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Handicap au travail : trois reconversions réussies

En France, il est difficile d’évaluer le nombre de personnes en situation de handicap car les chiffres varient selon la définition donnée. Alors que la MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées) déclare 5.5 millions de Français en situation de handicap, les derniers chiffres publiés par l’Insee annoncent une population handicapée « au sens large » qui comprend 9,7 millions d’individus.

Dans le cadre du travail, beaucoup de personnes sont confrontées aujourd’hui à la nécessité de se reconvertir à cause d’un handicap évolutif, d’une maladie professionnelle ou encore d’un problème de santé durable. Pour certains, changer de poste peut suffire alors que pour d’autres, un changement de carrière s’impose. Trois personnes en situation de handicap racontent leur expérience et la manière dont elles ont vécu cette reconversion professionnelle.

Four Grunge disabled symbols

Monique, 58 ans, est aujourd’hui agent d’accueil pour un travailleur social. Elle était technicienne de surface depuis des années puis des problèmes de santé l’ont obligés à changer de métier. « Heureusement, mon employeur a été très à l’écoute à ce moment-là » explique-t-elle. Il l’a d’abord accompagné dans son reclassement en prenant en compte ses aptitudes. Son cas est ensuite passé en commission interne et sa situation discutée avec le CHSCT (Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Au bout de 6 mois, Monique s’est finalement vu attribuer un nouveau poste adapté à son handicap.

Soutenue à 100% par son employeur

Quand on exerce un métier depuis de nombreuses années, se reconvertir n’est pas toujours si évident. Il faut réussir à changer ses habitudes, être capable d’acquérir de nouvelles compétences, réussir à s’intégrer dans une nouvelle équipe, etc. « Pour ma part, j’ai ressenti du stress et de la peur car mon niveau d’étude est peu élevé, je n’avais jamais touché à un ordinateur et l’idée d’être enfermée toute la journée m’effrayait un peu » explique Monique. Finalement, soutenue par son employeur sur le plan professionnel et par ses collègues sur le plan personnel, l’adaptation à son nouveau poste s’est très bien déroulée après une formation en interne de 2 mois.

« Mon employeur me conseillait de démissionner »

Séverine, 30 ans, coiffeuse de métier depuis l’âge de 16 ans, a cessé d’exercer à severine 2cause d’une blessure importante à l’épaule. « Après avoir multiplié les arrêts de travail, j’ai compris que je ne pourrais plus travailler longtemps dans la coiffure. Si je devais me reconvertir, c’était maintenant, pas dans 10 ans. D’autant plus que mon employeur me conseillait vivement de démissionner », explique-t-elle. Pendant cet arrêt, elle s’est donc lancée dans une formation d’assistante commerciale à distance d’une durée de 6 mois. N’ayant pas le statut de demandeur d’emploi, il lui était impossible de prétendre à des aides à la formation. « Ce fût une période difficile sur le plan moral car je touchais un faible revenu, ma formation me coûtait chère et il n’est pas si facile de se former à un nouveau métier quand on ne sait pas trop où on va. Mais j’ai un tempérament à aller de l’avant, alors je me suis accrochée » précise-t-elle.

Reconversion possible sans diplôme

Après huit mois d’arrêt, Séverine a fini par démissionner. Dans les quelques semaines qui ont suivi, sans être allée au terme de sa formation à distance, elle a tenté de postuler à une annonce d’assistante commerciale. « Sensible à ma situation, les employeurs ont accepté de me donner ma chance et de me former en interne aussi bien dans la vente que sur l’aspect administratif du poste. Eux même ont choisi la voie de la reconversion à l’âge de 30 ans et je pense qu’ils ont vu en moi quelqu’un de motivé ». Finalement, sans diplôme en poche, Séverine travaille aujourd’hui pour une SARL spécialisée dans la vente de poêles et cheminées. « Quand on est confronté comme moi à un handicap au travail, il faut vraiment réussir à aller de l’avant et ne pas baisser les bras si on veut continuer d’avancer professionnellement ».

Reconnu travailleur handicapé auprès de l’ADAPT

maxMaxime, 30 ans, déficient visuel, a une maladie dégénérative dont l’issue est la perte de vue totale. Diplômé d’un Bac STI chimie de laboratoire et d’un BTS gestion et maîtrise de l’eau, sans le permis, il n’a jamais pu continuer dans cette voie. Reconnu comme travailleur handicapé auprès de la CDAPH, il a occupé un poste de technicien de laboratoire en Bactériologie pendant 6 ans. « Subventionné par l’Agefiph, la société qui m’embauchait avait adapté mon poste de travail à mon handicap mais en 2012, après six années de CDD et de temps partiel, ils ne m’ont finalement pas gardé. Sur le coup, j’ai vraiment eu l’impression de subir une discrimination liée à ma déficience visuelle. Au pied du mur, j’ai alors décidé de me remettre en question et de penser à mon avenir. Je voulais trouver un emploi stable malgré mon handicap » explique-t-il. De lui-même, Maxime s’est donc lancé dans des recherches de formation pour déficients visuels et l’une d’entre-elles l’a interpellée plus que les autres : celle de Masseur-Kinésithérapeute.

« A 30 ans, pas facile pour moi de reprendre les études »

Maxime a alors de lui-même contacté l’association Valentin Haüy, dont la vocation première est d’aider les aveugles et les malvoyants à sortir de leur isolement et à mener une vie normale. Il a finalement choisi la filière de kiné, adaptée aux déficients visuels et dans laquelle il y a des débouchés. « Mon choix étant très limité, cette décision n’a pas été si facile pour moi. Me lancer à 30 ans dans cinq ans d’études sur Paris n’était pas si évident «  raconte Maxime. Suivi par la MDPH, organisme qui accueille, oriente et accompagne les personnes handicapées, il a d’abord rencontré des psychologues du travail avant de passer un entretien préalable avec l’école.
Après quatre mois de démarches, il a finalement pu intégrer l’école cinq semaines après la rentrée.« Même si il n’est pas toujours évident de se replonger dans les cours, je n’avais pas vraiment le choix. Je voulais vraiment m’en sortir et rester autonome avant tout. Je ne suis qu’en première année pour l’instant mais au moins, je tente ma chance » explique-t-il. L’école, le logement et les études sont totalement pris en charge par la MDPH. Maxime bénéficie aussi d’aides attribuées par la CDAPH (Commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) : aides financières, administratives et d’ordre scolaire. « Quand on a un bon dossier, ces organismes aident vraiment les personnes comme moi à s’en sortir et à ne pas se sentir exclus » précise-t-il.

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Commentaires
  1. julien
    5 août 2017 - 15h45

    bonjour je souhaite savoir comment je peux changer
    voie professionnel car je suis a la mdph et je souhaite aussi changer de département dans le 62 ?

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