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L’Institut du service civique, une école différente

001hollandeserviceciviqueFaire sa rentrée des classes en plein été sur le plateau de Millevaches en Corrèze, ça n’est pas banal. Encore moins lorsqu’elle se déroule en présence du président de la République, venu inaugurer le projet de Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux Solidarités actives et instigateur de l’Institut du service civique (ISC), émanation directe de l’agence du service civique. Car l’ISC n’est pas une école tout à fait comme les autres. Outre la sélection des candidats sur leur engagement civique plutôt que leur cahier de notes, côté cours, l’enseignement est lui aussi singulier. D’ailleurs, pour assurer les premiers séminaires de l’ISC le 21 juillet dernier, de prestigieux professeurs avaient fait le déplacement. Parmi eux, Pierre Mathiot, directeur de l’Institut d’études politiques de Lille, Henri Lachmann, président de Schneider Electric ou encore Eloïc Peyrache, directeur d’HEC. Si l’ISC est une école différente, elle vise l’excellence.

« Valoriser l’engagement »

Parmi les 150 jeunes sélectionnés, tous ont en commun la réalisation d’un service civique. Un engagement d’une durée de 6 à 12 mois mis au service de la collectivité dans des domaines aussi divers que la culture et les loisirs, l’éducation, la santé, la solidarité… En 2011, quelque 15 000 jeunes avaient ainsi donné de leur temps à des causes multiples. Plus de 300 étaient motivés pour intégrer l’ISC et profiter de ce tremplin à leur carrière. « En France, il n’existe pas de dispositif valorisant une période d’engagement et la sélection scolaire exclut également des personnalités intéressantes. Lors de la sélection des candidats, un jury composé d’acteurs du monde associatif, universitaire ou de l’entreprise s’attardait ainsi essentiellement sur le potentiel des jeunes à s’impliquer dans un projet et à le mener à bien », explique Claire de Mazancourt, responsable de l’ISC et chargée des partenariats.

Un mode de sélection qui a plu aux recrues. « De façon surprenante, les questions posées tournaient le plus souvent vers ma personnalité ou mes aspirations », témoigne Eva. Même son de cloche pour Stanislas. « Il s’agissait d’évaluer la cohérence de mon projet mais aussi de voir ma motivation et ma personnalité. Je leur ai expliqué et j’ai répondu aux questions le plus naturellement possible. Ça semble avoir fonctionné… ». Au final, la promotion est constituée à 35% de jeunes âgés de 22 à 25 ans qui ont un niveau inférieur ou égal au Bac et 65% à Bac +2 et plus. Enfin 70% des membres sont des femmes. « Elles ont été plus nombreuses à candidater », souligne Claire de Mazancourt.

Des projets multiples

Une fois le potentiel des candidats détecté, il faut le « valoriser », poursuit Claire de Mazancourt. Trois filières leur sont ouvertes. Et même s’il n’est pas diplômant, l’ISC doit permettre aux candidats d’atteindre leurs objectifs. Une première filière les aidera ainsi à intégrer de grandes écoles partenaires (Sciences Po, EM Lyon, HEC..), une autre les dirigera du côté de l’entreprise – une quinzaine sont partenaires, la dernière les accompagnera dans le lancement d’une activité : association, entreprise par exemple. « C’est un moyen pour les écoles comme les entreprises de diversifier leur recrutement, ce qu’elles ne parviennent pas toujours à faire », estime Mme de Mazancourt.

Les nouvelles recrues, elles, sont prêtes à se lancer. Eva souhaite « monter une entreprise de communication et/ou une galerie d’art ambulante. C’est une idée qui a germé pendant mon service civique ». Pour réaliser son projet, elle veut poursuivre une formation et continuer ses études. « J’ai demandé une bourse à l’ISC. Mais j’ai déjà pu bénéficier de conseils très précieux sur la création d’entreprise. Pour le reste, il faut encore les réponses des partenaires. En tout cas, il est certain que l’Institut est un sacré coup de pouce ! » Carole, engagée lors de son service civique auprès de l’association Ecologie, Développement Durable et Démocratie, est inscrite dans la filière emploi. « J’espère ainsi bénéficier d’une embauche auprès des entreprises partenaires de l’Institut que ce soit après une période de formation ou d’apprentissage », explique-t-elle. Après des études en droit de l’environnement et un service civique qui l’a amenée à « sensibiliser le Parlement européen aux problématiques que rencontrent les agriculteurs biologiques en France », elle entend aujourd’hui mettre à profit ses connaissances acquises.

Un financement privé

Mais comment financer ses différents projets ? Cette année, l’ISC a besoin d’un million d’euros pour assurer son fonctionnement. De l’argent trouvé directement auprès de quelques particuliers mais surtout grâce à des partenariats tissés auprès de grandes fondations d’entreprise : la Fondation Bettencourt, le fonds Agir pour l’insertion dans l’industrie ou encore la fondation GDF-Suez. Et les partenariats devraient encore se multiplier. Dès l’an prochain, l’institut entend accueillir le double de jeunes. Son objectif est également de continuer à accueillir au minimum 1% de ceux réalisant un service civique. François Hollande a déjà parlé de porter le nombre des candidats au service publique à 100 000. L’ISC pourra-t-il suivre ?

Retrouvez bientôt sur Mode(s) d’emploi le témoignage de 4 jeunes ayant intégré l’Institut du service civique. Ils reviendront sur leur engagement citoyen, la manière dont ils ont été recrutés au sein de l’ISC, leurs attentes et les projets qu’ils souhaitent mener grâce à cette structure.

(Crédit photo : Élysée)

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