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Les programmes de bien-être au travail n’amélioreraient pas la productivité des salariés

La notion de santé au travail ne date pas d’hier. Le débat a commencé avec la loi du 9 avril 1898 relative aux accidents du travail et de leur indemnisation par les entreprises. Près de 100 ans plus tard, cela s’est poursuivi avec la création, en 1973, de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT). Mais il faudra attendre une vingtaine d’années pour que l’on glisse de la notion de santé au travail vers celle de la qualité de vie au travail et ce dans un contexte où l’industrie a fortement reculé au profit de postes de bureaux.

La qualité de vie intègre de nombreux paramètres autres que l’ergonomie, comme l’équilibre vie pro – vie perso ou les risques psychosociaux. Ainsi en 2010 Muriel Pénicaud, qui n’était pas encore ministre de la Santé, rend avec trois autres contributeurs le rapport suivant au Premier ministre : Bien être et efficacité au travail. Ils y dressent 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail. Cette dernière reposerait en partie sur l’implication de la direction et des managers. Les auteurs déclarent également qu’il faut donner aux salariés les moyens de se réaliser, former les managers à leur mission d’encadrant, ne pas réduire le collectif à une addition d’individus ou encore anticiper l’impact humain des changements à l’œuvre dans les entreprises.

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Bien-être et productivité : un mythe ?

Plus que les propositions, c’est le titre du rapport qui est intéressant. En effet, il fait directement le lien entre le bien-être et la productivité des salariés. Les entreprises – et la société dans son ensemble – ont d’ailleurs très bien imprimé le message. Alors que les assurances santé coûtent très cher et qu’elles sont souvent payées par les entreprises, ces dernières font en sorte d’améliorer la santé de leurs collaborateurs. Leur but est simple : rendre les employés plus « healthy ». Les entreprises organisent ainsi des concours pour arrêter de fumer, elles font participer les employés à des challenges sportifs et vont jusqu’à leur fournir des recettes pour apprendre à manger plus sainement. Un mouvement global, au sein des entreprises donc, mais aussi en dehors. Il suffit de se rendre sur Instagram pour constater à quel point chacun a incorporé les messages sanitaires et se fait une fierté d’exhiber son hygiène de vie irréprochable. Autres temps, autres mœurs, le fumeur est devenu ringard et le ballon de rouge du midi a été remplacé par de l’eau.

Une récente étude américaine affirme que ces tentatives des entreprises ne sont pas nécessairement efficaces. Le quotidien Le Figaro, qui l’a repérée, explique que les « wellness program », ou « programmes de bien-être » mis en place aux États-Unis n’ont aucun effet sur la productivité des salariés. Cette étude a été réalisée sur un panel de 12 459 employés de l’université de l’Illinois. « Très en vogue dans le paysage professionnel américain, ces programmes visent à améliorer l’implication des salariés par le bien-être et à terme limiter le coût exorbitant des arrêts maladies, de 225 milliards de dollars dans le pays de l’Oncle Sam, selon les chiffres de la CDC Fundation », explique le quotidien. Pour leur étude, les chercheurs ont placé des employés au hasard dans un groupe témoin qui n’a pas bénéficié d’un programme de santé et d’un autre ayant participé à des cours de perte de poids et d’abandon du tabac mais aussi d’un dépistage biométrique de santé et d’incitations financières à des examens médicaux. « Un « wellness program » digne de ce nom, censé augmenter leur implication professionnelle en dopant leur bien-être et leur énergie« , poursuit le quotidien. Pour autant, « nous n’avons trouvé aucune différence dans les résultats en matière de santé ou de comportements« , explique David Molitor, l’un des 2 chercheurs. Les salariés ne sont ni plus fidèles, ni plus productifs. « C’est de la poudre de perlimpinpin, c’est juste un plus, précise pour sa part Marjorie Dumont-Crisolago, consultante en bien-être auprès des entreprises, interrogée par Les Échos StartLe bien-être ne doit pas se limiter aux massages et aux salles de sport ». Selon elle, c’est le management, l’adaptation des postes aux compétences ou encore le fait d’avoir des enjeux ergonomiques qui comptent. Bref, le fond et pas uniquement la forme…

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