Fermer
menu

Entre les Français et leur entreprise, c’est un peu « je t’aime moi non plus »

Les salariés français ont tendance à rester en poste longtemps par rapport à la moyenne mondiale selon une étude mondiale d’ADP Research Institute. Pourtant, ils se montrent critiques à l’égard de leur entreprise, ce à plusieurs niveaux : développement de carrière, recrutements, politique salariale, évolution… De leur côté, les employeurs ont tendance à surestimer les atouts de leur société. L’entreprise française serait-elle placée sous le signe de l’ambivalence ?

Ce qui préoccupent vraiment les salariés

La gestion de carrière est au cœur des préoccupations des collaborateurs selon ADP. 76 % des salariés estiment qu’une entreprise doit « protéger et entretenir ses talents de la même façon qu’elle veille à sa performance financière ». Pourtant, moins d’un tiers d’entre eux (26 %) considère que leur employeur gère véritablement leurs compétences et leur permet de « se « développer ». De même, seuls 31% des salariés jugent avoir la possibilité de progresser en restant dans la même société. Là encore, les employeurs sont en décalage considérable puisque pour 69% d’entre eux, leurs collaborateurs ont la possibilité de progresser. Sur la question du salaire, 24 % seulement des sondés estiment que la politique salariale de leur entreprise est performante.

Conséquence de ces différents constats : près de la moitié des salariés français pensent qu’il faut quitter son entreprise pour accroître sa rémunération (44 %) et avoir plus de responsabilités (39 %). Mais il faut faire la différence entre les raisons de rester (l’environnement au quotidien et le travail proprement dit) et les raisons qui poussent à partir (relations avec le manager direct, la santé de l’entreprise…) : elles ne sont pas toujours identiques.

Les employeurs surestiment leurs atouts

La plupart des salariés ont un sentiment d’accomplissement dans leur travail et veulent jouer un rôle important mais ils ne se sentent pas estimés. De leur côté, les employeurs se font une fausse idée du niveau d’estime ou de reconnaissance que ressentent les salariés pour le travail qu’ils effectuent. Dans les 13 pays, les collaborateurs qui se sentent sous-estimés sont plus nombreux que ce que pensent les employeurs. L’écart entre la perception des employeurs et les sentiments des salariés est particulièrement grand en France, en Australie, au Mexique et au Brésil. Pour preuve,les employeurs semblent ne pas avoir vraiment conscience du vivier de talents dont l’entreprise regorge en interne : seuls 29 % des Français disent entendre parler des postes à pourvoir en interne.

Les employeurs européens ne comprennent pas à quel point des facteurs comme l’environnement au quotidien et le travail en lui-même sont importants pour les salariés. Les futurs collaborateurs portent d’ailleurs une attention particulière aux horaires, au travail à effectuer, à la flexibilité et au développement professionnel lorsqu’ils postulent. Les employeurs ont tendance à penser que la performance et la réputation de l’entreprise sont des facteurs clés dans la décision des salariés.

De même, ils surestiment l’importance des avantages tels qu’une bonne couverture santé, une salle de sport sur place, de la nourriture gratuite et les congés illimités sont certes intéressants, mais ils tendent à exagérer l’impact de ce type d’avantages. Salariés et futures recrues attendent de l’entreprise qu’elle les aide à progresser dans leur carrière, à tous niveaux. Mais surtout, qu’elle tienne ses promesses. En effet, 60 % des salariés ont déclaré à ADP avoir quitté un emploi parce qu’il n’avait pas répondu à leurs attentes initiales.

La stabilité et en même temps l’ouverture

En France, la situation est assez paradoxale : les salariés sont insatisfaits, mais restent en poste. D’ailleurs, plus de la moitié des Français (52 %) ne seraient pas prêts à quitter leur entreprise, contrairement aux Anglais (30) % et aux Pays-bas (36 %). 4 Français sur 10 restent toutefois à l’écoute du marché, mais seulement 15 % recherchent activement un autre emploi. Les employeurs, eux, surestiment le nombre de leurs collaborateurs en recherche active et sous-estiment celui des personnes ouvertes aux opportunités.

Pas estimés, critiques sur la question de la gestion des talents, les frenchies sont également moins nombreux à se sentir « liés aux autres personnes » dans leur entreprise comparé aux salariés du reste de l’Europe. Sur le plan des recrutements, 27 % seulement des salariés français considèrent que leur entreprise est pertinente. Malgré tout, ils sont ceux qui restent le plus longtemps dans leur entreprise – les Français interrogés occupent leur poste actuel depuis 10,2 ans en moyenne – et ils sont les moins susceptibles de rechercher activement un nouvel emploi.

Indéniablement, la différence de perception entre les entreprises et les salariés interrogés sur la question de la gestion des talents et du développement des collaborateurs est sans doute le constat le plus flagrant de l’étude ADP. Une matière à réflexion pour les directions des ressources humaines…

Enquête en ligne menée dans 13 pays auprès de 5 330 salariés et 3 218 employeurs, dans des entreprises de 50 salariés et plus. Les pays concernés par cette enquête sont : les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, le Chili, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Australie, la Chine, l’Inde et Singapour.

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.