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En Inde, le rythme de travail n’a « rien à voir »

INTERVIEW – Emilie est arrivée en Inde en 2006 dans le cadre du Volontariat International en Entreprise. Depuis, elle a changé d’entreprise, elle habite New Delhi, et occupe un poste de Responsable Marketing. En Inde, elle apprécie « la diversité de religions, de langues, de traditions ». Au travail, l’organisation est très différente, et au quotidien, les inégalités peuvent être déroutantes pour un(e) occidental(e). Mais « l’Inde change doucement » explique Emilie.

En Inde, le rythme de travail n'a rien à voir

Depuis quand êtes-vous expatriée en Inde et pourquoi avoir choisi ce pays ?
Je suis arrivée en Inde le 5 novembre 2006. Un échange de six mois en Espagne dans le cadre de mes études de commerce m’avait laissé sur ma faim et je souhaitais travailler à l’étranger, de préférence en Amérique du Sud. Je me suis orientée vers un V.I.E (Volontariat International en Entreprise), ce qui s’est avérée tâche ardue à trouver, où que ce soit. Du coup, j’ai accepté une proposition en Inde. Je dirais donc que, dans mon cas, l’Inde est plus un hasard qu’un choix ! En revanche, à la fin de mon V.I.E., j’ai fait le choix de rester, et de changer d’entreprise et de ville.
Qu’appréciez-vous de la culture indienne et dans votre quotidien ? 
J’en apprécie la diversité. La diversité de religions, de langues, de traditions en font un pays qu’on ne finit pas de découvrir. Et qui oblige à tout remettre en question, soi-même surtout mais aussi sa culture d’origine.
Chaque jour apporte son lot de surprises. Je ne crois pas avoir éprouvé de monotonie ou d’ennui en presque 6 ans ! Il s’agit plus d’étonnement que de surprises d’ailleurs, du genre « et ça, ça sort d’où ?! » ou « mais où ils vont chercher un truc pareil ? ». Ceci étant-dit c’est parfois fatiguant d’être en permanence sollicitée.
En quoi l’organisation du travail indienne est-elle différente de la manière de travailler en France ? 
Le rythme de travail n’a rien à voir. L’idée de travailler plus vite (ou mieux) pour sortir plus tôt du bureau est peu développée. La société est organisée hiérarchiquement (avec le système des castes) et cela se retrouve dans l’organisation professionnelle où la hiérarchie prédomine avec pour effet qu’un employé fait en général ce que son boss lui demande de faire et rien d’autre. Il n’a presque aucune autonomie ni autorité et n’a pas l’habitude de prendre des initiatives. L’environnement français de mon entreprise est tout le contraire et peu arrivent à s’y faire…
Les Indiens sont créatifs et leur respect des règles étant approximatif, ils arrivent souvent à contourner les problèmes de manière inattendue.
On dit souvent que l’Inde est un pays difficile pour les Occidentaux, du fait de la pauvreté. Qu’en pensez-vous ? 
L’Inde change doucement mais elle change. Ce n’est plus la Cité de la Joie avec des cadavres à chaque coin de rue. Il y a bien quelques atrocités qui vous sont quotidiennement exposées sous le nez comme quelqu’un défiguré par la lèpre. Cela prend beaucoup plus d’ampleur sur les lieux touristiques, et laisse une image vraiment négative aux touristes.
Le plus difficile est de s’habituer aux inégalités. Par exemple, de se battre pour 10 centimes d’euros avec un taxi et d’aller boire une bouteille de vin à 30 euros ; de pouvoir dépenser en un tee-shirt ce qu’on donne chaque mois à la femme de ménage… Il n’y a pas vraiment d’échelle. Quand on finit par accepter ça, on finit par accepter que la plupart des gens ne gagnent presque rien et d’autres énormément. C’est d’ailleurs dans l’ordre des choses dans la société indienne, à l’opposé de la culture judéo-chrétienne qui fait se sentir coupable quiconque a plus que son prochain et qui ne partage pas, surtout quand le « plus » est tellement évident ou ostentatoire, comme en Inde. Il faut arriver à jongler avec tout ça, et ce n’est pas tous les jours facile !
Quels conseils donneriez-vous aux français qui souhaitent s’expatrier en Inde ?
J’aime bien ce dicton qui dit « si tu as de la patience, l’Inde te la fera perdre et si tu n’as pas de patience, l’Inde te la fera gagner ». Et c’est cyclique. Faut y être prêt ! Il faut accepter de ne pas toujours être en situation de contrôle.
D’après mon expérience, moins on a d’attentes, mieux cela se passe. Il faut également être très flexible et essayer en permanence de lire entre les lignes car les indiens disent souvent les choses de manière détournée.
Il ne faut pas oublier que nous sommes est chez eux et il ne faut pas avoir la prétention de vouloir les changer, ça a l’air stupide dit comme ça mais il faut entendre certaines conversations d’expatriés en Inde.
Mais surtout il est impératif d’avoir de l’humour ! Beaucoup de situations sont finalement plutôt cocasses et beaucoup se débloquent avec un sourire plutôt qu’avec une dispute.

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