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Discriminations au travail : « massives » et « généralisées »

Selon un rapport de chercheurs, une quinzaine de grandes entreprises françaises discriminent de manière "massive".

Pour élaborer ces résultats, le comité de chercheurs a envoyé 17 600 candidatures et demandes d'informations -fictives- à 103 grandes sociétés de six régions françaises. A chaque fois : deux profils identiques mais dans un cas avec un patronyme maghrébin et dans l'autre un patronyme d'origine française. (GettyImages/Motortion)

Selon un rapport (édifiant) de chercheurs de l’université Paris Est Marne-la-Vallée, il y a 20 % de chances en moins d’obtenir une réponse d’un recruteur pour un candidat d’origine supposée maghrébine par rapport à un candidat au patronyme « franco-français ».

103 grandes entreprises testées

Pour élaborer ces résultats, le comité de chercheurs a envoyé 17 600 candidatures et demandes d’informations -fictives- à 103 grandes sociétés de six régions françaises. A chaque fois : deux profils identiques mais dans un cas avec un patronyme maghrébin et dans l’autre un patronyme d’origine française. L’étude révèle également qu’il y a 30 % de chances en moins d’être recontacté après une candidature spontanée. Sur les 103 entreprises testées, une quinzaine discrimineraient plus massivement que les autres.

« On se rend compte qu’alors même que les grandes entreprises sont censées être mieux armées pour lutter contre les discriminations liées aux origines, elles discriminent

« On se rend compte qu’alors même que les grandes entreprises sont censées être mieux armées pour lutter contre les discriminations liées aux origines, elles discriminent. Certaines entreprises sont engagées dans des labels, signent des chartes, et on s’aperçoit avec les chiffres qu’elles traitent différemment les candidats. L’intérêt et la nouveauté de cette étude, c’est qu’on peut produire ces pourcentages au niveau même de chaque entreprise », souligne Yannick Lhorty, chercheur à l’origine de cette campagne de testing sur France Inter. « Les plus grandes entreprises de France ont de bonnes raisons de recruter dans l’égalité, sur le seul critère de l’aptitude. Elles comptent parmi les leaders mondiaux de leur domaine d’activité et sont soumises à une forte concurrence internationale qui les oblige à l’excellence dans leur politique de recrutement. Elles disposent de puissantes directions de ressources humaines et des moyens d’organiser des processus de recrutement garantissant l’égalité formelle des candidats. Elles sont de surcroît engagées dans des démarches de responsabilité sociale d’entreprise, membres de clubs pour la promotion de la diversité, signataires de chartes, bénéficiaires des labels égalité et diversité. A tous les égards, les grandes entreprises de plusieurs dizaines de milliers de salariés comptent sans doute parmi les plus exemplaires du respect de l’égalité dans le recrutement », ajoute-t-il.

Un « name and shame » passé sous silence

Selon France Inter, le gouvernement ne souhaite pas donner le nom des entreprises concernées. Visiblement, le ministère du Logement et de la Ville, en charge de ce dossier, dit vouloir travailler d’abord avec les entreprises fautives, avant de décider de la pertinence de faire du « name and shame ».

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