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Egalité, mixité, diversité… leviers de performance

women_matterEt l’accroissement du nombre de diplômées, qui constitue pourtant un vivier, ne changera pas la donne à lui seul. Or, de nombreux chercheurs ont étudié l’influence de la présence de femmes dans les entreprises depuis une vingtaine d’années. Tous sont d’accord : les entreprises ayant une plus forte représentation de femmes dans leur comité de direction ou leurs équipes de management sont les plus performantes. Alors pourquoi cet argument a-t-il eu si peu d’échos sur le marché du travail ?

Un impératif économique

« Dès 1992, Felice Schwartz invoquait la féminisation des entreprises comme impératif économique » explique Sophie Landrieux-Kartochian, Maître de Conférences à l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne1. Mais il faudra attendre 1997 pour qu’une première étude établisse un lien direct entre féminisation et performance des entreprises. La notion ne date donc pas d’hier…

Au-delà du principe de justice sociale, l’Etat a donc tout intérêt à s’emparer fermement de cette problématique, ne serait ce que pour une question économique. « La présence de femmes au sein des conseils d’administration permettrait de renforcer l’indépendance des administrateurs – les conseils d’administration qui incluent des femmes ont un taux d’assiduité de leurs membres plus élevé et exercent un contrôle accru sur les dirigeants – et de multiplier les différences de points de vue et de style de décision, améliorant ainsi la gouvernance [Adams et Ferreira, 2008] », rappelle Sophie Landrieux-Kartochian.

En offrant des conditions de travail optimales

Certains aménagements ergonomiques sont nécessaires à un meilleur accueil des femmes comme par exemple la qualité des installations sanitaires, allègement des charges physiques…

A La Poste, la féminisation massive du métier de facteur a conduit à des améliorations ergonomiques qui sont en réalité devenues indispensables dans la perspective du vieillissement du personnel rapporte le rapport « Mixité professionnelle et performance des entreprises, le levier de l’égalité ». Chez EDF, la présence de femmes chimistes a conduit à l’allègement de l’ensachage de sacs de produits, et la présence de monteuses-électriciennes a amené à l’utilisation d’une perche (pour réparer les lignes) deux fois moins lourdes.

Ces améliorations peuvent bénéficier à tous, et devenir in fine un facteur de performance.

Pallier à la pénurie de talents

Les bénéfices de la féminisation sont multiples. « La diversité améliore les processus de décision » souligne le professeur Michel Ferrary : « Plus il y a un mélange de femmes et d’hommes, plus l’entreprise accroît son vivier de talents ».

Un postulat défendu par le premier rapport¹ « WomenMatter » du cabinet Mc Kinsey&Company de 2007 : « La mixité, levier de performance dans l’entreprise. » Au regard des chiffres de cette année là, une pénurie de 24 millions de personnes actives est à prévoir en 2040. Si le taux d’emploi de femmes atteignait celui des hommes, cette pénurie serait de seulement 3 millions d’actifs ! Face au manque de certains profils en Europe, les entreprises ne peuvent plus se priver du vivier de talents que constituent les femmes.

La notion de « Gender marketing »

La mixité amène également d’autres bénéfices indirects : une meilleure créativité des équipes, l’accès à de nouveaux marchés, la création de nouveaux produits, l’amélioration de l’image, l’augmentation de la fidélité, la satisfaction des consommateurs…

De plus, à l’heure actuelle, le marché est en majorité constitué de consommatrices.

Les femmes interviennent dans 70% des processus de décision d’achat² et sont de plus en plus indépendantes à tous niveaux, notamment financier. Ainsi, selon lui, « avoir des femmes dans une équipe permet de mieux comprendre le marché, tout simplement ». Cette notion de « gender marketing » s’est développée aux Etats-Unis il y a une quinzaine d’années déjà, mais l’est encore très peu dans l’Hexagone.

Un impératif, pas une priorité

En 2009, la troisième édition de WomenMatter menée auprès de 800 dirigeants d’entreprises de tous secteurs et de toutes les régions du monde, révèle pourtant que la crise n’a pas changé les priorités en matière de mixité dans les entreprises. « Plus troublant encore, l’impact positif de la mixité sur la performance des entreprises n’est pas reconnu par tous les managers » rapporte Mc Kinsey.

En 2010, dans son quatrième rapport, Mc Kinsey confirme à nouveau cette année-là que les entreprises qui ont une plus forte représentation de femmes dans leurs comités de direction sont aussi les plus performantes financièrement. Mieux, 62% des dirigeants de directions générales sont convaincus qu’avoir des équipes de direction mixtes a un impact positif sur la performance financière des entreprises. Cependant, sur les 1500 dirigeants interrogés dans le monde en 2010, peu prennent des mesures pour développer la présence des femmes dans leurs équipes de direction et la mixité ne fait pas toujours partie de leurs priorités.

Notes bas de pages :
1. Landrieux-Kartochian Sophie, « Femmes aux commandes, entreprises performantes ? », Travail, genre et sociétés, 2010/1 n°23, p171-179. DOI : 10.3917/tgs.023.0171
1. WomenMatter : « La mixité, levier de performance dans l’entreprise », Mc Kinsey&Company, 2007.
2. Étude « Think tank : Marketing women – The Gender Factor », P. Crush. 2003

Retrouvez cet article dans le guide « Emploi au féminin – 2ème édition »

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