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Porter un costume d’homme au travail : l’expérience insolite d’une journaliste

Lucy Rycroft-Smith, journaliste freelance pour le journal britannique The Guardian et auteure, a décidé de mener une expérience singulière : s’habiller en homme pendant un mois pour aller travailler. Ou plus précisément, porter des costumes. Une expérience à la fois déconcertante et intéressante qu’elle a apprécié pour plusieurs raisons. Alors s’affranchir des codes sociaux en portant une tenue formelle, voire toujours la même tenue, serait-il la solution pour être apprécié à sa juste valeur et avoir confiance en soi au travail ?

Lucy raconte son expérience sur le site The F World. Voyant passer des articles sur le défi « Octieber » qui consiste, pour les femmes, à porter des cravates pendant 1 mois, Lucy se pose la question de tenter l’expérience : elle travaille dans une grande ville, fait la navette chaque jour dans les transports, doit souvent s’exprimer devant un public… Son métier s’y prête tout à fait. Elle souhaite cependant de pousser le concept un peu plus loin et décide de porter un costume trois pièces – cravate et pochette inclues – au travail.

Naturellement, elle cherche d’abord à trouver des costumes en version femme, plus ajustés. Mais en faisant du shopping avec sa fille, elle se demande soudainement pourquoi les vêtements sont-ils sexués. Elle qui a enseigné les principes fondamentaux du féminisme à ses filles se demande surtout « pourquoi diable ai-je docilement acheté mes vêtements au rayon femme pendant 32 ans ? » Elle réalise alors que, plus que porter simplement un costume d’homme, elle doit totalement adopter les codes vestimentaires masculins pour son expérience.

Complice d’une société imposant ses codes, basés sur le genre

Lucy ne veut pas seulement ajouter une cravate à sa tenue, elle veut pouvoir faire l’expérience d’opter pour un look formel tout en étant confortable en même temps, comme un homme. Avoir l’air formel au travail pour une femme signifie généralement porter un tailleur jupe ajusté et des vêtements moulants, des talons hauts, des collants, des bijoux, une gaine, et avoir une coiffure compliquée… Autant de choses plutôt inconfortables. Un ami lui demande si elle va faire tailler ses costumes sur-mesure pour mieux les ajuster. Elle réalise alors qu’être grande, large et charpentée est un atout pour sa nouvelle tenue, tout le contraire des carcans dans lesquels on enferme les femmes en terme d’image, où la minceur est de rigueur.

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En adoptant des tenues formelles féminines au travail, Lucy s’est en effet rendue complice d’une société imposant des codes basés liés au genre… Pour elle, c’est une révélation. Elle réalise à quel point son esprit est perturbé par toutes ces pensées inutiles autour de son look et le temps perdu à se regarder dans les miroirs, vitres et devantures de magasins pour vérifier sa tenue, ou à chercher sa carte de visite dans un sac à mains plein, alors que son collègue a déjà dégainé la sienne de sa poche. Avoir des poches et les utiliser… Une autre révélation pour la journaliste qui aura du mal à s’en passer en retournant à ses tenues féminines.

Se débarrasser du superflu pour se concentrer sur l’essentiel

Dans un autre genre, des personnalités célèbres ont opté pour un « look formel », et pas seulement pour limiter l’impact de leur image sur leur travail. Barack Obama expliquait ainsi au magazine Vanity Fair en 2012 ne porter « que des costumes bleus ou gris » afin de « réduire au maximum le nombre de décisions à prendre ». Selon lui, mettre en place une routine évite d’être distrait par des choses triviales dans sa journée. Le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg se distingue également par son dressing version « 50 nuances de gris » composé uniquement de tee-shirts et du sweats : « Je veux faire en sorte d’avoir le moins de décisions possible à prendre sur tout ce qui ne concerne pas la communauté [Facebook]. « […] J’aurais l’impression de ne pas bien faire mon travail si je dépensais mon énergie sur des choses superflues et frivoles », résumait-il lors une conférence donnée en 2014.

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Plus récemment, Matilda Kahl, directrice artistique d’une agence de publicité new-yorkaise, a fait part de son expérimentation dans un article publié sur Harper’s Bazaar en avril 2015 : troquer sa garde-robe entière contre un seul et même uniforme de travail. « Je ne sais pas comment m’est venue l’idée d’un uniforme de travail, mais assez rapidement, la solution à mes malheurs a pris la forme de 15 chemises de soie blanches et de quelques pantalons noirs » explique-t-elle. « […] Aujourd’hui, ce n’est pas seulement que je me sens bien dans mes vêtements, c’est que je n’y pense plus du tout. »

La beauté, un atout indéniable pour la réussite

Jour après jour, Lucy Rycroft-Smith apprécie le look masculin et elle finit même par abandonner son soutien-gorge pour se contenter du maintien de son « gilet d’homme ». Des internautes lui font malgré tout remarquer qu’elle continue de féminiser sa tenue en adoptant du maquillage et en coiffant ses cheveux. En tous états de cause, on ne peut nier qu’être beau ou belle fait aussi partie de la réussite professionnelle.


Un autre choix est possible

De retour dans ses habits féminins pour un mariage, Lucy réalisera tout le paradoxe auquel font face les femmes qui souhaitent soigner leur image et fera de nouveau face à l’inconfort de sa gaine, aux collants filés par des talons qui lui blessent les pieds, et au froid du fait de sa robe légère… Qu’il est bon de porter un uniforme !

« Je n’ai jamais porté des vêtements qui m’ont fait me sentir si à l’aise […] ou aussi flatteurs »

Outre le fait d’être plus à l’aise et confiante au travail et la possibilité de se concentrer sur l’essentiel, difficile de mesurer l’impact des tenues de Lucy sur son job au quotidien et sur son entourage professionnel. Elle conclut cependant : « Je réalise à quel point je n’ai aucun intérêt à me sentir inutilement inconfortable […]. Nous avons le choix, hommes comme femmes. Le sexe des vêtements est ridicule, inutile et totalement dommageable. Je refuse d’être complice ».

Via Terrafemina. Suivez Lucy sur Twitter

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