Fermer
menu

Le syndrome indien, mythe ou réalité ?

Vous avez peut-être entendu vaguement parler du syndrome du voyageur ou syndrome indien… Ce mal mystérieux frappe sans prévenir certains touristes ou expatriés occidentaux qui s’aventurent en Inde. Frappés par l’angoisse et de fortes hallucinations, ils perdent alors totalement leurs repères. Mais d’où viennent ces symptômes et surtout comment les éviter ?

Le syndrome indien, mythe ou réalité ?

L’histoire de Claire Kaczynski n’est pas banale. Partie en Inde, à Jaipur, en 2007-2008, elle s’est rapidement installée dans une famille rajasthanaise mais tout ne s’est pas passé comme prévu. « Le bruit, la chaleur, la nourriture, le manque total d’intimité, l’hygiène, la pauvreté et la promiscuité ont fini par avoir raison de moi. Je me suis mise à faire des crises d’angoisses, à ne plus aller aux toilettes, mon corps était envahi de boutons et de plaques rouges, j’avais des démangeaisons. J’ai dû quitter la famille, pour essayer de me soigner en allant me réfugier dans les hôtels de Jaipur, jusqu’à ce je commence à avoir des hallucinations. » (extrait de son interview sur Aujourd’hui Le Monde)
Grâce à l’hospitalité d’une famille franco-indienne, Claire a finalement retrouvé ses repères et vit aujourd’hui en France.

Chaque année des centaines de touristes sont victimes de ce choc culturel. La pauvreté, le bruit, la foule, les couleurs… Les différences avec leur pays d’origine sont telles qu’ils finissent par perdre tous leurs repères. Loin de l’océan de sagesse attendu, l’Inde les bouscule, les oppresse.Les hypothèses à ce mal étrange

Peu de temps après leur arrivée, certains expatriés ou touristes manifestent des angoisses, une profonde tristesse ou pire, de véritables délires psychotiques et des hallucinations. Certains ne s’en remettent jamais et errent dans le pays sans plus savoir qui ils sont vraiment…
Régis Airault, qui a préfacé le livre de Claire Kaczynski, est lui-même l’auteur de l’ouvrage « Les Fous de l’Inde » paru il y a dix ans. Cet ancien médecin psychiatre du consulat de France à Bombay s’était interrogé sur l’étrange fascination des Occidentaux pour l’Inde, qui les mène parfois à la folie. Pourquoi diable l’Inde fragilise-t-elle autant les Occidentaux ?
« Pour la plupart des gens, l’Inde est surtout lié à la spiritualité, au mysticisme » analyse Claire Kaczynski. Effectivement, on associe souvent l’Inde au mouvement hippie car nombreux d’entre eux s’y installèrent dans les années 60. Y partir en voyage devient un parcours initiatique, une recherche du « moi »… Mais la spiritualité est une longue quête, et les voyageurs ne trouvent pas forcément ce qu’ils attendaient.
Ces symptômes se manifestent dans d’autres pays, c’est pourquoi on parle aussi de « syndrome du voyageur » : le syndrome de Stendhal à Florence (en référence à l’expérience artistique forte vécue par l’écrivain Stendhal lors de son voyage en Italie), le syndrome de Paris ressenti par les Japonais ou celui de Jérusalem ressenti par les pèlerins.
Les solutions pour éviter le piège
Claire a trouvé son salut en intégrant une famille franco-indienne, ou en écoutant de la musique occidentale… Renouer avec un symbole fort de leur culture (médecin français, ambassade…) aident les expatriés à s’en sortir. Il y a quelques années et c’est encore le cas pour certaines assurances, ce burn-out ne constituait pas un motif de rapatriement. Aujourd’hui, face au phénomène, l’Inde est le seul pays où le consulat de France s’est doté d’un service psychiatrique pour faire face aux troubles manifestés par les ressortissants français.

Pour prévenir le syndrome, il est nécessaire de bien préparer son départ. Documentez-vous sur le pays et ses coutumes dans un premier temps. Une fois là-bas, commencez par visiter la province (région du Kerala par exemple), avant d’aller à New Delhi ou Bombay. Ne négligez pas la qualité de l’hôtel, il sera votre refuge en cas de problème. Renseignez-vous également sur les structures médicales à proximité de votre lieu de vie ou de voyage, l’endroit où se trouvent l’ambassade de France ou l’Alliance Française par exemple. Mais qu’on se rassure, tous les touristes ne sont pas victimes du syndrome indien ! Beaucoup d’expatriés y apprécient la vie quotidienne et y restent (voir leurs témoignages).> A lire : « L’Inde ou le choc culturel » sur slate.fr (Article tirée de la série « Folies de Voyage »).

(Crédit photo : flickr.com)

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.