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Emploi des personnes en situation de handicap : où en sommes-nous ?

handicap112012Chiffres encourageants mais pas tout à fait satisfaisants, mentalités qui évoluent mais peinent encore à trouver un écho suffisant au coeur des programmes de formation, secteurs plus propices que d’autres à l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés… A l’heure où débute la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, un état des lieux s’impose.

 Des statistiques en demi-teinte

D’après la loi, les entreprises de plus de 20 salariés doivent compter dans leurs effectifs au moins 6 % de travailleurs handicapés. Un seuil légal que bien des sociétés peinent à atteindre, se voyant ainsi contraintes de s’acquitter d’une contribution financière auprès de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées), organisme paritaire chargé de récolter et de redistribuer les fonds dédiés au handicap. Sur l’année 2010, les collectes ont toutefois marqué une diminution de 6,8 % par rapport à l’année précédente. Une bonne nouvelle, puisque cette baisse témoigne d’un effort de recrutement mené au sein des entreprises françaises, mais qu’il s’agit malgré tout de nuancer. Et si les collectes pour l’année 2011, perçues cette année, vont se poursuivre jusqu’au 31 décembre, il semble que les statistiques empruntent une direction identique.

Ainsi que le souligne Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph : « si la diminution des contributions indique que l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap est en hausse, il s’agit néanmoins de rester prudents, notamment face à l’augmentation du taux de chômage constaté sur cette même année. »

En effet, après avoir progressé moins rapidement en 2009, le taux de chômage des travailleurs handicapés faisait état, sur 2011, d’une hausse de l’ordre de 11 %, soit une progression deux fois plus importante que pour le reste de la population. Un chiffre qui vient aggraver un contexte déjà préoccupant : en moyenne, un demandeur d’emploi handicapé présente une ancienneté d’inscription à Pôle emploi de 21 mois, contre 14 mois tous publics confondus.

La révolution en marche des mentalités

Première entrave, et première barrière à s’être effacée ces dernières années : les idées reçues et autres a priori. « Impossible de ne pas constater une modification importante des mentalités, souligne en effet Patricia de Kermoysan, directrice du cabinet Défi RH, qui accompagne vers l’emploi des actifs en situation de handicap. Désormais, les recruteurs et les chefs d’entreprise ont cessé d’inscrire au coeur de leurs critères d’embauche les préjugés liés aux situations de handicap, et ne se basent plus que sur les compétences. Les cadres aujourd’hui sont de plus en plus nombreux à effectuer les démarches relatives à la reconnaissance de leur handicap, sans que cela n’occasionne de gêne dans l’exercice de leurs fonctions ou dans le cadre de leur recherche d’emploi. »

Au coeur des préoccupations : la formation

Encourageant, ce constat ne doit pas pour autant faire oublier les difficultés qui persistent, notamment en matière de formation. Car c’est là que le bât blesse lorsqu’il est question de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Ainsi que le souligne Emmanuelle de Lièvremont, directrice diversité et santé au travail pour L’Oréal France : « au niveau du recrutement, nous faisons face à une pénurie dommageable de profils qualifiés, de type Bac +4/5. « Un état de fait qui impose aux entreprises de retrousser leurs manches. « Pour pallier cet obstacle, nous avons choisi chez L’Oréal d’intervenir au coeur même des établissements scolaires, et nous accueillons de nombreux stagiaires en situation de handicap afin de les interpeller sur nos métiers. »

Stages, formations internes ou partenariats noués avec les établissements d’enseignements supérieurs… Les initiatives et leviers d’action sont légion, et l’alternance pourrait y tenir une place de choix. Véritable tremplin pour l’emploi des jeunes, il semble en effet que la formule fonctionne pour tous, travailleurs handicapés y compris. « Les très bons résultats obtenus par le système de l’alternance le prouvent, confirme Pierre Blanc. Entre 2005 et 2009, les signatures de contrats de professionnalisation du public adulte se sont vues multipliées par deux. Mieux : 81 % de ces dispositifs aboutissent pour qui a pu en bénéficier à une certification ou qualification reconnue, et le taux d’insertion sitôt l’obtention du diplôme atteint 64 %, dont un handicapé sur deux en CDI. » Des résultats convaincants, qui attestent de la validité du dispositif, et qui continuent de remporter les suffrages auprès des entreprises.

Des secteurs et métiers plus favorables à l’insertion professionnelle

Autre paramètre incontournable lorsqu’il est question d’emploi et de handicap : les disparités qui continuent d’exister selon les catégories professionnelles et les secteurs d’activité. Champion de l’intégration des travailleurs handicapés ? « Les filières de la banque, de l’assurance, ou encore des télécoms, qui font preuve de besoins importants, et affichent d’une manière générale de larges volumes de recrutement, notamment sur des postes de commerciaux sédentaires, très adaptés aux handicaps physiques, explique Patricia de Kermoysan. Mais certains métiers, notamment dans le bâtiment ou les transports, restent aujourd’hui inaccessibles à plusieurs formes de handicap. » Une nuance qui pourrait résumer l’état des lieux de l’insertion sur le marché de l’emploi des personnes en situation de handicap, entre grands progrès et efforts à soutenir.

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