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Pour « booster le moral » de l’entreprise, le patron oblige ses employées à l’embrasser

En matière de bien-être au travail, les entreprises rivalisent de stratégies. Mais une société chinoise dépasse tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent…

La société basée dans le quartier de Tongzhou à Pékin, qui vend des machines à bière aux particuliers, exige que les membres du personnel féminin embrassent leur patron chaque matin pour, je cite, « améliorer la culture d’entreprise et favoriser la cohésion du personnel ». Et quelle cohésion, quand on sait que plus de la moitié des salariés sont des femmes ! Dans la pratique, ces dames sont tenues se présenter en file indienne, entre 9h00 et 9h30, pour bécoter chacune leur tour le big boss, comme l’explique le média chinois People’s Daily Online qui a rapporté l’affaire.

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Malgré leur réticence à se plier à ce rituel, presque toutes les employées se sont vues contraintes d’accepter cette pratique offensante si elles voulaient garder leur emploi. Seules deux membres du personnel ont refusé et par la suite démissionné.

Pourtant, le patron affirme être tout à fait désintéressé et a expliqué qu’à la suite de plusieurs voyages à l’étranger, il avait pu observer des pratiques similaires, notamment dans une entreprise aux États-Unis. Il prétend ainsi que ces embrassades matinales avaient généré une grande cohésion au sein de la société américaine et que, le patron comme ses employées se sentaient « comme des poissons dans l’eau ».

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La figure forte du dirigeant en chine

L’anecdote peut faire rire jaune, qui plus est avec notre grille de lecture de salariés occidentaux. Mais, si les pratiques scandaleuses de ce patron n’ont rien à voir avec la culture professionnelle de la Chine, il n’en reste pas moins que dans ce pays, le chef est une figure forte et respectée, et dont le statut est incontestable. Dans la revue Annales des Mines – Gérer et comprendre, Dominique Poiroux signe un article très éclairant sur le management à la chinoise*. Se basant sur l’analyse de Philipe d’Iribarne, directeur de recherches au CNRS, cet ancien dirigeant de l’activité de biscuits de Danone en Chine, explique ainsi que malgré la mondialisation des échanges et la place de la Chine sur le marché international, les entreprises chinoises n’ont pas « occidentalisé » leurs pratiques managériales. « De l’intérieur, les méthodes managériales sont très déroutantes » assure-t-il, avant d’expliquer que « la face sombre du quotidien est faite de méthodes d’entraînement paramilitaires, de culte de la personnalité, de sanction des fautes (en suivant un dicton chinois selon lequel il faut « tuer le poulet et le montrer aux singes » – « Sha Ji Gei Hou Kan ») et de promotion d’actes héroïques ». Des modes de pensées difficiles à comprendre depuis l’Europe, mais qui font partie intégrante des spécificités culturelles chinoises.

* « Management à l’occidentale et management à la chinoise. Commentaire d’un praticien sur l’article de Philippe d’Iribarne : « En Chine, entre guanxi et bureaucratie céleste » », Annales des Mines – Gérer et comprendre 2/2009 (N° 96)

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