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3 à 4 jours à domicile, 1 à 2 jours au bureau : la semaine idéale pour des salariés motivés

Quelle est la semaine de travail idéale ? Celle qui permettrait de renforcer l’engagement des salariés ? Selon une étude américaine, ce ne sont pas ceux qui travaillent depuis chez eux qui sont les plus dévoués, ni ceux qui passent tout leur temps au bureau, ni même ceux travaillant un jour par semaine à la maison… Non, les plus engagés et enthousiastes passent 60 à 80% de leur temps – soit 3 à 4 jours – à travailler depuis leur domicile, mais pas plus ! Des résultats qui ont de quoi désarçonner les employeurs du monde entier…

Dans son « Etat des lieux sur le travail américain » publié en mars 2017, Gallup a interrogé 7000 salariés sur leur engagement au travail et leur a demandé à quelle fréquence ils avaient travaillé de chez eux en 2016. Certes l’étude est américaine mais ses conclusions sont riches d’enseignements…

En 2012, Gallup avait déjà interrogé les salariés américains, concluant entre autres que le « coup de pouce optimal pour favoriser l’engagement » consistait à laisser les salariés travailler 20% de leur temps à domicile (soit 1 jour par semaine). Mais l’enquête indiquait également que ceux ayant passé plus de la moitié de leur temps en dehors du bureau étaient à peu près autant engagés que ceux n’ayant jamais travaillé à distance. Le télétravail était donc encore loin de se présenter comme un levier potentiel d’engagement et de motivation des équipes…

Le travail à distance augmente dans la plupart des secteurs

4 ans plus tard, les choses ont bien changé : le nombre d’employés travaillant à distance 20% de leur temps a diminué alors que celui des personnes travaillant de 40 à 80% du temps à domicile a augmenté. En 2016, 43 % des employés travaillaient à distance au moins une partie de leur temps, alors qu’ils étaient 39 % en 2012. Plusieurs raisons à cela : selon Jim Harter, directeur scientifique de la gestion des environnements de travail chez Gallup, les entreprises se montrent de plus en plus favorables et ouvertes au télétravail, allant même jusqu’à formaliser tout le soutien logistique nécessaire. Selon un sondage de 2016 (SHRM), on constate en effet que 60% des entreprises US offrent à leurs employés des possibilités de télétravail : c’est trois fois plus qu’en 1996.

 « Le meilleur indicateur d’engagement ? Lorsque les travaillent passent la majeure partie de leur temps absorbés par leur travail […]. Et quand vous travaillez à domicile, vous avez plus de chance d’être absorbé par votre travail » (Jim Harter, Gallup)

Aux Etats-Unis, les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier ont connu la plus forte augmentation du temps passé à travailler à distance, suivis du transport, du bâtiment et du commerce de détail. Pourtant familiarisé avec cette pratique, le secteur social, la science, l’ingénierie et l’architecture ainsi que l’éducation, la formation et les métiers de bibliothèque sont à l’autre extrémité de cette tendance : le pourcentage d’employés travaillant à distance y baisse par rapport depuis quelques années…

L’autonomie et la flexibilité, facteurs d’engagement

L’étude Gallup démontre clairement le désir des travailleurs d’être plus autonomes dans la gestion de leur travail et de leur temps. Plus de la moitié des employés (53%) affirment que trouver un emploi leur offrant un meilleur équilibre travail-vie personnelle est « très important » pour eux lorsqu’ils cherchent un nouvel emploi. Un nombre identique d’employés (51%) déclarent qu’ils changeraient volontiers d’emploi pour un poste qui leur offre des horaires flexibles, et 37% feraient de même pour un emploi qui leur offre la possibilité de travailler où ils veulent au moins une partie de leur temps.

