de 3 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un impact carbone non-négligeable qui pourrait être réduit en multipliant les bonnes pratiques. François Delatouche, président de l’Association des professionnels de l’environnement de travail (Arseg) dresse la liste des comportements éco-citoyens à adopter de la part des salariés comme des entreprises.

Selon votre dernière étude, un salarié rejette trois tonnes de CO2 par an, quels sont les principaux facteurs de pollution au travail ?

Le premier facteur d’émission est l’environnement de travail, soit le bâti et son coût d’exploitation. Il représente à lui seul 1,8 tonne de rejet de CO2. Arrivent ensuite, le poste énergie, qui compte pour 1,1 tonne de CO2, et enfin l’eau et le papier représentant tous deux environ 100 kilos de rejet de CO2. En tout, un salarié rejette ainsi l’équivalent de 3 tonnes de CO2 chaque année. Et aujourd’hui, un salarié possède en moyenne 1,2 ordinateur, imprime 45 feuilles de papiers par jour, utilise 40 litres d’eau par jour et il réalise 14 kilomètres quotidiennement pour se rendre sur son lieu de travail… Autant de facteurs sur lesquels il est possible de peser afin de réduire notre impact environnemental.

Précisément, comment peut-on agir sur ces différents points ?

Des gestes simples peuvent être réalisés par les salariés qui sont globalement les mêmes que ceux à effectuer chez soi : fermer les robinets, éteindre les lumières et ne pas surchauffer les locaux. Mais on se soucie souvent moins du bien collectif que du bien individuel… Les entreprises peuvent également agir pour inciter les salariés à mieux respecter les ressources énergétiques. Par exemple, les sociétés qui ont mis en place des systèmes d’imprimantes en réseau, réduisant de fait le nombre de photocopieurs, ont fait chuter le nombre d’impression de 35%. Au niveau des trajets, il est aussi possible d’agir sur nos émissions. Il est notamment possible de limiter les déplacements professionnels en ayant plus recours à des systèmes de visioconférence. Quant au télétravail, on a tous à y gagner ! Rien qu’en travaillant un jour par semaine à domicile, on réduit considérablement l’impact environnemental : environ 5% des rejets de CO2 liés au transport. Les entreprises doivent aussi favoriser les transports doux en subventionnant les cartes de transport en commun, en mettant à disposition des vélos ou encore en encourageant l’auto-partage.

Les entreprises de plus de 500 salariés vont devoir très prochainement publier leur bilan carbone, en quoi cela peut-il jouer sur les émissions de CO2 ?

Au départ, cette obligation était limitée aux entreprises cotées, en l’étendant aux entreprises de plus de 500 salariés, cela permet de marquer un peu plus les esprits. Les sociétés vont ainsi prendre conscience de leur consommation d’énergie.

Une incitation fiscale ou une taxe sur les rejets de CO2 ne seraient-elles pas plus efficaces ?

Il semble aujourd’hui difficile de taxer encore plus les entreprises qu’elles ne le sont déjà… Surtout, en France, le problème de fond tient à ce que l’énergie est encore très peu chère. Un rapport du Sénat montrait ainsi que nos concitoyens consomment en moyenne 2 fois plus d’énergie par habitant que les autres membres de l’Union européenne. Un autre effet pervers est que la mise en oeuvre d’économie d’énergie représente un investissement long, en moyenne sur 20 ans. Ça ne correspond malheureusement pas à l’échelle de la rentabilité souhaitée par les entreprises.

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Commentaires
  1. Manon
    23 octobre 2012 - 14h58

    ce billet m’a entièrement convaincu, il ne faut pas être un mordu de l’écologie pour agir pour la planète, il faut juste être conscient que les actions qu’on fait ont un effet sur elle et agir en conséquences, l’éco-responsabilité n’est pas une vertu innée, elle s’acquiert
    Manon

  2. mike
    24 octobre 2012 - 16h44

    Bien sûr, les gestes simples doivent être faits. Mais l’écologie reste un sujet de « riches » et surtout de « bobos parisiens ».. Devenir écolo, c’est tout de même régresser, nier la nécéssité du progrès et tout faire pour le nivellement social et fiscal par le bas.. Il est vrai que les écolos peuvent donner des leçons, avec des élus pris la main dans le sac en matière de fraude fiscale et de blanchiment de l’argent de la drogue.. Cessons l’hypocrisie des intégristes verts, on s’en portera bien mieux !

  3. FmR
    24 octobre 2012 - 17h05

    @Mike : autant de clichés dans un seul commentaire, ça mérite bien une récompense : http://i.imgur.com/Cg14C.gif

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