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L’espionnage industriel, du travail de pro

ConfidentielRécemment, le constructeur automobile Renault mettait à pied trois de ses cadres pour espionnage industriel sur son programme de véhicules électriques. « Victime d’une filière organisée internationale » ou d’une société privée, ça, l’entreprise française ne le sait pas encore. Mais l’affaire fait grand bruit, et relance le débat sur l’intelligence économique. Partout dans le monde, les sociétés s’observent et se surveillent… Entre révélations malheureuses d’informations par les salariés et espionnage organisé, le danger est là, mais les entreprises doivent-elles pour autant céder à la psychose ambiante ?

Les risques de fuite peu mesurés
Bien qu’illégal, l’espionnage industriel est une pratique plutôt courante. Et ce sont logiquement les petites entreprises les plus vulnérables. Selon la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), elles représentent les trois quarts des entreprises espionnées, en raison de leur manque de budget à consacrer à la protection de leurs données ou par simple manque d’informations sur le sujet. Pour les espions, leurs négligences constituent du pain béni.

  • Smartphone, ordinateur portable, clé usb ou disque dur égarés… La perte des supports de données guette le cadre pressé partout où il va.
  • Cela sans compter le fameux risque de la poubelle. L’étude du Crédoc (le Centre de recherche pour l’étude et observation des conditions de vie) publiée en 2008 et menée auprès de 200 entreprises franciliennes révèle que les poubelles d’au moins 65% des entreprises contiennent des documents confidentiels, et plus de la moitié des poubelles des établissements privés, des documents financiers.
  • Tout cela sans compter « le risque TGV » : toutes ces discussions de travail réalisées entre collègues dans les transports en commun, les TGV, ou les aéroports sont à la merci des oreilles indiscrètes…

L’espionnage industriel à grand échelle
D’autres salariés revendent volontairement des informations confidentielles. Mais « ces salariés espions ne risquent quasiment rien » expliquait il y a peu Franck Bulinge, professeur et expert de l’intelligence économique à l’ISC Paris sur Capital. Tout au plus un licenciement pour faute, quelques milliers d’euros d’amendes et de la prison avec sursis. Bien peu comparé au préjudice infligé à l’entreprise.
Mais la menace peut aussi venir de l’extérieur. Certains grands groupes n’hésitent pas à louer les services d’entreprises spécialisées dans l’intelligence économique : mise sur écoute, filature des salariés, piratage des données… Leurs pratiques sont dignes des James Bond et compagnie, mais le jeu en vaut la chandelle. L’avenir nous dira si c’est le cas pour Renault, qui se dit à l’heure actuelle « victime d’un travail de professionnel ».

Entre punition et solutions
Que ce soit pour négligence ou carrément espionnage, que risquent vraiment les salariés indélicats ? Et surtout, quelles solutions s’offrent aux entreprises ? Déjà, beaucoup d’entreprises ne mesurent pas les risques qu’elles encourent. L’étude du Crédoc explique que 58% des entreprises jettent leurs documents sans prendre la peine de les détruire. Pire, 90% d’entre elles n’ont donné aucune indication en interne en ce qui concerne la destruction de données stratégiques. Une première mesure consisterait donc à sensibiliser les entreprises afin qu’elles informent leurs propres salariés.
Du côté des grands groupes habitués à cet exercice et dont la plupart font signer des clauses de confidentialité à leurs employés, on a trouvé d’autres parades. Cela passe par la diffusion volontaire de fausses informations histoire de tromper l’ennemi. Certaines entreprises vont même jusqu’à embaucher de véritables espions comme consultants ! C’est le cas du géant pétrolier russe Transneft. Il a récemment recruté trois agents des services de renseignement comme « conseillers ». Une mesure radicale mais c’est ce qu’on appelle soigner le mal par le mal.
Mais si le « syndrôme Renault » contamine d’autres entreprises, vous pourrez bien finir par vous demander qui sont vraiment vos collègues…

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Commentaires
  1. Pierre-Antoine
    21 janvier 2011 - 18h47

    Voilà un billet complémentaire à celui que j’ai écrit sur mon blog  » Quand l’affaire dite d’espionnage de Renault illustre les diverses facettes de la sécurité  » (http://acqualin.blog.nordjob.com/in…). Où il est question de Sécurité Industrielle.

    Et où l’on voit que la sécurité de l’information est un sujet ardu où les personnes sont le point le plus sensible. Car les manières de se procurer des infos sur une entreprise sont nombreuses et diverses (en dehors de l’argent et du sexe).

    @ + Pierre-Antoine

  2. muondo
    25 janvier 2011 - 0h48

    c’est lorsque qu’il y a des fuites dans la presse qu’on apprend avec horreur qu’une grande entreprise a été victime d’esponnite mais que fait l’Etat,des domaines devrait etre protégé!

  3. Souad
    23 juin 2011 - 17h44

    Je crois qu’aucune loi ne protège les entreprises de cet espionnage ! Et c’est très grave.

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