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Les inégalités de salaire H/F se réduisent mais restent importantes

Les inégalités H/F tendent à se réduire : les femmes salariées du privé gagnent en moyenne 14 % de moins que les hommes (chiffres 2014) alors qu’elles gagnaient 17 % de moins en 1995 selon l’enquête Insee « Emploi, chômage, revenus du travail » publiée le 4 juillet. De même, le salaire horaire moyen des femmes a augmenté de 28,2 % et celui des hommes de 24,5 % en 22 ans. Mais si les inégalités H/F tendant à se réduire, les femmes restent à ce jour moins bien rémunérées que les hommes malgré la hausse constante de leur niveau d’études et de leur expérience professionnelle.

Ont-elles tendance à être employées plus souvent que les hommes dans les entreprises les moins rémunératrices ? Sont-elles de moins bonnes négociatrices que les hommes ? Une partie des écarts de salaire entre les femmes et les hommes provient de différences de caractéristiques liées aux niveaux de qualification, au diplôme, à l’expérience professionnelle, à l’ancienneté, à l’âge, au secteur d’activité ou au type d’employeurs. A caractéristiques comparables, l’écart salarial s’élèverait à 8 %. Mais depuis 1995, la réduction des inégalités salariales entre les femmes et les hommes est essentiellement portée par une baisse de « l’écart inexpliqué ».

Les femmes occupent moins souvent des postes rémunérateurs

Les femmes occupent moins souvent que leurs homologues masculins (10 % contre 15,9 %) des postes de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, généralement mieux rémunérés. Leur sous-représentation parmi les cadres ne reflète pas forcément des écarts de compétences. Elle reflète aussi les difficultés des femmes à accéder à ces emplois du fait de comportements discriminatoires. Or, cet accès plus restreint peut conduire à ce que les femmes cadres retenues soient, finalement, plus compétentes ou plus motivées que leurs homologues masculins.

Les femmes sont aussi moins représentées que les hommes dans les secteurs d’activité où les salaires moyens sont les plus élevés. Parallèlement, elles travaillent plus souvent que les hommes dans des secteurs où les salaires pratiqués sont les plus bas. Dans l’hébergement-restauration par exemple, secteur où le salaire moyen est le plus bas (9,6 euros par heure), les femmes représentent 49 % des effectifs.

Une expérience professionnelle moindre et moindrement valorisée

Les femmes ont en moyenne moins d’expérience que les hommes, notamment en raison d’interruptions de carrière plus fréquentes (congés maternité et congés parentaux notamment). Mais les écarts de diplôme contribuent à réduire l’écart expliqué à hauteur de 1,4 point car les femmes sont plus diplômées.

Ainsi, même si hommes et femmes avaient des caractéristiques professionnelles identiques, il subsisterait encore 8 points d’écart salarial entre eux. L’écart « inexpliqué » est dû en grande partie à la moindre valorisation de l’expérience professionnelle des femmes par rapport aux hommes, toutes choses égales par ailleurs.

Les entreprises jouent un double rôle

Il semblerait qu’au-delà du secteur et des caractéristiques productives de leurs salariés, les entreprises jouent un double rôle dans les inégalités de salaire entre les deux sexes. Les inégalités peuvent, comme constaté, provenir d’une forte concentration des femmes dans les entreprises les moins rémunératrices (« ségrégation interentreprises »). Mais elles peuvent apparaître au sein même d’une entreprise, quand celle-ci ne rémunère pas de la même manière ses salariés femmes et hommes ayant une productivité identique (« inégalités intra-entreprises »).

Les inégalités de salaire entre les 2 sexes peuvent être dus à deux choses : la concentration des femmes dans les entreprises les moins rémunératrices (« ségrégation interentreprises ») ou la différence de salaire pratiquée entre hommes et femmes de même productivité au sein même des entreprises (« ségrégation intra-entreprise »). Pour l’ensemble des salariés, l’écart salarial H/F est pour une petite partie (1/10e) dû à la ségrégation inter-entreprises, mais quasiment pas de celle pratiquée dans l’entreprise. Mais pour ce qui concerne les cadres, la moitié de l’écart salarial provient de la ségrégation interne. Ce qui laisse à penser que les femmes ne négocient pas leur salaire, ou pas autant que les hommes.

10 chiffres marquants sur les inégalités hommes-femmes au travail

Source : Insee « Emploi, chômage, revenus du travail » publiée le 4 juillet

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Commentaires
  1. Clémence Change The Work
    13 juillet 2017 - 13h39

    Article très intéressant permettant de se rendre compte qu’il reste encore des progrès à faire.

  2. 2017-07 Revue de presse du 28 juillet | CQFD Cadres 78
    28 juillet 2017 - 16h25

    […] Les inégalités de salaire H/F se réduisent mais restent importantes […]

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