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Génération Y : et si on arrêtait d’en parler ?!

Génération Y et révolution du monde du travail : voilà deux sujets fortement liés qui passionnent. Rien que la semaine dernière, quatre études ont été publiées. Enquêtes exclusives et révélations fracassantes ? Loin de là… Si les nouvelles études tentent de traiter de la thématique sous des angles plus ou moins différents, tous prédisent une « révolution du management », une « digitalisation des outils et des pratiques », un travail devenu « lifestyle », etc. Mais alors, pourquoi cette génération Y fascine autant ? Et peut-on encore parler de fascination ?

Nés entre 1978 et 1994, la génération Y représente 20% de la population française. De quoi expliquer et justifier l’emballement autour de ces millennials dont le décryptage et la compréhension semblent être devenus des défis majeurs pour l’ensemble des acteurs industriels, des distributeurs et des médias. Pourtant, aussi pointus que soient les articles et les enquêtes, il est difficile de démêler le probable du fantasme. Car ceux que l’on appelle aussi les millennials ne sont pas « si » différents de la génération X, au final. Enfermés dans des stéréotypes, ils sont surtout l’incarnation d’une plus vaste question dont la réponse nous échappe à tous : que va devenir le monde du travail dans les prochaines années ? En attendant d’y répondre, voici les derniers éléments du portrait robot d’un Y.

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Hautement qualifiés mais moins salariés et donc plus alternatifs

L’esprit d’entrepreneuriat est inhérent à cette génération, la différenciant de ses ainés. Cette nouvelle tendance professionnelle s’explique par un niveau d’éducation historiquement élevé dans une conjoncture mondiale où les diplômes ne sont plus synonymes d’emploi. Résultats : afin d’augmenter leur pouvoir d’achat, en finir avec leur dépendance financière, et exercer une profession en accord avec leurs compétences et leurs valeurs, les jeunes font preuve d’adaptabilité en recourant davantage à la création d’entreprise. En 2015, l’entrepreneuriat en France représentait 50 000 nouvelles créations d’entreprises par mois, 900 000 micro-entrepreneurs actifs et 25 000 nouveaux micro-entrepreneurs par mois.

« Fun and Serious » : travailler « avec » et non « pour »

L’enquête Alumni menée par le cabinet d’études et de conseils Universum, a établi le classement des 100 entreprises qui attirent le plus. Cette année, l’entrée fracassante de BlaBlaCar directement à la 5ème place en dit long sur les aspirations des Y. Les starts-up et les petites structures novatrices séduisent, collant davantage aux rapports sociaux développés par la génération Y, dans leur vie personnelle comme professionnelle.

« Cette reconnaissance témoigne de l’attractivité croissante de BlaBlaCar et récompense une culture d’entreprise originale, profondément Fun and Serious. Nous percevons bien l’appétence grandissante des candidats pour des défis techniques motivants et des aventures entrepreneuriales collectives, porteuses de sens et à l’impact global vertueux », déclare Laure Wagner, Culture Captain de BlaBlaCar

Des propos qui viennent illustrer les derniers chiffres de l’étude Millenial Survey menée par Deloitte et le Brookings Institute, selon lesquels l’éthique, la confiance, l’intégrité et l’honnêteté sont, pour 25% des millennials, des valeurs qui permettent à une entreprise de réussir de façon pérenne. Pour 26%, c’est le traitement qu’accorde la structure à ses collaborateurs qui prime. Satisfaction, fidélisation, traitement équitable sont des notions déterminantes pour l’avenir d’une entreprise d’après les moins de 30 ans.

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Et cette importance d’un management collaboratif et participatif plutôt que directif ne signifie pas pour les millennials la fin de la hiérarchie ni la libération totale de l’entreprise. Ils souhaitent être drivés, mais de manière honnête et naturelle. Un gage de productivité et de créativité pour les salariés comme les employeurs.

Luxe et Prestige se confrontent à la réalité

Lors du choix de leurs aspirations principales, les plus expérimentés montrent un attrait croissant pour l’indépendance, l’autonomie et entrepreneuriat. Leur carrière déjà dessinée, ils souhaitent donner du sens à leur activité, autour de projets plus créatifs, innovants et alignés avec leurs propres valeurs. Mais si la Marque Employeur est un atout majeur pour les plus jeunes, cela tend à s’estomper avec l’expérience. En effet, après 3-4 ans en poste, les plus expérimentés montrent un attrait croissant pour l’indépendance, l’autonomie et entrepreneuriat. Leur carrière déjà dessinée, ils souhaitent donner du sens à leur activité, autour de projets plus créatifs, innovants et alignés avec leurs propres valeurs.

Autre constat fait par l’étude Alumni : les écarts sont importants entre les secteurs dans lesquels les étudiants et les jeunes diplômés souhaitent idéalement évoluer avec ceux dans lesquels leurs aînés travaillent réellement. Par exemple, les étudiants au profil commercial rêvent d’intégrer les sociétés de Management & Conseil en Stratégie et les prestigieux acteurs de la mode et du luxe. Pourtant, seulement 9.7% des actifs sondés exercent leur profession dans l’un de ces secteurs. La sensibilité très forte des jeunes pour des entreprises aux marques prestigieuses et à l’image puissante vient rapidement se confronter à la réalité du marché de l’emploi.

L’emploi laisse la place au travail devenu « lifestyle »

Première génération dont les mères ont majoritairement travaillé, les millennials ont déplacé le curseur des enjeux sociétaux. Sans entrer dans le débat de l’égalité des sexes dans le mode professionnel, les hommes et femmes partagent désormais le même objectif de vie : équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Une évolution des sensibilités et des priorités que l’agence marketing MRY a traduit sur un schéma. Ce dernier distingue le temps consacré au travail de celui consacré au temps personnel, et compare une journée de travail type de la génération X à une journée des générations Y et Z.

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Alors qu’un salarié de la génération X se concentrerait entièrement à son travail entre 9 heures et 17 heures et s’accorderait une pause le midi avant de « déconnecter », un salarié Y ou Z, lui, allierait travail et vie personnelle tout au long de la journée et même de la soirée. Une perméabilité des sphères privée et professionnelle s’est installée chez les jeunes actifs, s’expliquant entre autres par leur rapport à la technologie et au travail. Première génération de « digital natives », les technologies numériques les ont fait développer une flexibilité inédite qui impacte considérablement leurs comportements, faisant voler en éclats la sacro-sainte frontière entre vie pro et vie perso et définissant le « blurring » (de l’anglais estomper, effacer, flouter) comme la nouvelle norme.

Ce n’est donc pas surprenant qu’une part importante d’entre eux se disent prêts à quitter leur poste s’ils estiment que la technologie que leur fournit leur employeur n’est pas conforme à leurs attentes (c’est le cas pour 50% des actifs de la génération Y en France), selon les derniers chiffres de l’étude Future Workforce Study, réalisée par Dell et Intel, sur les grandes tendances de l’adoption de la technologie qui façonneront les environnements de travail.

  • Retrouvez tous nos articles et nos études sur la Génération Y

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