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Les Y ne sont pas une génération, ils représentent le futur du travail

Qui sont les Millennials ? Que veulent-ils ? Qu’a de particulier cette génération au travail par rapport aux précédentes ? Des questions posées maintes et maintes fois et auxquelles ont tenté de répondre bon nombre de chercheurs et d’experts. Une fois de plus, un think tank s’est penchée sur cette fameuse génération de travailleurs âgée de 25 à 35 ans environ. Pour lui, la génération Y est avant tout une construction théorique, une légende. En témoigne la quantité de termes pour désigner cette jeune génération.

Mythe ou réalité ?

On n’en finit plus de commenter les faits et gestes des Millennials, allant même jusqu’à prédire leur avenir. Partout dans le monde, la génération Y est étiquetée : individualiste, rebelle à toute forme de management, en quête permanente de sens au travail… Les Y veulent tout sans concession et paraissent tellement difficiles à gérer qu’on édite des guides en masse pour apprendre à travailler avec eux et à les manager. « Dans quelle mesure le discours marketing et managérial porté sur ces Millennials n’en vient-il pas, par sa force d’évocation, à influencer la perception que se font les jeunes d’eux-mêmes, à influer sur […] leurs usages ? » s’interroge le think tank La Fabrique de la Cité. « Ne contribue-t-il alors pas à faire d’un mythe une réalité – ou à tout le moins un idéal souhaitable à atteindre ? »

Pour la Fabrique de la Cité, la figure du Millennial la plus courante apparaît le plus souvent sous les traits suivants : « un jeune diplômé de l’enseignement supérieur, ultra-connecté, vivant au coeur d’une grande ville, ayant effectué une partie de ses études à l’étranger, réfractaire au management traditionnel hiérarchisé des grandes entreprises et nourrissant des aspirations d’entrepreneur. Une vision que résume parfaitement la formule des « 4 i » (individualiste, interconnecté, impatient, inventif), véhiculée par la littérature managériale française ».

Un concept sociologique flou

Le terme de Millennials a été pour la première fois énoncé en 1989 par les historiens américains Neil Howe et William Strauss rappelle La Fabrique de la Cité. Il désigne à l’époque la génération qui a suivi celle des baby boomers et la Génération X. Pour les deux historiens, les générations de héros de guerre seraient toujours suivies de générations de jeunes non-conformistes et indécis depuis le 16e siècle. L’hypothèse des deux historiens marque un renouveau dans la sociologie des générations mais suscite un certain scepticisme : être né à la même période suffirait-il pour partager les mêmes caractéristiques ? Caractéristiques qui supplanteraient d’autres facteurs déterminants comme l’appartenance sociale, familiale, géographique ou l’effet d’âge ?

D’autres éléments participent à la confusion qui règne autour de cette jeune génération. D’abord, la manière de les désigner : « Millennials, Génération Y, génération Why, digital natives ». Ensuite, la tranche des individus concernés qui varie selon les études : nés entre 1980 et 1995, entre 1978 et 1994 ou entre 1977 et 1995… Difficile par ailleurs de dénombrer les personnes appartenant à cette génération. Enfin, on est également en droit de se demander si les Y de tous âges ont conscience d’appartenir à une seule et même génération de travailleurs, et ont les mêmes aspirations… Pas si sûr.

Pas si flexibles les Millennials

On attribue des caractéristiques particulières aux Millennials : besoin d’être accompagnés, « drivés », de pouvoir concilier vie pro et vie perso, attrait pour l’indépendance, l’autonomie et l’entrepreneuriat, envie de créativité, d’innovation, besoin de partager des valeurs… (Etude Alumni). Autant de besoins partagés par les hommes comme les femmes.

Dans les différentes études faites sur le sujet reprises et interprétées par les médias , on annonce ainsi régulièrement la fin des espaces de travail traditionnels, et l’ère du travail flexible : coworking, salariat-entrepreneuriat, espaces de travail informels… Pourtant, une étude menée en 2016 par la Chaire immobilier et développement durable de l’ESSEC intitulée « Mon bureau de demain II » révèle que seulement 13% des jeunes diplômés imaginent des options de travail plus innovantes qu’un bureau traditionnels. Les 20-40 ans ne seraient pas si séduits que cela par le fait de travailler dans des tiers lieux : 64% estiment même qu’ils seraient moins efficaces que dans un bureau classique.

Les Y ou la question globale du futur du travail

Les nouveaux usages comme le télétravail se développent grâce aux nouvelles technologies, comme la réponse idéale aux attentes des travailleurs à la recherche de plus de flexibilité. L’on peut désormais travailler n’importe où et n’importe quand. Se pose alors, à toutes les générations – futures notamment – la question de la porosité entre sphère professionnelle et sphère personnelle, et de la difficulté à concilier ces deux vies.

Et si tous ces carcans dans lesquels on enfermait les Y étaient plus largement l’incarnation d’une vaste question que l’on se pose tous : quel sera le futur du travail ? Et quelle réponse apportera la société dans son ensemble, en particulier les villes et entreprises, à la mutation du travail ?

Pour La FdlC, les traits qui semblent caractériser la Génération Y ne sont pas seulement ceux d’une génération, mais ceux d’une population qui se distingue par sa capacité à refléter les transformations profondes qui ont lieu dans notre société. Plus qu’un stéréotype, la figure du Millenial est en fait un archétype.

*La Fabrique de la Cité est un think tank sur les transitions et innovations urbaines et un fonds de dotation créé par VINCI

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