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L’emploi par-delà la crise

Emploi par delà la criseLe 22 juin dernier, Le Conseil d’Orientation pour l’Emploi a organisé un colloque intitulé l’Emploi par delà la crise. L’occasion de faire un état des lieux du marché du travail en interrogeant chômeurs et salariés à la fois au niveau de l’effet de la crise sur leur emploi, de la vision de leur carrière dans les 5 ans à venir et de leur avis sur les politiques de l’emploi.

Dégradations des conditions de travail
La première constatation à la lecture de ce sondage c’est qu’une majorité des salariés interrogés (65%) ont constaté une dégradation de leurs conditions de travail : mauvaise ambiance, démotivation, pression accrue des managers et un rythme de travail plus intense. Deuxième effet direct : une perte de rémunération pour 59% des salariés et ce sous différentes formes : diminution des primes ou du variable, gel des salaires, chômage partiel…
Dernier effet et non des moindres la crise s’est traduite pour 35% des salariés par une perte d’opportunité (moins de possibilités d’évolution de promotion en interne, plus de difficultés à changer d’employeurs) et souvent par une perte d’emploi pure et simple (11% des personnes interrogées).

Les plus fragiles encore plus touchés
Et les plus touchés par les effets de la crise sont ceux qui étaient déjà fragilisés : les seniors, les familles monoparentales et les salariés d’entreprises de 100 à 500 salariés semblent plus exposés aux dégradations des conditions de travail. Même chose pour les salariés du BTP et de l’industrie. Quant aux ouvriers ils disent avoir plus subi des pertes de rémunération.
D’une manière générale c’est le secteur privé qui a sensiblement subi plus durement les effets de la crise alors que les salariés du secteur public ont été moins impactés.
Parmi les personnes qui ont été au chômage pendant une partie de l’année 2009, la cause de leur perte d’emploi est pour 57% d’entre eux due à la crise. C’est plus flagrant chez les trentenaires qui ont perdu leur emploi et encore plus chez les hommes en général qui sont 71% à penser que leur situation de chômage est due en partie à la crise.
Et comme pour les salariés l’âge ne fait rien à l’affaire. Selon l’enquête menée par TNS-Sofres pour le COE, « les seniors sont beaucoup plus touchés par les différentes formes de licenciements ».

La reconversion comme seule issue ?
Pour sortir de cette situation de chômage, près de 70% des personnes interrogées sont persuadées qu’ils vont devoir changer de métier pour trouver un emploi. Et un tiers de ces personnes pensent également qu’elles vont devoir déménager pour retrouver un job. Se reconvertir et se former pour accéder de nouveau au marché du travail est donc un projet partagé par de nombreux chômeurs. Avec là encore une accentuation des inégalités : ceux qui veulent se former (62%) sont surtout des cadres et des personnes diplômés de l’enseignement supérieur. Ceux qui n’envisagent pas de le faire sont peu diplômés. En résumé les plus formés veulent se former, les moins formés qui en auraient peut-être plus besoin ne l’imaginent pas.
Les salariés aussi expriment un fort desir d’évolution : 54% envisagent de changer d’emploi de poste ou de fonction dans les 5 prochaines années et 28% souhaitent plutôt changer d’employeur ou créer leur entreprise.

1 salarié sur 9 prêt à s’expatrier
La mobilité géographique est également fréquemment évoquée. L’envie de bouger est d’ailleurs plus fréquente chez les cadres et les diplômés du supérieur. Un salarié sur 9 déclare même envisageable de quitter le pays pour raisons professionnelles.
Pour ce qui est de la mobilité en France le sondage note « le désamour des salariés de la région parisienne pour leur région ». 75% veulent en effet vivre et travailler dans une autre région (contre 57% des salariés de province). Vont-ils pour autant franchir le pas ?
L’avenir parlons-en justement, c’est le dernier volet de l’enquête. 41% des chômeurs et salariés pensent que la France n’atteindra jamais la situation de plein emploi (moins de 5% de chômage). Et pour les sondés les meilleures réponses au chômage seraient :

  • Proposer plus de possibilités de formations continues et de reconversion
  • Faciliter la création d’entreprise
  • Soutenir la recherche et l’innovation.
  • Améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

 

Un vrai programme qu’il ne reste plus qu’à mettre en place. Au final, par-delà les politiques en faveur de l’emploi mises en place au niveau national, chômeurs et salariés comptent beaucoup plus sur une amélioration de la conjoncture économique… A la lecture de cette enquête le divorce avec le service public de l’emploi semble aussi définitivement consommé. Et enfin, parmi les mesures économiques les plus fréquemment évoquées pour réduire le chômage, les salariés et les chômeurs citent d’abord la baisse des dépenses de l’Etat. Est-ce vraiment compatible avec une véritable politique de l’emploi ? Le débat est ouvert.

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Commentaires
  1. Michel Abhervé
    24 juillet 2010 - 20h53

    Au delà de son contenu, ce colloque avait aussi un but que son titre met en évidence, faire croire que la crise est passée, alors que tous les chiffres nous montrent que ce n’est pas (encore ?) le cas
    A ce propos, voir « La crise de l’emploi est terminée, un colloque va l’affirmer »

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