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Diversité et handicap : l’humour plus fort que les préjugés

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La web-série « J’en crois pas mes yeux » fait son retour avec une cinquième saison. Depuis 2010, ce programme sensibilise aux questions de handicap par l’humour avec beaucoup d’audace. La 5ème saison – le Brief – s’attaque maintenant aux sujets « diversité » avec toujours autant de mordant. 30 épisodes dans lesquels on retrouve Cyrille de Lasteyrie (alias Vinvin) mais aussi Grégory Cuilleron qui joue le « top guest ». Côté écriture Klaire fait Grrr vient aussi mettre sa patte aux côtés du réalisateur Henri Poulain.
A l’origine de la série J’en crois pas mes yeux (JCPMY pour les intimes), une rencontre entre Jérôme Adam et Guillaume Buffet. Jérome Adam, entrepreneur aveugle depuis l’âge de 15 ans, a bien voulu répondre à quelques questions sur la force de l’humour en matière de sensibilisation au handicap et à la diversité. Et si le rire était une arme de construction massive du vivre ensemble ?

Comment est née l’idée d’une web-série humoristique sur le handicap ?

C’est une idée toute simple que j’avais en tête depuis des années. Face au handicap beaucoup de personnes sont maladroites, ou ont peur de faire des gaffes. Par exemple quand on discute avec une personne aveugle et qu’on lui dit « tu vois ce que je veux dire ? » on se reprend en disant « enfin euh, non tu vois pas mais bon …» L’humour permet de lever cette gène. En parlant avec Guillaume Buffet, nous avons eu l’idée d’en faire une web-série. L’idée de départ c’était ça : lever le sentiment de maladresse face au handicap, mettre en scène ces moments vécus comme des situations cocasses dont on peut plaisanter.

L’objectif c’est que chacun puisse se mettre à la place de l’autre, pour mieux se comprendre…

Oui car trop souvent on a tendance à opposer les personnes valides et celles qui ont un handicap. « Si tu prend ma place, prends aussi mon handicap » est un slogan efficace, le message est percutant et on s’en souvient, mais il stigmatise aussi et oppose les personnes. Si on ne sent pas concerné par le sujet du handicap, si on n’a pas de proches qui vivent cette situation, il y a peu de chances pour que ça attire notre attention. Avec l’humour au contraire on peut faire en sorte que les gens s’intéressent à un sujet étranger à leur quotidien. L’humour est capable de créer du lien entre les valides et les personnes handicapées.

L’humour sur ces sujets comme sur d’autres est une arme efficace pour lever les stéréotypes et désamorcer les tensions ?

Effectivement et l’idée c’est aussi de jouer sur l’effet de surprise. En plaisantant et en rigolant sur des sujets dits « sérieux » on est plus enclins à parler et apprendre des choses. La surprise et l’humour sont aussi des ressorts viraux qui permettent de partager le message sur les réseaux sociaux, et là encore d’ouvrir le débat et la discussion.

C’est la 5ème saison de j’en Crois pas mes yeux, chaque année vous abordez de nouveaux sujets avec en 2015 une ouverture sur les sujets de diversité, pas seulement le handicap…

Pour définir les thèmes des différentes saisons nous travaillons étroitement avec les entreprises partenaires. La première saison traitait de handicaps spécifiques, liés à la vue par exemple, ou la question du handicap invisible. Ensuite nous avons montré des situations en entreprise. Pour la cinquième saison, intitulée « Le Brief », nous avons élargi en effet à des sujets de diversité en mettant en scène une agence chargée de réaliser un clip sur le handicap justement. C’est une sorte de mise en abyme. Pour le choix des sujets, même si nous avons des demandes particulières des entreprises partenaires, nous gardons toujours une liberté d’écriture totale. Chaque saison nous permet d’aller plus loin dans l’humour.


Episode 9 – Invirables STFR-AD par JCPMY

Sur les questions de handicap, de diversité, peut-on vraiment rire de tout ? Comment fixez-vous la limite ?

Notre limite évidemment c’est de ne blesser personne. Toutes les scènes sont inspirées de situations vécues, que nous avons connues personnellement, ou des expériences que les entreprises partenaires de la série nous font remonter. La série se moque des situations, jamais des personnes, c’est là que se trouve la limite qui nous permet de « rire de tout, mais pas avec n’importe qui », comme disait Pierre Desproges.

L’humour permet aux entreprises de sensibiliser plus facilement aux questions de diversité, l’outil vidéo est aussi particulièrement adapté…

Quand on a démarré la première saison en 2010, il existait très peu de vidéos sur le handicap. Le film «Intouchables» n’était pas encore sorti, c’était assez novateur. Aujourd’hui, la vidéo et le handicap c’est quelque chose qui fonctionne très bien.


Episode 8 – Savoir aimer ST FR par JCPMY

Votre série a reçu beaucoup de prix dans des festivals de films d’entreprises, c’est le signe que les mentalités changent et que le travail de sensibilisation finit par payer ?

Ce qui est clair c’est que nous ne sommes plus les seuls à jouer sur le ton décalé et l’humour pour sensibiliser. Il suffit de regarder le dernier palmarès du Festival dans la Boite où nous avons reçu le Grand Prix du Jury. Quasiment toutes les vidéos primées étaient sur ce registre. Ça veut dire qu’il n’y a plus vraiment de tabou, à part peut-être quand on aborde la diversité sous l’angle des questions de religion, où il y a finalement plus d’appréhension que sur les questions de handicap.

Le leitmotiv de la série « faites l’humour pas la guerre » n’a jamais été autant d’actualité…

C’est vrai que ce slogan nous guide depuis longtemps et il prend encore plus son sens après les événements de janvier. Il y a encore des sujets tabous dans les entreprises, comme la religion ou l’homosexualité. Mais c’était le cas aussi du handicap il y a 6 ou 7 ans. On peut désormais faire de l’humour sur le handicap, ça veut bien dire qu’on peut avancer de la même manière sur d’autres sujets.

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