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L’ESS : une alternative économique porteuse d’emploi

5e edition ess200.000 entreprises, 600.000 recrutements à venir d’ici 2020, 2,3 millions de salariés, 51 milliards d’euros de masse salariale, 10% du PIB français… Les chiffres concernant l’économie sociale et solidaire (ESS) sont impressionnants. Preuve que ce secteur est devenu un acteur à part entière de l’économie française, un ministère lui est aujourd’hui consacré. Les enjeux sont d’autant plus importants que les emplois créés ou consolidés par l’économie sociale et solidaire sont le plus souvent non délocalisables. Et tous les secteurs d’activités sont représentés : de la banque à la culture, « ces entreprises sont les coopératives, les mutuelles, les associations, les structures de l’insertion par l’activité économique, les fondations… », détaillent ses acteurs .

Si le terme d’ESS apparaît dès le 19ème siècle, cette économie n’a vraiment pris son envol que récemment. « Au cours des dix dernières années, quelque 82 000 entreprises ont été créés dans le cadre de l’économie sociale et solidaire », souligne Alban Maillard, secrétaire général de la Carac, première mutuelle d’épargne de France. Et durant cette même période, elle a créé plus d’emplois que le secteur traditionnel. Malgré ce succès, qui connaît vraiment l’ESS ? Le mois qui lui est actuellement consacré un peu partout en France devrait permettre de faire le point sur cette économie encore un peu à part.

Un salarié, une voix

Car c’est bien d’une économie alternative dont il s’agit. Ainsi dans chaque structure de l’ESS, un homme représente une voix, chacun participant démocratiquement aux décisions de l’entreprise. « Cela oblige à prendre le temps de la réflexion. Si cette organisation peut sembler un peu pesante, au moins les entreprises de l’ESS n’ont pas de vue courtermiste », poursuit Alban Maillard. Surtout, cela permet d’impliquer les salariés et donc, plus prosaïquement, d’augmenter l’efficacité de ces entreprises.

Les bénéfices des entreprises sont eux directement réinjectés au cœur de la structure, sans alimenter de personnes tierces à la société. Quant aux modes de financement des entreprises, le plus souvent il ne tient qu’à la bonne volonté de personnes réunies autour d’un projet commun, porteur de sens. Comme le rappelle Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, l’ESS pallie alors à des « besoins sociaux qui ne sont pas satisfaits ».

Cette économie peut-elle pour autant encore grandir ? « Aujourd’hui, il faudrait passer à la vitesse supérieure et dépasser les seules initiatives locales », estime Alban Maillard. D’autres y croient également. Ainsi, dans une interview donnée à Libération, Claude Alphandéry, figure historique de l’ESS, juge que cette économie jouera probablement un jour un rôle dans le secteur automobile, enfoncé dans une crise profonde. Mais comme l’ESS fonctionne sur le long terme, « cela demandera du temps », juge Alban Maillard.

Pour aller plus loin, nous avons posé trois questions à Alban Maillard, secrétaire général de la mutuelle Carac :

Malgré la crise, l’ESS semble en bonne santé, comment l’expliquez-vous ?
D’une part parce que la crise est avant tout une crise financière. L’ESS, elle, fonctionne sur des mécanismes non-financiers. D’autre part, les secteurs d’interventions des entreprises de l’ESS sont peu concurrentiels. Les besoins de financement de ces entreprises sont également moins importants donc moins sujets aux soubresauts économiques.

Précisément, comment les entreprises de l’ESS se financent-elles ?
Le premier financeur, c’est l’épargnant. De nombreux établissements spécialisés permettent de souscrire à des produits d’épargne classique, assurance-vie, livret, etc. dont une partie des encours alimentent une ribambelle d’acteurs de l’ESS. Le deuxième moyen, c’est l’entreprise elle-même. Une loi impose que 10% de ces fonds soient réinjectés dans l’ESS. La troisième voie possible c’est d’adhérer en tant que particulier directement au capital d’une entreprise solidaire.

Locale, solidaire, qui fait sens… L’ESS semble totalement dans l’air du temps ?
Totalement ! Et ça ne fait que progresser. Les pouvoirs publics vont encore aider un peu plus ce secteur en injectant 500 millions d’euros dans l’ESS pour développer des projets innovants. Les acteurs publics ont bien compris l’importance de projets à long-terme. Actuellement vous avez 3 millions de chômeurs en France, de nombreuses entreprises ferment car la rentabilité exigée par les actionnaires est insuffisante, les entreprises de l’ESS sont à l’opposé de ce fonctionnement. S’il est évident qu’une société doit être rentable, les taux de rentabilité ne doivent pas pour autant être démesurées. L’ESS peut donc apporter des réponses concrètes à la crise de l’emploi.

Voir le programme du mois de l’ESS

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Commentaires
  1. Alice
    29 novembre 2012 - 6h44

    Sans ces chiffres donnés dans ce texte, je n’aurai jamais su que l’économie sociale et solidaire occupe une place si importante dans notre économie nationale. je trouve que c’est une bonne chose pour les travailleurs et les institutions concernées.

    Alice

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