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La prépa n’est plus la seule voie d’accès aux grandes écoles

Fotolia 28661459 xsSi pour beaucoup grande école rime avec prépa, cela ne reflète pas forcément la réalité aujourd’hui. Seulement 38,5 % de leurs étudiants sont issus des classes préparatoires d’après l’enquête de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE). Depuis quelques années, les profils des étudiants se diversifient tout comme leur origine scolaire. L’ouverture sociale semble bel et bien en marche dans les grandes écoles.

Ces dernières années, l’offre de formation en cinq années post-bac s’est considérablement développée avec les Insa (Institut national des sciences appliquées), universités de technologies (UT) et ENI (écoles nationales d’ingénieurs) qui proposent quelques 8000 places. Dans les écoles de commerce et de management, c’est surtout au niveau des admissions à Bac +2 et Bac +3 via les IUT et BTS que l’offre s’est élargie.

Une diversité des voies d’accès

La prépa aux concours n’est donc plus le seul moyen d’accéder aux écoles prestigieuses. L’accès à ces écoles s’est même profondément modifié ces dernières années. Au final, 45,44% des étudiants sont entrés dans les écoles de la CGE par des voies parallèles, des « passerelles » sur concours. Parmi eux, près de 30% sont entrés avec des niveaux de L1 à L3, c’est-à-dire DUT, BTS, Licences, et autres formations Bac+2 et Bac+3… 2,42% y ont accédé avec un Master 1 ou Master 2. On trouve également beaucoup d’étudiants titulaires d’un Bachelor étranger (5% en 2010) ou d’origine étrangère (8,3%).

D’autres formations « préparent »

Toutes grandes écoles confondues, les élèves issus de l’université représentent 10,7% des effectifs (cumul de différents niveaux), ceux de BTS, 5,56%, et les DUT représentent 10,59% de la totalité des effectifs. « Le DUT est devenu une prépa », conclut le délégué général de la CGE Pierre Aliphat au journal le Figaro. Effectivement, les formations en deux ans post-bac, destinées à favoriser une entrée directe dans la vie active, remplissent également un rôle de prépa aux concours des grandes écoles. De plus, elles permettent au jeune d’obtenir un diplôme intermédiaire contrairement aux prépas, qui peut s’avérer utile en cas d’échec au concours.

L’avis des étudiants…

Si ces formations font parfois office de prépas, les étudiants qui en sortent sont-ils bien considérés par leurs camarades issus de classes préparatoires une fois à l’école ? Ont-ils les mêmes chances au final et sont-ils bien préparés à ce qui les attend ? Elèves et ancien élèves, passés par une prépa ou non, témoignent. Ils ne sont pas tous d’accords…

  • Lucie, 38 ans : « à l’époque c’était vraiment la voie royale »

Lucie a fait une prépa HEC à Montpellier pour intégrer l’Institut Supérieur du Commerce (ISC) Paris en 1992. Elle se souvient : « à l’époque c’était vraiment la voie royale et de mémoire les écoles n’étaient remplies qu’à 10 ou 15% d’admissions parallèles. » Elle n’a pas ressenti réellement de différence entre ceux issus de prépa et les autres élèves dans son école. Elle était même envieuse d’un copain de sa promo qui venait d’une licence AES : « je ne suis jamais allée en fac et j’aurais aimé connaître l’ambiance particulière qui y règne. J’ai l’impression qu’il était aussi capable que nous de suivre les cours ». Elle est malgré tout plutôt positive sur la prépa : « je ne suis pas sûre que le bachotage à l’extrême de la prépa nous ait beaucoup servi à part pour intégrer l’école à proprement parler. Ce qui est sûr c’est qu’on avait acquis une méthode et une capacité de travail qui nous ont servi… toute notre vie ! »

  • Antoine, 24 ans : « la différence de niveaux s’est fait rapidement ressentir »

Antoine a intégré une école d’ingénieur en informatique après avoir fait une prépa. « Dans un premier temps » explique-t-il, « j’ai trouvé cette mixité plutôt enrichissante puisque cela « confrontait » des profils scientifiques à des profils techniques ». Mais la différence de niveaux s’est fait rapidement ressentir selon lui. « Certains cours reprenaient les bases qui étaient acquises et digérées pour nous depuis longtemps. » Pour lui, la prépa reste la meilleure formation aux grandes écoles. « Ce ne sont pas les connaissances  » précise-t-il,  » mais les méthodes de travail : ça m’a appris à apprendre vite, plus longtemps et mieux. »

  • Laure, 20 ans : « faire un DUT est un énorme atout »

Laure a quant à elle intégré une grande école après un DUT, et est actuellement en 3ème année. Pour elle, « faire un DUT est un énorme atout pour intégrer une grande école pour plusieurs raisons. Contrairement à deux ans de prépa, après deux ans d’études en DUT je possédais déjà un diplôme. Pendant deux ans de prépa, les étudiants font beaucoup de théorique. En DUT, j’ai déjà fait un stage de deux mois en entreprise. » Cependant, elle reconnaît se sentir parfois lésée pour les travaux individuels. « Je remarque que je n’ai pas les mêmes compétences » explique-t-elle.

  • Justine, 29 ans : « Les élèves issus de la fac avaient un bon niveau »

Justine a fait une prépa commerciale voie scientifique en 2000/2002 pour intégrer l’école de commerce Audencia à Nantes, dont elle est sortie diplômée en 2006. Pour elle, il n’y avait pas de différence entre les étudiants : « Les élèves issus de la fac avaient un bon niveau, ils étaient souvent plus âgés que nous, ils avaient du recul sur la formation initiale ». Ces étudiants admis à Bac+3 minimum « s’estimaient avoir fait un choix plutôt malin en ne faisant pas de prépa » explique-t-elle. « Ils avaient d’une part évité la grande charge de travail et le stress de la prépa et d’autre part, considéraient leur concours comme plus facile que le nôtre. »

  • Régis, 34 ans : « je n’ai vu aucune différence »

Titulaire d’un Deug LEA, Régis a réussi le concours d’entrée à Sciences Po Grenoble après avoir arrêté ses études pendant plusieurs années. Entré directement en 2ème année, « sans aucune préparation », il n’a vu aucune différence entre ceux qui avaient suivi une prépa et les autres. « Concernant un décalage, de fait j’en avais un : j’étais plus âgé que mes camarades de classe » explique-t-il. « Mais ce n’était pas gênant » ajoute-t-il.

D’une grande école à l’autre, les différences entre élèves issus de prépa et les autres ne sont finalement pas si flagrantes, même entre les étudiants. Si les élèves de prépa acquièrent une méthode de travail utile et efficace, ceux issus de l’université ou d’un DUT cumulent une certaine expérience de l’âge ou des stages en entreprise. Les Grandes écoles, notamment les écoles de management et de commerce, ont élargi leurs voies d’accès aux admissions parallèles. Une bonne chose pour la diversité, qui enrichit le travail en groupe des élèves. Et une nécessité pour remplir des promos vides. Chaque année, 4000 places restent vacantes dans les écoles d’ingénieurs selon le délégué général de la CGE Pierre Aliphat.

Etude « Les voies d’accès aux grandes écoles de la CGE – Diversité des origines et des profils »

(© lightpoet – Fotolia.com)

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