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La Corée du Sud : « Le pays où l’on travaille le plus au monde »

Jean-Charles occupe un poste de chercheur en informatique en Corée du Sud. Un pays qui fait partie de ceux qui lui offrent les meilleures opportunités dans son domaine. Mais en Corée du Sud, l’organisation du travail est très particulière et il faut être prêt à s’investir pleinement professionnellement.

Le pays où l'on travaille le plus au monde

Quel poste occupez-vous en Corée du Sud et en quoi consiste votre travail ?
Je suis en train de terminer mon doctorat de vision par ordinateur à l’institut coréen des sciences et technologies (le KAIST – Korea Advanced Institute of Science and Technology), en Corée du Sud, où j’habite depuis six ans. J’ai commencé un poste de chercheur post-doctoral en septembre dernier pour un projet coréano-japonais concernant la robotique et la vision par ordinateur. Pour ce projet, je partage mon temps entre l’université de Tokyo, au Japon, et le KAIST, en Corée (deux semaines au Japon, puis deux semaines en Corée par mois).
Mon travail actuel a pour but de préserver, de manière numérique, des monuments du patrimoine mondial de l’humanité (Unesco). Ceci s’appelle l’e-héritage, c’est à dire l’héritage numérique. Je travaille en particulier sur le temple d’Angkor, au Cambodge, et le village traditionnel d’Hahoe, en Corée du Sud. Pour cela, nous combinons différents capteurs (caméras, laser, GPS, centrale inertielle, etc..) et devons mettre au point de nouvelles techniques de reconstruction 3D, de photométrie et d’optimisation numérique.

Quel est votre parcours avant cela ?
J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en informatique à l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) en 2006. Durant les deux dernières années de la formation d’ingénieur, j’ai effectué un semestre en tant qu’étudiant d’échange et deux stages de six mois en Corée du Sud. J’ai ensuite commencé mon doctorat au KAIST, que je termine cette année.

Pourquoi avoir choisi la Corée du Sud ?

Ma première venue en Corée a tenu au hasard. Je comptais partir à l’étranger, avec une préférence pour les Etats-Unis ou l’Australie, mais les partenariats d’échange en informatique n’existaient pas. J’ai alors entendu parler de la Corée et du KAIST. Après plusieurs recherches et quelques hésitations, j’ai décidé de partir pour la Corée du Sud.
Mes deux années estudiantines en Corée m’ont permis de mesurer les importants moyens financiers et techniques dont dispose la recherche sud-coréenne. J’ai alors choisi d’y effectuer entièrement mon doctorat.

Dans la vie quotidienne, qu’est-ce qui vous plaît le moins, le plus ?

La vie quotidienne (hors travail) est très agréable : un bon réseau de transport, le coût de la vie est relativement faible, les Coréens sont très accueillants avec les étrangers, quatre saisons bien distinctes, une criminalité quasi nulle, une culture très intéressante et vivante, un pays en constante évolution, etc.
Parmi les quelques points négatifs, on pourrait citer le système très spécifique de la location. Le système occidental où l’on paye un loyer chaque mois est assez peu répandu, bien que cela tende à se développer. Le système courant est un faible loyer mais avec une grosse caution. Cela peut aller de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce montant dépend essentiellement de la valeur du logement. Il est même possible de payer une caution très importante sans aucun loyer mensuel. A titre d’exemple, mon loyer est de 200 euros par mois, avec une caution de 15000 euros.

Les habitudes professionnelles sont très différentes de la France ?
L’organisation du travail est très différente de la France. Tout d’abord, les coréens sont des acharnés du travail : il n’est pas rare de terminer à plus de 22 heures et de travailler le weekend. Il arrive régulièrement de faire des nuits blanches afin de finir un projet à temps, aussi bien dans les universités que dans les entreprises privées.
La hiérarchie est très présente : les ordres doivent être suivis et les niveaux hiérarchiques doivent être respectés. L’exception est lors des repas d’affaires (« waeshiks ») qui permettent de ré-oxygéner les relations professionnelles et où l’alcool est très présent.
Un autre aspect est le fait de devoir rester à son poste tant que le supérieur n’est pas rentré chez lui, même si le travail à l’ordre du jour a été fini. Cela n’est pas spécifique qu’à la Corée du Sud, mais existe généralement dans le nord-est de l’Asie.

Pour conclure, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut travailler en Corée ?
Il faut avant tout être très travailleur. En effet, la Corée du Sud est le pays où l’on travaille le plus dans le monde : environ 2400 heures par an (statistiques de 2004). En comptant les 52 semaines par an, cela donne une moyenne nationale de 46 heures par semaine! Une loi a été votée pour essayer de diminuer la durée du travail, mais cela prendra du temps avant d’être intégré dans la culture et les entreprises. Les vacances existent mais il est mal vu de les prendre. Il n’est pas rare non plus de travailler le week-end. En conclusion, il faut être prêt à s’investir pleinement dans sa vie professionnelle.

 

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