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Génération Y : comment voit-elle le futur du travail ?

Que veulent les Millennials au travail ? Comment réagissent-ils face au développement des nouvelles technologies et de l’automatisation du travail ? Comment voient-ils leur avenir dans l’entreprise ? Des questions auxquelles a tenté de répondre Deloitte dans sa grande enquête « Millennial Survey 2017 ». Face à une société de plus en plus instable, les Millennials se montrent soucieux de bénéficier d’une certaine sécurité de l’emploi. Ils ne sont toutefois pas inquiets devant l’arrivée des nouvelles technologies (intelligence artificielle, robotique, automatisation) : 60% ne les considèrent pas comme une menace.

Pour sa grande enquête, le spécialiste de l’audit et des finances a interrogé 8000 actifs dans 30 pays différents. Les sondés ont un profil bien spécifique : nés après 1982 (pour ce qui est de l’enquête), diplômés de l’université, employés à temps plein, ils travaillent au sein de grandes entreprises du secteur privé. Occupant des postes supérieurs pour la plupart, ils prennent une part active dans la prise de décision liés aux nouveaux environnements de travail et aux nouvelles pratiques dessinant le travail du futur. Deloitte s’est intéressé à leurs préoccupations, leurs attentes pour l’avenir, et leur vision du monde de demain et de l’implication possible des entreprises dans la création de celui-ci.

Plus fidèles qu’avant à leur employeur

L’enquête montre que les digital natives ont une vision globalement pessimiste du progrès économique et social. La conjoncture économique de ces dernières années a fait croître leur envie de stabilité. Alors que l’enquête « Millennial Survey 2016 » de Deloitte avait montré que les jeunes professionnels manquaient de loyauté envers leur employeur (beaucoup d’entre eux pensaient quitter leur employeur dans les 2 à 5 prochaines années), leurs ambitions ont été tempérées par ces 12 derniers mois de bouleversements politiques et sociaux.

En quête d’une sécurité de l’emploi – dans des organisations flexibles malgré tout – les Millennials sont 65% à plébisciter un cadre stable avec un emploi à temps plein, soit 6% de plus qu’en 2016. Mais également 38% à vouloir quitter leur entreprise dans les 2 ans (vs 44% en 2016) et 31% au-delà de 5 ans (vs 27% en 2016). Pour près de 70% des jeunes il est en effet inconcevable de travailler pour une organisation rigide qui mettrait en péril leur bien-être, leur motivation et leur engagement. 84% voient en effet la flexibilité comme une véritable source de motivation et de bien-être et 82% comme une source d’équilibre entre vie pro et vie perso.

L’année dernière, l’écart entre ceux qui se voyaient quitter leur entreprise dans les 2 ans et ceux qui prévoyaient rester au-delà de 5 ans était de 17 points. Cette année, cet écart n’est que de 7 points. Le taux de Millennials montrant des signes de plus grande loyauté est parallèlement beaucoup plus élevé sur certains marchés : ceux cherchant à quitter « bientôt » leur entreprise chute de 32 points à 12 points au Royaume-Uni ; tombe de 18 points à 5 points en France ; et passe de 7 points à -3,7 points aux États-Unis. Bien que ces résultats vont dans le sens des employeurs, à l’échelle mondiale, le taux de Millennials qui quitteraient volontiers leurs emplois dans les deux ans (38%) reste élevé.

Une vision positive de technologies et de l’automatisation

S’ils aspirent à plus de stabilité, cela n’empêche que la plupart des trentenaires voit l’arrivée des technologies et de la robotisation en entreprise comme une bonne chose : 6 sondés sur 10 ne considèrent pas la robotique, l’intelligence artificielle et l’automatisation comme des menaces. Ils reconnaissent leurs avantages potentiels en termes de productivité et de croissance économique. Ils voient également les opportunités qu’elles représentent pour des activités à valeur ajoutée ou créatives, ou pour l’apprentissage de nouvelles compétences. À de nombreux égards, l’automatisation pourrait être considérée comme une voie par laquelle, si elle s’adapte en conséquence, la Génération Y et d’autres employés pourraient accroître leur influence au sein des organisations plutôt que de la voir diminuée.

Face au développement de l’automatisation, l’autre moitié des Millennials, plus sceptique, convient des inconvénients potentiels :

  • 40% voient l’automatisation comme une menace pour leur emploi
  • 44% estiment qu’il y aura moins de demande pour leurs compétences :
  • Une majorité croit qu’ils devront se recycler (51 pour cent)
  • Et 53% pensent que le milieu de travail deviendra impersonnel et moins humain.

L’automatisation aura toutefois des répercussions différentes selon le secteur ou la taille de l’entreprise dans laquelle elle sera déployée et son adoption se fera plus largement dans les secteurs familiarisés avec les nouvelles technologies comme les TIC TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), les médias et les télécoms ou l’industrie.

Une confiance mitigée en l’avenir

De manière générale, les jeunes Français se montrent toutefois moins positifs que leurs homologues étrangers quant au futur du travail. 45% des Millennials du monde entier prévoit une amélioration économique pour l’année à venir mais seulement 25% des Français y croient. De même, alors que 36% des Y se prédisent une meilleur situation financière que leurs ainés, seuls 21% des Français se montrent positifs à ce sujet.

Face à une société de plus en plus instable, les Millennials ont l’espoir qu’en travaillant ensemble, il y a une chance pour améliorer leur performance et celle de l’entreprise, voire celle de la société tout entière. 76% d’entre eux considèrent d’ailleurs l’entreprise comme un moyen d’engendrer des transformations sociales durables.

« Les ruptures technologiques transforment en profondeur nos organisations. La capacité d’adaptation est cruciale, elle passe par une flexibilité parfois difficile à maintenir dans les contextes économiques et politique de nos sociétés. La Génération Y fait preuve de lucidité et de clairvoyance à ce sujet ; plus agile que les générations aînées, en quête d’engagement, elle imagine et accepte aisément un monde alliant avec équilibre le travail des robots et l’expertise humaine » conclut Alain Pons, le président de Deloitte France.

Rappelons que la génération Y regroupe des personnes nées approximativement entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990. Ils sont également appelés « Millennials » (« enfants du millénaire »), les Yers, les Y ou les digital natives.

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