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« Les entreprises ne doivent pas rater le virage du bonheur au travail »

C’est une profession dont on parle beaucoup. Mais en réalité, le nombre de personnes qui l’exercent est assez réduit. Et leurs profils sont pour le moment assez différents. « Et le plus souvent, ce sont eux qui ont demandé à accéder à la fonction, préoccupés par le bien-être des collaborateurs » nous explique Amélie Motte, Chief Happiness Officer.

« C’est mon cas à la Fabrique Spinoza » nous raconte la CHO du think tank spécialisée dans le bonheur au travail. « J’avais travaillé sur le projet de l’Université du Bonheur au Travail en 2015. Ma préoccupation sur ce projet était précisément que toutes les personnes impliquées vivent une expérience heureuse. Une fois l’évènement terminé, je me suis rendue compte que c’est cela que j’aimais faire : travailler sur les conditions et les processus favorisant le bonheur des collaborateurs. J’ai donc proposé à la Fabrique Spinoza d’institutionnaliser ce rôle et d’être la personne référente sur le sujet de l’épanouissement des salariés. »

Beaucoup se demandent à quoi sert cette nouvelle fonction « à la mode ». En est-elle vraiment une au final ? N’est-elle pas de la poudre aux yeux ou un « alibi marketing » ? Une chose est sûre, le CHO bashing est plutôt à la mode, lui. En France, on n’aime guère associer bonheur et travail… Pourtant, comment ne pas louer les efforts de ceux qui souhaitent faire de l’entreprise un lieu d’épanouissement ?

Convivialité, communication, RH, organisation

La tendance vient des Etats-Unis. Les premiers CHO, auto-proclamés ou nommés, étaient des directeurs d’entreprise. Il n’y a pas de « parcours type » selon Amélie Motte, car le contenu même de la fonction est encore « assez mal défini et hybride ». Et tous les CHO n’ont pas les mêmes rôles selon les organisations.  « Nous voyons cependant 4 types de profils se dessiner » explique la CHO de La Fabrique Spinoza. « Il y a les profils plutôt axés évènementiel, qui mettent l’accent sur la convivialité des services aux collaborateurs (afterwork, massages, conciergerie…) ; les communicants ; les RH, qui savent qu’ils doivent s’emparer du sujet du bien-être mais sont encore peu nombreux à le faire réellement ou à en avoir la possibilité ;  et les profils ayant une compétence organisationnelle, chargés de la transformation globale de l’entreprise notamment (gouvernance, processus de décisions…). »

Le moteur de recherche d’emploi Joblift a recensé 69 offres d’emploi pour des postes de CHO en France en 2016 et 124 offres de postes dont l’une des missions était de s’occuper du bonheur des collaborateurs. C’est encore peu mais la tendance est à la hausse car c’est 6 fois plus qu’en 2015.

Les entreprises ont différentes options : elles peuvent créer un poste de manière officielle et marquer ainsi leur engagement sur la question du bien-être des salariés, ou faire en sorte que cette fonction soit incarnée par le DRH lui-même sans forcément que ce dernier ait le titre de CHO. « Au final, le poste en lui-même n’est pas important : ce qu’il l’est, ce sont les enjeux derrière la fonction » nous explique Amélie Motte.

Il y a évidemment la question des moyens financiers, entre le grand groupe et la startup de 20 personnes… « Si ce n’est que les startups ont cette notion dans leur ADN alors que pour les grands groupes, cela demande un investissement important » précise la CHO.

« Aucun RH ne s’épanouit dans sa fonction en mettant en œuvre des plans sociaux »

« Faire en sorte que les collaborateurs soient épanouis est en réalité ni plus ni moins que le cœur de métier des RH » rappelle-t-elle. « Soyons clair : aucun RH ne s’épanouit dans sa fonction en mettant en œuvre des plans sociaux ».

Beaucoup de professionnels RH se préoccupent déjà du bien-être de leurs salariés. La corrélation forte entre le bonheur au travail et la performance de l’entreprise a en effet été maintes et maintes fois établie par diverses études. Un collaborateur heureux et en bonne santé est plus performant, il est plus engagé dans l’organisation, il véhicule une bonne image de l’entreprise, ce qui impacte la marque employeur et permet d’attirer des talents… Le travail collaboratif est favorisé et le climat social de l’entreprise également.

« La posture défensive veut que cela ne soit pas du ressort de l’organisation de se préoccuper du bonheur des salariés, qui est une question personnelle. Ce à quoi l’on peut répondre, oui et non, puisque l’entreprise ne doit pas pour autant faire le malheur de ses collaborateurs. Une autre posture consiste à se demander : mais quoi faire ? Il y a en effet une certaine crainte sur ce point : dans quoi s’embarque-t-on lorsqu’on souhaite faire le bonheur de ses salariés… ? »

Une nouvelle manière d’aborder les questions RH en entreprise

Pour Amélie Motte, s’atteler à faire le bonheur de ses salariés, ce n’est pas leur consacrer plus de temps ou plus de moyens mais de changer son regard sur la manière dont l’on exerce sa fonction. Et surtout, veiller à prendre en compte l’épanouissement des collaborateurs dans l’ensemble des processus RH (intégration des nouveaux salariés par exemple…). « Par exemple, prenons le sujet de la déconnexion dans l’entreprise : comment l’aborder pour qu’il procure plus de bien-être aux collaborateurs. Ou licencier quelqu’un : comment faire que ce licenciement se passe « le mieux possible » pour le salarié, si tant est que cela est faisable évidemment ».

« Le CHO est l’ambassadeur, le facilitateur, le chef d’orchestre en quelque sorte ». Contrairement au RH, il n’a pas dans son giron les aspects administratif, juridique et financier de la fonction. Cette partie n’est pas l’essence du métier de CHO. « Je suis à l’écoute de l’organisation, des personnes » nous explique Amélie Motte. « Ainsi, j’arrive à détecter les sources potentielles de ‘malheur’. Changement de pratiques, déménagement, changement dans les processus de décision… Etre à l’écoute permet de relever certains problèmes, certaines frustrations et d’améliorer la vie de tous en entreprise ». Les collaborateurs eux-mêmes ont également plein d’idées desquelles on peut s’inspirer.

En juillet 2017, La Fabrique Spinoza organisait la 2e édition de son Université du bonheur au travail. Un événement très attendu par Amélie Motte et les CHO en général : « Je me retrouve avec des gens comme moi, ayant la volonté commune de faire bouger les lignes et dans une volonté humaniste et non utilitariste ». Les participants sont venus y chercher des éléments solides sur le sujet, des études, des chiffres tangibles sur le lien entre bonheur et performance. L’évènement leur a également permis de témoigner de ce qu’ils ont mis en place dans leur entreprise, et à d’autres de trouver les ressources et idées pour justement mettre en place des choses dans leur organisation. La prochaine édition est attendue fin 2018.

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