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Femmes au travail, arrêtons un peu les clichés !

Femmescliches« Selon un sondage réalisé en 2010 par le Workplace Bullying Institute, 80 % des intimidatrices au travail prennent d’autres femmes pour cibles, alors que 56 % des intimidateurs font de même avec leurs collègues masculins. Puisque les femmes comptent pour près de la moitié de la population active dans plusieurs pays, c’est un gros problème. » L’étude relayée dans le Huffington Post et reprise par Métro a de quoi faire peur. Avant, les femmes n’étaient pas assez ambitieuses voire absentes, aujourd’hui celles qui gravissent les échelons sont des harpies… N’est-il pas temps d’en finir avec tous ces clichés ?

Grâce au cabinet Mc Kinsey, on apprenait il y a quelques années que le comportement des femmes était leur propre ennemi : qu’il est plus difficile pour une femme d’affirmer son talent et de gravir les échelons, qu’elles ont tendance à minimiser leur contribution, etc…
Aujourd’hui, celles qui s’affirment sont des intimidatrices, des compétitrices rejetant toute solidarité féminine. Loin de moi l’idée de vouloir faire un raccourci, mais en substance, c’est tout de même ce qui transparait du sondage du WBI… Qui conclut : « les employeurs découvrent que les équipes à prédominance féminine sont souvent en conflit. » Et ce en citant Pat Heim, auteure de « In the Company of Women » : « Les relations entre femmes atteignent des niveaux d’intimité et d’intensité qu’on voit peu chez les hommes. Ainsi, quand ça tourne mal, ça devient vite un cauchemar. »

Toutes des hypocrites ?

A côté de l’étude relayée par le Huffington Post, le sondage-infographie du Metropolitan Panel titré « Intelligentes, créatives et…hypocrites ! » au sujet des patronnes (voir ci-contre), a de quoi offusquer : « 45% des sondés pensent que les femmes sont plus hypocrites que les hommes. Seuls 7% pensent qu’elles le sont moins. » Et on ne fera pas de commentaire sur l’encart « Attention aux femmes au travail » placardé sur l’infographie… Celle-ci oublie toutefois de préciser l’opinion de 48% des sondés restant, qui pensent logiquement que les patronnes et leurs homologues masculins sont aussi hypocrites les uns que les autres.
Si l’on y regarde à deux fois, les médias ont sûrement leur part de responsabilité dans l’interprétation des chiffres. Exemple, en réduisant les femmes patronnes à des « hypocrites » quand seulement 45% des sondés (qui sont-ils ?) disent le penser…

« Souvent en conflit »

Ainsi, en résumé, les femmes sont hypocrites au travail, se « tirent dans les pattes », « les équipes à prédominance féminine sont souvent en conflit » et pire, les femmes elles-mêmes sont assez bêtes pour préférer un chef homme plutôt que de voter pour la mixité. Bref, nous avons là un pot-pourri des pires clichés. Et les sondages opposant en entreprise hommes et femmes, séniors et jeunes, diplômés des grands écoles ou de l’université sont-ils vraiment représentatifs ou opportuns ?
Ces pauvres femmes tellement naïves qu’elles se tirent même une balle dans le pied… Pourtant, selon le même sondage, 31% des hommes préfèrent avoir un patron homme et 42% sont indifférents au fait d’avoir un homme ou une femme comme manager alors que 44% des femmes préfèrent travailler pour un homme contre 42% indifférentes. Autant dire qu’à l’heure où les entreprises fonctionnent de plus en plus en mode projet, les femmes n’ont plus leur place, si tant est qu’elles en avaient une…

Les femmes se cooptent elles-aussi !

Heureusement une autre étude américaine vient au secours des femmes, affirmant que le fameux syndrome de la reine abeille* serait injustifié : en milieu professionnel, les femmes s’entraident. Comme l’explique l’article du Huffington Post, les clichés sont partout : des requins aux dents longues, endurcies par la misogynie des hommes au fil des années, qui rabaissent leurs collègues femmes parce qu’elles ont dû faire leurs preuves. Suffit pour cela de voir les films « Working Girl », « Le diable s’habille en Prada » ou d’autres séries américaines…
Sauf que… L’ONG Catalyst montre que les femmes sont autant prêtes que les hommes entre eux, à aider leurs collègues féminines. D’après son enquête menée auprès de 742 diplômés de MBA soutenus ou non pendant leurs études, 65% des femmes aidées contribuent à leur tour à soutenir des jeunes, contre 56% des hommes. Et 73% des femmes qui le font aident des femmes, contre 30% seulement chez les hommes. Voilà des chiffres qui font plaisir et que l’on a envie de croire, pour une fois.

A lire également : « Non les femmes au travail ne sont pas toutes des vipères »

(*Le syndrome de la reine des abeilles est le nom donné au phénomène dans lequel les femmes qui ont gravi les échelons en entreprise ne soutiennent pas les jeunes femmes d’un niveau hiérarchique inférieur, voire entravent leur évolution.)

© Peter Atkins – Fotolia.com

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Commentaires
  1. Chris
    22 juin 2012 - 18h01

    Alors ça ! Très interessant ! Donc, en résumé, des femmes qui travaillent ensemble pourraient s’écraser mutuellement, des hommes qui travaillent ensemble pourraient s’écraser mutuellement…
    Comme vous, je trouve que ces études sont un peu trop « basiques », arrêtons de généraliser « les » femmes et « les » hommes, plus personne ne se retrouve dans ces chiffres !

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