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Egalité professionnelle entre femmes et hommes : les entreprises auront trois ans pour agir

A compter d’aujourd’hui, mardi 6 novembre 2018 à 15h35 précisément, les européennes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année !

L’écart salarial entre les femmes et les hommes ne disparaît pas et il y a très peu ou pas d’amélioration : on bute toujours sur le fait qu’un homme et une femme rentrés à même niveau de qualification n’auront pas le même déroulement de carrière, donc pas le même salaire. Une situation qui pourrait cependant changer, petit à petit.

De plus en plus d’entreprises mettent en place des accords, et l’État commence à prendre le problème au sérieux. En effet, Muriel Penicaud, ministre du Travail, a annoncé une mesure forte. Dès le 1er janvier 2019, les entreprises de plus de 50 salariés devront mesurer les écarts de salaires. En cas de différences, elles auront trois ans pour agir. Dans le cas contraire, elles s’exposeront à une amende correspondant à 1 % de leur chiffre d’affaires.

#6Novembre15h35

Après le succès des mouvements #7Novembre16h34 en 2016 et #3Novembre11h44 en 2017 dénonçant les inégalités des salaires, le collectif féministe Les Glorieuses lance #6Novembre15h35, leur troisième appel pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes. Parmi les actions choc développées par cette « communauté de femmes soudées », on retiendra notamment la mise en place d’un compteur qui vous permet de savoir combien vous gagneriez en plus si vous étiez un homme (on vous le conseille, c’est édifiant!). À poste égal, une femme gagne en moyenne 9 % de moins qu’un homme. Tous postes confondus, les femmes touchent un salaire 24 % inférieur à celui des hommes (17 740 contre 23 260 euros en revenu annuel net) et l’écart salarial atteint 37 % en fin de carrière.

Déjà des accords mais des effets trop limités

Cette nouvelle mesure annoncée par le gouvernement va-t-elle vraiment changer les choses ? Pas si sûr. En France, le principe d’égalité professionnelle est, depuis longtemps, rappelé par la loi, et les textes s’accumulent depuis 1983. Mais rien n’y fait. Par exemple, depuis 2012, les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation de négocier un accord sur l’égalité professionnelle. Or seules 39 % d’entre elles l’ont fait comme l’a démontré une récente étude de la DARES intitulée L’égalité professionnelle est-elle négociable? 

À lire également :
Les chiffres de l’inégalité hommes/femmes en 2018

Pour trouver un emploi, mieux vaut s’appeler Thomas que Julie

Les femmes sont aussi victimes de discriminations dès l’embauche. En effet, selon un testing organisé par l’association Fondation des femmes et rendu public lundi, une femme qui postule à un emploi considéré comme masculin (chauffeur livreur, soudeur, maçon …) a 22 % de chances en moins qu’un homme de se voir proposer un entretien d’embauche. L’inégalité de traitement atteint même 35 % pour un poste de chauffeur-livreur. Pour arriver à ces résultats, les auteurs de l’étude ont répondu à 451 offres d’emplois : 173 pour un poste de chauffeur-livreur, 185 pour un emploi de mécanicien automobile et 93 pour un poste de jardinier – des secteurs où les employeurs peinent à recruter. A chaque offre, ils ont répondu en envoyant les CV de deux demandeurs d’emploi fictifs, Julie et Thomas (en veillant à ce que le dossier de Julie parvienne en premier au recruteur). Les deux candidats ont le même âge, des diplômes et expériences professionnelles similaires. Pourtant, Thomas a été recontacté en vue d’un entretien par 168 entreprises ou collectivités, et Julie par 131 seulement. Preuve que nous sommes loin, encore loin de l’égalité professionnelle, salariale et économique entre les femmes et les hommes. Alors qu’est-ce qu’on attend pour briser le plafond de verre ?

À lire également :
Les inégalités de salaire H/F se réduisent mais restent importantes

(istockphoto.com/ferrantraite)

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