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Comment mettre le sport au service de la santé des salariés ?

SportentrepriseQuel rôle peut jouer l’entreprise dans l’essor de l’activité physique et sportive ? Pour répondre à cette question, le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) a formulé quelques propositions destinées à mettre le sport au service de la santé des salariés. Un enjeu d’autant plus important dans un contexte d’allongement de la carrière professionnelle.

Les effets positifs du sport ne se limitent pas à la seule question de la santé au travail. Selon le CAS, une pratique régulière permettrait « une diminution de l’absentéisme, une augmentation de la capacité de travail, et du bien-être ». Sport et performance professionnelle sont donc étroitement liés. Mais compte-tenu de l’emploi du temps de beaucoup de salariés, pourquoi ne pas exercer cette pratique sportive dans le cadre professionnel ?

Encore trop de freins à la pratique sportive

Le faible développement des pratiques sportives en entreprise a de multiples explications. A commencer par la persistance de « représentations négatives » qui jouent parfois un rôle dissuasif explique le Centre d’Analyse Stratégique : « le sport est encore souvent perçu comme relevant de la vie privée des salariés et ne concernant donc pas l’employeur, ou comme un loisir, donnant l’impression que ceux qui en pratiquent un, par exemple à l’heure du déjeuner, sont moins impliqués dans leur travail ». Même chose du côté des syndicats qui considèrent avoir bien d’autres chats à fouetter.

Les réticences peuvent aussi provenir des salariés eux-mêmes. « La perspective de se présenter face à ses collègues dans une situation de « relâchement » (tenue spécifique ou « décontractée », déshabillage, effort physique), notamment en présence de leurs supérieurs, crée parfois un sentiment de gêne. La mixité (des vestiaires ou des douches) a également un effet dissuasif, notamment sur les femmes » ajoute le CAS. Et puis la perception du sport a encore un aspect clivant entre les cadres qui sont plus nombreux à le pratiquer régulièrement et les ouvriers et les employés qui ont déjà un travail assez physique.

Mais le principal frein reste sans doute le manque d’équipements sportifs sur le lieu de travail. Seules quelques grandes entreprises urbaines mettent à disposition des salles ou des infrastructures (pas forcément adaptées) pour leurs salariés. L’offre sportive (notamment via les Comités d’entreprises) reste encore à construire.

Des valeurs communes

Pourtant, les valeurs sportives et celles des entreprises ont souvent l’occasion de se rencontrer. Les employeurs investissent, par le sponsoring ou la communication, sur l’image des sportifs. Dans certaines entreprises le sport est déjà présent au quotidien, notamment chez celles dont c’est vraiment le métier (comme Décathlon qui associe logiquement le défi sportif à sa politique de recrutement) ou d’autres qui participent ponctuellement à des évènements liant le monde professionnel aux activités physiques (notamment lors du Challenge du Monde des Grandes Ecoles et des Universités ou d’autres compétitions inter-entreprises). Et dans beaucoup de SSII ou des entreprises où les effectifs sont assez jeunes, les associations sportives sont encouragées voire subventionnées. Pour une question de cohésion avant tout.

Exemples de bonnes pratiques qui marchent

Le CAS détaille aussi quelques dispositifs qui fonctionnent déjà dans des entreprises. Par exemple chez Toyota à Onnaing avec un programme de « sport à la carte » adaptés aux différents postes de travail. Par exemple, les ouvriers à la chaîne se voient proposer des exercices pour soulager leur dos. En outre, à son arrivée, chaque nouveau salarié a droit à 15 jours de remise en forme. Il existe également une salle de sports ouverte toute la journée et des négociations sont possibles avec la DHR et la médecine du travail pour s’y rendre pendant le temps de travail  » Des activités encadrées par un kiné, un médecin et un ergonome.

Pour les TPE, la solution peut passer par la mutualisation. Ainsi, les pépinières d’entreprises de Caen la mer, dans le Calvados, se partagent un service de coaching sportif financé en partie par l’agglomération. La mutualisation garantie alors un nombre important de participants. Dans des grandes entreprises comme Pepsi-Co France, les choses sont plus simples : une salle de sport ainsi qu’un gymnase de la mairie de Colombes sont à disposition des salariés. La société américaine participe aussi au programme Be Wizz, le 1er programme de prévention sport et santé en entreprise.

Et 1 et 2 et 3… propositions

Pour développer encore plus ces activités et généraliser les bonnes pratiques dans une optique de santé et de performance au travail, le CAS a donc identifié quelques pistes. Voici ses 3 propositions :

  • 1. Créer une charte « sport pour tous » pour que les entreprises et administrations s’engagent à faire un diagnostic des besoins et des aspirations des salariés ; diversifier les activités sportives (avec les associations et les acteurs du monde sportif) pour qu’elles soient adaptées à tous ; nouer des partenariats avec les collectivités pour l’utilisation des équipements ; aménager les horaires de travail.
  • 2. Intégrer aux formations en Ressources Humaines des modules sur l’amélioration de la santé et du bien-être des salariés par l’activité physique.
  • 3. Dans le cadre du dialogue social sur l’emploi des seniors, inciter les salariés les plus âgés (sans les forcer !) à pratiquer des activités sportives adaptées. Sur ce point le CAS propose qu’un accompagnement financier soit proposé aux PME et TPE.

Le CAS dans sa conclusion propose enfin que les seniors soient une « cible privilégiée » et que la pratique sportive en entreprise se banalise. Pour y parvenir, il faudra sensibiliser les dirigeants d’entreprises en associant le monde sportif dans son ensemble. Ce n’est pas hors de portée, mais comme on dit, « il va y avoir du sport » !

 

  • A lire sur le site du CAS : Comment mettre le sport au service de la santé des salariés ?
  • Crédit Photo : olly – Fotolia.com

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