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Travailleurs freelances : fiers et épanouis malgré les clichés

Il est temps de rétablir la vérité : les freelances le sont par choix et ne pensent pas avoir un statut précaire ! La plateforme dédiée Hopwork et le collectif OuiShare viennent de publier une grande enquête sur le statut, menée auprès de 1014 freelances. Résultats : 75 % d’entre eux sont fiers de l’être et 90 % des freelances le sont par choix. Mais surtout, 91 % d’entre eux ne souhaitent pas revenir au salariat.

La France compte 830 000 freelances. Un taux qui a augmenté de 126% en 10 ans. La création du statut d’autoentrepreneur a énormément contribué cette augmentation. Le statut attire donc toujours plus d’aspirants à l’indépendance mais pour autant, il continue de faire un peu peur à tous ceux attirés par l’entrepreneuriat. Pourtant, derrière le cliché du freelance « qui trime pour pas un sou », la réalité n’est pas si sombre. Du moins pour la moyenne des freelances…

Pas de décalage notable entre ce qu’ils imaginaient et la réalité du statut

L’enquête révèle notamment qu’entre les raisons du choix initial d’être freelance – ce qu’imaginent les futurs indépendants – et la réalité du statut, il n’y a pas de décalage notable. Comme ils le souhaitaient à l’origine, les freelances ont en effet la possibilité d’organiser leur emploi du temps selon leurs envies, de choisir les clients et les projets qui les motivent, et de choisir leur lieu de travail. L’opportunité de gagner plus, en 4e position des motivations à devenir indépendant, n’est pas si inatteignable : 62 % des travailleurs à temps plein déclarent gagner autant ou plus que lorsqu’ils étaient salariés et 43 % des interrogés gagnent plus ou nettement plus que lorsqu’ils l’étaient.

Le freelance travaille plus et gagne plus

Certes, les freelances travaillent en moyenne plus que les salariés : 53 % affirment en effet travailler plus de 40 heures par semaine. Dans le détail, 38 % des freelances effectuent entre 40 et 50 heures par semaine, 30% entre 30 et 40 heures. Fort heureusement seulement 12% effectuent plus de 50 heures par semaine et 3% plus de 70 heures.

Mais ceux qui ont opté pour le statut d’indépendant y trouvent parallèlement des avantages concrets :

  • Pour 52% : organiser son emploi du temps
  • Pour 47% : choisir ses clients et ses projets
  • Pour 46% : choisir son lieu de travail

Logiquement donc, ils gagnent en moyenne plus qu’un salarié : 63% des freelances qui travaillent 40 heures par mois gagnent autant ou plus qu’en salariat.

Une population hétérogène…

Le statut de freelance séduit tous les profils : 60% des sondés sont des hommes, 40% sont des femmes ; et ils ont en moyenne 35 ans. Malgré tout le statut se présente comme une opportunité pour tous les âges, puisque près de 12% ont moins de 26 ans et 17% ont plus de 45 ans.

Le freelance n’est par ailleurs pas forcément parisien et ses protagonistes sont répartis sur tout le territoire : 66% habitent en Province, et 34% en région parisienne. En moyenne, les freelances passent 3,5 jours par semaine à travailler chez eux, le reste du temps étant consacré aux rendez-vous chez leurs clients ou dans d’autres lieux. Le développement des outils collaboratifs permet aux indépendants de télétravailler depuis chez eux pour des entreprises basées en ville, mais l’étude constate que les freelances gardent un lien de proximité géographique avec leurs clients afin de les voir régulièrement.

…qui séduit les entreprises

Les entreprises ont compris l’intérêt d’avoir recours à des freelances. Pour elles, ils représentent l’opportunité d’enrichir leurs activités en ayant accès à des spécialistes de talent qu’elles n’ont pas en interne et qu’elles peuvent ainsi solliciter de manière ponctuelle et flexible. Pour Laetitia Vitaud, Spécialiste du « Futur du travail » et Professeur à Sciences Po et Paris Dauphine  : « Les entreprises changent en ce moment, certaines l’ont vite compris, et accèdent à de vrais talents en passant par des plateformes de freelances, alors qu’elles ont justement du mal à recruter ces mêmes talents en interne. Elles leur laissent une autonomie totale puisque c’est […] c’est dans ces conditions qu’ils travaillent le mieux. »

Le statut reste plus précaire que le salariat

Malgré tout le statut reste plus précaire que le salariat aujourd’hui. Si le freelance a intégré la contrainte de revenus fluctuants, 48% en éprouvent des difficultés. Qu’ils acceptent au regard de tous les avantages qu’être freelance comporte.
De plus, les freelances sont de hauts profils souvent prisés par les entreprises : ils ont plusieurs clients à la fois ce qui leur assure un certain revenu, même s’il n’est pas linéaire. Pour Vincent Huguet : « Même s’il reste un travail d’éducation de certaines entreprises, du grand public et des politiques à faire sur ce point, ces travailleurs indépendants ne sont pas plus menacés que les salariés qui peuvent aussi très vite perdre leur emploi… et qui n’en ont qu’un, eux ! »

De la nécessite d’informer l’entourage, les clients et les décideurs politiques

Autre problème : le freelance doit faire face au scepticisme de son entourage et doit souvent légitimer son statut auprès de ses clients. On perçoit les freelances comme des travailleurs précaires en situation de transition en attendant mieux. Certains ressentent des difficultés à trouver des clients et évoquent un marché peu transparent et peu fluide. Ils sont même souvent amenés à éduquer en quelques sortes les clients sur les réalités du freelancing.

Il semble également nécessaire d’éduquer les décideurs politiques puisque selon l’étude, 97% des freelances ne se sentent pas bien pris en considération dans le débat économique et politique. Ce malgré leurs revendications : 48 % voudraient en effet une meilleure protection sociale, 40 % aimeraient passer du RSI (régime social des indépendants) au régime général de la sécurité sociale. 32 % des indépendants interrogés souhaiteraient un accès au prêt bancaire ou voir déplafonné le statut d’auto-entrepreneur demandé (30 %). Sur ces points, plusieurs candidats à la Présidentielle 2017 ont toutefois exprimé leur souhait de prendre des mesures concrètes.

Consultez l’étude

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