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Aujourd’hui, « il est temps de procrastiner ! »

JourneeprocrastinationQui n’a jamais cédé à la tentation de repousser au lendemain ce qu’il pouvait faire aujourd’hui ? De l’étudiant pris d’une subite envie de nettoyer son appartement plutôt que de bosser ses partiels au salarié délaissant un dossier urgent pour surfer sur les forums de voyage, la procrastination toucherait 20 à 30% des actifs selon les pays. Si vous êtes atteint par ce mal somme toute assez commun, ce lundi 25 mars est votre journée. A l’initiative de David d’Equainville (Manifeste pour une journée reconductible, Introduction à la procrastination), cette date est en effet consacrée « journée mondiale de la procrastination ».

Certes, cet événement n’est pas encore vraiment un succès mais aux collègues qui vous demanderaient de traiter un service en urgence, vous pourrez toujours leur répondre « oui, oui, demain… ». Le point avec l’organisateur de cette journée où il est permis de tout reporter.

Pourquoi avoir créé une journée de la procrastination ?

L’idée de consacrer une journée à la procrastination est née du constat que cette activité, trop souvent stigmatisée, méritait que l’on s’y attarde sous un angle positif, que l’on remette au lendemain nos préoccupations du jour pour s’interroger sur l’intérêt et la pertinence d’une telle pratique.

Est-ce, selon vous, un phénomène lié à la paresse, une mauvaise organisation ou encore un état d’esprit de « tire-au-flanc » ?

La procrastination est un signal d’alerte, une information vitale à prendre en compte, au même titre que la réaction de notre système immunitaire face à une agression bactérienne ou virale. Ce n’est pas une défaillance, bien au contraire. La procrastination est une capacité à résister aux contraintes d’un vécu sans couleur. Quand une activité a perdu de sa substance, la remettre au lendemain s’impose naturellement. Au fond, la clé des champs reste le bon usage de son temps.

Ce n’est donc pas un mal…

Lorsque nos emplois du temps, formatés par les valeurs en place, une arithmétique de la rentabilité, de l’efficacité, favorisent l’asservissement des individus, il est plus que temps de procrastiner, ne serait-ce qu’à titre préventif. Cela redynamise les envies, la spontanéité.

Pourquoi repousse-t-on les choses au lendemain ? Ne sommes-nous pas tous des  » procrastinateurs  » potentiels ?

Il y a autant de procrastinations qu’il y a de procrastinateurs. La procrastination est une mine de singularités. Elle intercale dans la vie de chacun un nombre très vivant et infini de possibilités. C’est une réaction à la standardisation de nos modes de vie, tous les temps machiniques aliénant. Ne réduisons pas la performance d’un individu à une performance comptable. On peut presque parler d’un acte de foi, un art fragile de créer des parenthèses où se glissent toujours des surprises, ce qui est plutôt encourageant.

Selon une étude, la procrastination nuit à l’état mental et physique car ceux qui en sont atteints sont très critiques vis-à-vis d’eux-mêmes…

Méfions-nous des études qui ne citent pas leur source ou oublient d’informer de la pauvreté de leur échantillon, un nombre de personnes interrogés équivalent à la population d’un bistrot de quartier. La procrastination est plutôt la conquête d’un temps nouveau, une critique constructive exercée par ceux qui refusent de se faire marcher sur les pieds par les régimes autoritaires.

Vous prônez la « procrastination positive », qu’entendez-vous par là ?

Je m’en suis expliqué dans le Manifeste pour une journée reconductible, Introduction à la procrastination, aux éditions Zebook . La procrastination est le troc d’un lendemain contre un autre, car le procrastinateur ne reste jamais inactif, il diffère une tâche pour s’occuper là où on ne l’attend pas, ce qui peut être bien plus constructif, malgré les apparences. Et parce que je me fais de la procrastination une idée joyeuse, j’ai même rédigé un petit hymne pour découvrir ou redécouvrir cette pratique en musique…

Qu’allez-vous faire, lundi 25 mars, pour la journée de la procrastination ?

Probablement fredonner le refrain de l’hymne en question, « Je ne veux pas être un mouton, que l’on me tonde la raison, plus jamais d’hésitations, plus d’autres décisions, que la procrastination, allez résiste, procrastine… ».

Manifeste pour une journée reconductible, Introduction à la procrastination, Zeebook, à télécharger, 2,99 euros.
Lire aussi : Des solutions contre la procrastination et Bonne résolution : on gère son temps de travail !

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