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Heures sup’, hyperconnexion et promotion de carrière sont incompatibles : levez le pied !

Que faire pour décrocher une promotion ? Des heures supp’ ? Rien de moins sûr. Dans certains cas, multiplier les heures derrière son écran et veiller tard le soir au bureau peut même devenir contre-productif. C’est le résultat d’une étude anglosaxonne réalisée par Argyro Avgoustaki, professeure à l’ESCP Europe Business School de Londres, et Hans Frankort, de l’université de Londres, auprès de 50 000 employés dans 36 pays européens.

Selon les deux chercheurs, qui ont tenté de savoir dans quelle mesure l’effort fourni au travail affectait le bien-être et la carrière des salariés, travailler de longues heures peut être préjudiciable à la productivité. Les salariés abonnés aux heures sup’ sont davantage enclins à commettre des erreurs, à se sentir anxieux, à être surchargés, voire à souffrir de burn-out.

Journées interminables et rythme soutenu : « un impact dévastateur sur la carrière »

Les conclusions vont même plus loin. S’éterniser au bureau et cumuler les heures ne sont pas les seules raisons au mal-être physique et mental des employés. Argyro Avgoustaki et Hans Frankort précisent que l’intensité du travail, autrement dit les délais serrés et la cadence imposée, a également un impact négatif et nuit clairement aux perspectives de carrière. On apprend ainsi que notre implication et l’effort que nous fournissons au quotidien est généralement « un indicateur plus fort des résultats défavorables que les heures supplémentaires […] Le travail intensif prolongé a un impact dévastateur sur la qualité des carrières, la satisfaction professionnelle et les possibilités de promotion ». Gérer un dossier, consulter sa boite mails, checker les notifications de son smartphone, être réactif et disponible pour le chef, les clients, les collègues… Le stress et la fatigue qui en résultent ne font jamais bon ménage quand il s’agit de qualité du travail et de productivité. Les salariés ont donc naturellement moins de chance d’être promus par la suite.

Sans vouloir être alarmistes, les enseignants-chercheurs souhaitent avant tout faire comprendre aux salariés « les limites de l’effort excessif », dans un monde du travail où la flexibilité s’est largement imposée et où l’hyperactivité et l’hyperconnexion sont valorisées. « Les employeurs doivent être conscients que la pression sur le personnel ne peut pas être augmentée sans cesse ».

Tous les salariés sont impactés

Bien entendu, tous les salariés ne voient pas leur vie professionnelle impactée de la même manière selon le secteur d’activité et le métier. Pour autant, les auteurs de l’étude affirment que « le constat est tout aussi vrai pour les ouvriers que pour les professions intellectuelles supérieures ».

Mais le tableau n’est pas si noir et les chercheurs militent pour une refonte du travail, où les salariés bénéficieraient d’une plus grande autonomie dans l’organisation de leurs tâches et de leurs journées, ce qui leur permettrait de renouer avec l’engagement et la performance, et surtout de mieux gérer leur équilibre vie professionnelle-vie personnelle. Des initiatives qui fleurissent déjà dans de nombreuses entreprises, mais qui restent longues à mettre en œuvre et rencontrent encore des résistances…

(istockphoto.com : miodrag ignjatovic)

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Commentaires
  1. Anthony Roca
    18 août 2018 - 19h37

    Un travailleur manuel peut montrer un résultat en fin de journée.

    Le problème c’est que les travailleurs du savoir ne peuvent pas montrer un résultat tangible en fin de journée, alors ils compensent par du présentéisme et ces autres trucs qui cassent le moral.

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