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Droits des femmes : l’ère du changement ?

ComitefemmesVendredi 30 novembre se tenait le premier Comité interministériel aux droits des femmes depuis 12 ans ! Un évènement destiné à saluer l’engagement du gouvernement dans la lutte contre « les inégalités d’habitude » dans la société…
Animé par Jean-Marc Ayrault, ce comité interministériel a pour objectif précis de « définir une feuille de route ambitieuse pour l’égalité entre les sexes ». Pour son lancement, il a d’ailleurs rappelé des principaux chiffres concernant les droits des femmes. Un récapitulatif qui nous montre que l’égalité n’est vraiment pas gagnée… Mais l’arsenal de mesures présenté vendredi dernier par le Premier ministre semble marquer un tournant dans la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes.

Aux racines du sexisme ordinaire

Globalement, 64% des français reconnaissent malgré eux véhiculer des stéréotypes sexistes. Parents, professeurs, médias… Tous sont concernés. Ainsi, les petites filles sont vouées à être des littéraires et les garçons sont naturellement doués pour les maths nous dit-on. Résultat : seulement 60% des jeunes filles se jugeant très bonnes en maths vont en 1ere S contre 80% des garçons. Ce qui amène à un cloisonnement jusque dans les métiers : les métiers mixtes ne représentent que 10% de l’emploi total en France.
Afin de combattre les inégalités dès le plus jeune âge, le gouvernement a décidé de faire de 2013 « une année de mobilisation pour l’égalité à l’école ». En primaire par exemple, un « ABCD de l’égalité » sera créé. Mais cette promotion de l’égalité se fera « à tous les stages de l’éducation ».

Des contraintes familiales qui pèsent

Les tâches familiales pèsent encore majoritairement sur les femmes. Celles-ci consacrent 80% de temps de plus que les hommes aux tâches ménagères. Les derniers chiffres sont impressionnants : 60 milliards d’heures de travail domestique ont été réalisées en France en 2010 d’après l’Insee. Et en 25 ans, le temps que les hommes ont dédié aux tâches ménagères n’a augmenté que de… 6 % ! Enfin, selon l’Insee, 26% des femmes arrêtent carrément leur activité à l’arrivée d’un enfant (contre seulement 3% des hommes) et seulement un enfant sur deux est en garde.
Améliorer l’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle est l’un des objectifs phares du gouvernement. En cela, le développement des solutions d’accueil du jeune enfant (0 à 3 ans) constitue une priorité. Un possible redéploiement de la scolarité avant 3 ans est également à l’étude…

Précarité et inégalités en conséquence

Les inégalités à la maison en amènent d’autres : près d’une femme sur trois travaille à temps partiel contre un homme sur quinze. Conséquence : 2,7 millions de femmes vivent avec un bas salaire en France. Une situation qui ne convient pas forcément aux travailleuses puisque un tiers de celles-ci aimeraient travailler davantage…
Au final, les femmes gagnent 27% de moins que les hommes (temps partiel, responsabilités moindres…). Un écart qui, à poste et niveaux égaux de formation, reste de 9%. Idem dans le service public : entre mai et octobre 2012, 20% des nominations aux emplois de cadres dirigeants de cadres concernaient des femmes. Elles ne représentent que 14% des conseillers généraux (2011) et 18% des emplois de direction dans la fonction publique territoriale…
Concernant le temps partiel, la question d’un « horaire minimal de travail » a été posée et sera à l’ordre du jour des négociations avec les partenaires sociaux début 2013. Et pour réduire les écarts salariaux, le gouvernement envisage également de renforcer les contrôles en entreprise en proposant de meilleurs outils à l’Inspection du travail.

Vers une révolution ?

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’a pas hésité à parler d’ « avènement d’une troisième génération des droits des femmes » afin de démontrer son engagement. Au Ministère des droits des femmes on parle même de « mini-révolution ». La lutte contre les violences faites aux femmes, les inégalités hommes-femmes en matière de santé ainsi que l’affirmation du droits des femmes à l’international font également l’objet de mesures encadrées par le Comité. Autant de propositions auxquelles on a fortement envie de croire et qui semblent sonner l’ère du changement.

Pour accompagner sa campagne en faveur de l’égalité, le 22 novembre dernier à Lyon, le Ministère organisait une série de 8 conférences sur les stéréotypes sexistes dans la société intitulée « Sexisme, c’est pas mon genre ». L’ensemble de la soirée sera diffusée prochainement sous la forme d’une web-série sur le site femmes.gouv.fr.


Extraits de la conférence « Sexisme, c’est pas… par Najat-Belkacem

A lire sur LeMonde : l’interview de Najat Vallaud-Belkacem. Plus d’infos sur le site comite-femmes.gouv.fr

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