Des entreprises plutôt réceptives aux besoins des salariés

Aux Etats-Unis, 67 % des employés se disent non impliqués dans leur travail ou pas depuis un certain temps. 33% seulement sont « engagés ». Et cette crise de l’engagement ne se ressent pas seulement aux Etats-Unis, mais partout dans le monde. Pourtant, de plus en plus d’entreprises s’attèlent à proposer à leurs équipes une organisation du travail flexible avec possibilité de travailler à distance tout comme celle de travailler dans des espaces ouverts pour un environnement de travail plus moderne.  A l’heure actuelle, 70% des entreprises américaines disposent d’open space et elles sont 42% en France selon Bureau Avenue.

Ainsi, les dirigeants entendent le désir d’autonomie et de flexibilité des employés et ont compris que certains emplois pouvaient être exercés à temps partiel. Toutefois, ils voient également que la plupart de leurs employés continuent de travailler à leur bureau et en tirent des bénéfices. En équipe, ils collaborent, échangent, se connectent, ce qui apporte une créativité et une productivité que ne permet pas le travail à distance.

Une flexibilité et une autonomie qui ont des limites

Seul problème : à mesure que le travail à distance se généralise dans l’entreprise, le risque pour la performance des équipes et de l’entreprise grandit. Un constat fait par de grands groupes américains qui ont récemment fait machine arrière sur leur politique en matière de télétravail : Yahoo, Best Buy et Bank of America ont attiré l’attention des médias pour avoir mis fin à leurs programmes de travail à domicile. Dans chacune de ces entreprises, les dirigeants ont invoqué la nécessité d’améliorer le travail d’équipe, la collaboration et la communication comme raison principale de leur choix.

Gallup rappelle ainsi que le télétravail n’a pas de sens dans toutes les entreprises et à tous les postes. Même s’ils doivent prendre en compte les aspirations de leurs salariés, il convient pour les dirigeants d’évaluer l’impact – positif ou négatif – que peut avoir le télétravail sur la manière de travailler dans l’entreprise. Bien que Gallup ait constaté que, dans l’ensemble, le travail à distance pouvait influer positivement sur l’engagement et le rendement des employés, ces gains peuvent varier selon le poste occupé et sont plus perceptibles d’être élevés lorsque les employés maintiennent le lien avec leur « base d’attache ».

Si Gallup concède que l’engagement des salariés est renforcé lorsque ces derniers passent 60 à 80 % de leur temps de travail « hors site » – 3 à 4 jours par semaine sur 5 donc – il semble évident que le modèle optimal soit de maintenir l’équilibre entre travail à distance et temps passé dans les locaux de l’entreprise, au contact des autres collaborateurs.

Source : Washington Post

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Commentaires
  1. Valérie Dousset
    24 mars 2017 - 15h30

    Les entreprises vont effectivement devoir « décentraliser » leurs espaces de travail et les dirigeants s’adapter à ces nouveaux paradigmes. Pour un patron, il est souvent plus tranquillisant d’avoir ses employés « à portée de main ». Il a l’impression de mieux contrôler leur activité, mais il s’avère que lâcher du leste et faire confiance permet finalement d’améliorer la productivité. On peut comparer cela aux pratiques de « Cloud Computing ». Il semble de prime abord plus rassurant de stocker ses fichiers sur son propre disque dur plutôt que « dans les nuages », mais on se rend compte à l’usage qu’il est plus intéressant en termes de performance et même de sécurité de délocaliser ses données. Certains sites spécialisés comme Space & You (www.spaceandyou.fr) permettent d’ores et déjà aux entreprises de trouver et de gérer leurs espaces à distance de manière flexible. Ces espaces peuvent faire office de bureaux, des salles de réunion mais aussi d’espaces événementiels pour organiser des séminaires ou des séances de team-building. Ces pratiques devraient se généraliser dans les années à venir.

  2. CASTET
    29 mars 2017 - 15h53

    Le télétravail isole énormément mais permet de gérer plus facilement la vie de famille ( si la journée à été planifier la veille).

    Béatrice Conseillère de formation.

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