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« Je suis le dernier dinosaure à utiliser la graphologie »

FrenaultRégulièrement décriée, la graphologie est une exception française qui a encore ses adeptes. Bien que son usage ait fortement reculé dans les tests de recrutement, en raison notamment de l’envoi des lettres de motivation par mail, certains jugent en effet que cette méthode a fait ses preuves. C’est le cas de Frédéric Renault, DRH de Lagardère Services, qui utilise la graphologie afin de confirmer ou infirmer ses jugements suite aux entretiens physiques réalisés avec les candidats.

Que vous apporte la graphologie ?

Cette méthode sert à conforter mes jugements après avoir mené des entretiens de recrutement classique en face à face avec les candidats. Je l’utilise après avoir sélectionné une ou deux personnes correspondant au poste et je « graphologue » derrière. C’est intéressant de constater que certaines personnes masquent bien leur vraie nature en entretien. Ils paraissent créatifs, extravertis au premier abord, mais leur écriture démontre ensuite le contraire. C’est bien simple : je suis allé 4 fois à l’encontre des résultats graphologiques et 4 fois je me suis planté dans mes recrutements. Pour moi, c’est la preuve par l’expérience. Un bémol cependant à cette méthode : elle ne peut pas s’appliquer avec des personnes issues d’autres cultures. Je ne réalise jamais de tests avec des Anglais par exemple car leur port du stylo, l’appui ne sont pas les mêmes qu’en France. Les résultats seraient alors faussés.

Les candidats ne sont-ils pas gênés par ces tests qui rentrent tout de même dans leur intimité ?

Non, je ne réalise jamais de tests graphologiques visant à entrer dans l’intimité des candidats. En général, je leur demande d’écrire un texte devant moi, à la main, qu’ils doivent signer. J’envoie cela avec le profil de la personne : âge, cursus scolaire et descriptif du poste à pourvoir. Le retour que j’en ai, c’est l’adaptabilité d’un candidat à la mission qu’il devra mener. Ce qui en ressort c’est le niveau d’autonomie, la capacité à travailler en groupe ou encore à suivre des directives. Mais je ne m’intéresse absolument pas à des choses personnelles. Je fournis ensuite le test aux candidats, à chaque fois ils me disent : ah oui, c’est moi !

Vos collaborateurs ne sont pas surpris ?

Absolument pas, je n’ai jamais eu de remarques de qui que ce soit. D’ailleurs, la personne qui travaille directement avec moi utilise également la graphologie. A l’inverse, j’ai totalement abandonné les tests psychologiques qui font flores avec, par exemple, 500 questions croisées. Je trouve cela ridicule. Les cabinets de recrutements en sont friands. Cela coûte cher, alors que pour 150 euros vous avez une très bonne analyse graphologique.

Mais la graphologie est d’une certaine façon un test psychologique…

D’une certaine façon oui. C’est peut-être par habitude ou par routine (rires) que je continue à demander des tests graphologiques. Il est vrai que ce savoir-faire se perd également. L’emploi et l’employabilité ont changé de forme, la mode de la graphologie a passé. Je suis probablement un des derniers dinosaures à l’utiliser, mais ses résultats ont été suffisamment probants pour que je continue à y avoir recours.

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