Fermer
menu

« Effet Weinstein » : vers un Noël d’entreprise sans alcool ?

Suite à l’affaire Weinstein, il se pourrait bien que le fameux pot de Noël de votre entreprise en soit changé à jamais ! Dans un article intitulé « Sous l’ère Weinstein, les fêtes de bureau se dégrisent », le Boston Globe s’est penché sur un phénomène conséquent à l’affaire : beaucoup d’entreprises ont décidé de réduire la consommation d’alcool lors de leur pot de fin d’année voire pour certaines de carrément annuler ce rendez-vous… Drastique nous direz-vous, mais aux Etats-Unis, les dénonciations en matière de harcèlement sexuel au travail ont pris dans telles proportions que plus aucune entreprise n’est à l’abri du scandale. Alors on s’en protège comme on peut… Quitte à contourner le fond du problème.

Le Noël de l’entreprise : attention terrain glissant

Un récent sondage américain révèle même qu’en cette fin de l’année 2017, les responsables des ressources humaines ressentiraient une certaine appréhension à l’approche de la fête annuelle de l’entreprise. Selon un sondage réalisé par la firme américaine d’outplacement de « Chicago, Challenger, Gray & Christmas Inc. » auprès de 150 RH, le nombre d’entreprises qui servent de l’alcool pendant les fêtes de fin d’année est appelé à baisser sensiblement par rapport à 2016, passant de 62 % à 49,7 %*. Si la baisse est légère, les employeurs américains seraient actuellement « très réticents à créer un environnement où des contacts inappropriés entre les employés pourraient se produire » selon Andrew Challenger, vice-président de Challenger, Gray & Christmas, Inc. « Pour créer un environnement plus sûr, le meilleur moyen est de limiter le nombre d’invités, d’organiser la fête pendant la journée de travail et d’éviter de servir de l’alcool ».

Vers un gel des soirées de Noël trop arrosées

L’entreprise Vox Media (propriétaire de The Verge notamment) a ainsi déclaré à son personnel la semaine dernière dans un courriel interne qu’il prévoyait mettre l’accent sur le buffet et de réduire la quantité de boissons alcoolisées pour sa soirée de fin d’année. Une initiative qui fait partie d’une politique globale de l’entreprise de lutte contre le harcèlement sexuel, après que la compagnie ait congédié son directeur de la rédaction en octobre 2017 suite à des accusations faites à son encontre.

Voici le contenu du mail interne envoyé par Vox Media :

« Cette année, à la demande de beaucoup d’entre vous, nous allons augmenter la nourriture et réduire les boissons. Il y aura plus de hors-d’œuvre passés pour garder tout le monde bien nourri. Et au lieu d’un open bar, chaque participant recevra deux tickets de boissons avec lesquels il pourra se procurer des boissons alcoolisées s’il le souhaite. Après cela, seules les boissons non alcoolisées seront disponibles.

Nous reconnaissons que même si l’alcool n’est pas toujours la raison d’un comportement non professionnel, la création d’un environnement qui encourage la surconsommation y contribue certainement. Nous espérons que vous appréciez tous l’esprit de ce changement et nous sommes impatients de célébrer avec vous ! »

D’autres entreprises ont pris la même initiative.

Une occasion qui donnerait des « idées coquines » aux employés

Si l’alcool entraîne des comportements incorrects chez certains employés ou managers, un récent sondage note que le Noël de l’entreprise donnerait en effet de drôles idées aux employés. Selon l’enquête menée pour Lelo, une marque d’accessoires coquins, 40 % des personnes interrogées avouent avoir déjà batifolé dans les locaux de leur travail lors d’une fête de Noël organisée par leur entreprise. 83% seraient même prêts à recommencer cette année.

Le sondage pourrait faire sourire si ce n’est que pour beaucoup de « fautifs », l’alcool serait en cause : 31 % déclarent ne pas comprendre comment ils sont arrivés à se retrouver dans une telle situation. Et 78 % mettent leur écart sur le compte de l’alcool. Mais tous les secteurs ne seraient pas propices à ce genre d’aventure. Les vendeurs et commerciaux seraient ainsi les plus adeptes de la partie de jambes en l’air à Noël. Suivis des professionnels de la santé (12%) ou encore des transports (9%)…

Avec #MeToo, finies les excuses bidons

Le bon côté des choses, c’est qu’avant vous vous sentiez obligé de trouver des excuses pour ne pas aller au pot du bureau sans évoquer la vraie raison : les collègues lourds et alcoolisés. Désormais, le hastag #MeToo vous permet d’être honnête sur ce pourquoi vous avez toujours tenté d’éviter le Noël de l’entreprise comme l’explique la journaliste Jean Hannah Edelstein dans son article rédigé pour The Guardian : « #MeToo signifie que je peux être honnête au sujet de ce pourquoi je saute des fêtes de Noël de bureau ». Après avoir été agressée sexuellement lors d’une de ces soirées, la pensée des collègues, de l’alcool et des lumières de Noël réunis lui glaçait littéralement le sang…

Le team building à la rescousse

Du côté des employeurs, on ne plaisante pas (ou plus) et tous les moyens sont bons pour limiter les comportements déviants. En d’autres termes, vous ne risquez pas, outre atlantique notamment, de voir vos collègues et managers se mettre la tête à l’envers. Mais l’affaire Weinstein étant encore dans tous les esprits, tout le monde devrait se tenir plus qu’à l’accoutumée selon David Adler, le fondateur de BizBash, qui suit les tendances dans l’industrie événementielle.

Finies les soirées de fin d’année « open bar ». Cette année, l’heure est au team building et à la réalisation d’œuvre de charité entre collègues, comme l’analyse une journaliste du New York Times dans son billet : « De Ho, Ho, Ho à Non, Non, Non ! Les fêtes de bureau sentent le froid ». Bowling, escape games, tickets de boissons et événements de taille gérable… Ces changement ne sont pas économiques, puisque que les entreprises se portent bien et accordent du budget aux fêtes de fin d’année (décoration de Noël, cadeaux, etc.). « L’effet Weinstein » qui a tout simplement frappé.

Les pots de Noël ont beau être bons pour le moral des dirigeants et de leurs salariés, pas question d’accepter la moindre dérive cette année ! Selon les « observateurs », les Noël des entreprises en 2017 seront moins exagérés qu’ils ne l’étaient, les employeurs cherchant à limiter leur responsabilité et à empêcher les employés de se livrer à des excès. Les femmes les en remercieront.

* Holiday Party Survey Report 2017 de Chicago, Challenger, Gray & Christmas Inc.

Recevez l'essentiel de l'actualité RH

En vous abonnant, vous acceptez les CGU

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.