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Discrimination : la dévalorisation du travail en fait partie et on est quasiment tous concernés

Harcèlement sexuel, propos racistes, sexistes, homophobes, liés à la religion, handiphobes… La liste des discriminations au travail est longue et les propos ou les comportements sont loin d’être exceptionnels. En particulier quand il s’agit de propos dévalorisants. Un quart des Français a déjà été victime de ces attitudes hostiles, et la moitié a déjà été dévalorisée selon le 11ème baromètre sur les discriminations dans l’emploi, réalisé par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail.

Dévalorisation : pas un seul échelon de l’entreprise n’y échappe, hommes comme femmes

#metoo, #balancetonporc, etc… Un coup de projecteur a été mis ces derniers mois sur les comportements sexistes, le harcèlement et les agressions sexuelles dans le cadre professionnel. Un raz-de-marée médiatique qui, s’il fut salutaire, a toutefois occulté tout un ensemble de comportements discriminants auxquels peu de personnes semblent échapper. « Le harcèlement discriminatoire peut non seulement prendre la forme d’actes ouvertement liés à un critère de discrimination, mais aussi s’alimenter d’un continuum de dévalorisations et de comportements hostiles simultanés », rappelle Jacques Toubon, le Défenseur des droits.

Et à ce sujet, les femmes comme les hommes sont touchés de manière quasi-égale. Plus de la moitié des 5 000 personnes interrogées pour le baromètre déclarent ainsi avoir eu l’impression d’être dévalorisées injustement au cours des 5 dernières années, dont 38 % sous-estimés par rapport à leurs compétences et 19 % obligés de réaliser des tâches ingrates. Seule différence significative entre les deux sexes : les femmes sont plus nombreuses à déclarer s’être entendu dire « en faire plus vous permettrait que votre travail soit reconnu ». Sous-entendu, les femmes sont naturellement moins disponibles et moins investies… Un préjugé qui a la vie dure.

Un quart des Français victime d’un acte hostile

Concernant la dévalorisation du travail, et plus largement les propos et les comportements stigmatisants, pas de différence sensible non plus entre les catégories socioprofessionnelles, les secteurs d’activité ou encore entre le public et le privé. Un quart des personnes ont déclaré avoir fait au moins une fois l’objet d’une ou plusieurs attitudes hostiles depuis les cinq dernières années. Il n’y a bien que les travailleurs indépendants qui sont légèrement moins touchés, mais seulement parce qu’ils travaillent davantage seuls.

Dans le détail des faits, 14 % déclarent avoir au moins une fois été confrontés à des propos ou comportements sexistes, 9 % à des propos ou comportements racistes, 5 % à des propos ou comportements liés à leur handicap ou état de santé, 5 % à leur religion, et 3 % à des propos ou comportements homophobes.

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Ceux qui « cumulent »

Près d’un quart des Français cumulent dévalorisation du travail ET comportements discriminants. La double, voire la triple peine en somme. C’est notamment le cas chez les populations plus exposées que la majorité : les personnes « perçues comme non-blanches » qui sont un tiers à subir des attitudes racistes contre 6 % des blancs, par exemple, les LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) beaucoup plus exposés aux comportements homophobes que les hétérosexuels (24 % contre 2 %), les femmes toujours plus ciblées par les actes sexistes que les hommes (23 % contre 6 %), les personnes de confession musulmane, les porteurs de handicap ou de maladie chronique…

Au final, les femmes restent significativement plus touchées que les hommes, et notamment les femmes perçues comme non-blanches ou en situation de handicap.

L’excuse de l’humour : à la bonne heure !

Revenons au 25 % des personnes déclarant avoir été la cible de propos stigmatisants allant de l’insinuation à l’insulte. Un quart. 1 250 salariés sur les 5 000 interrogés. Et par extrapolation, 6,7 millions de victimes sur les 26,6 millions d’actifs que compte l’Hexagone. Un chiffre édifiant dans lequel on a tendance à ne pas s’inclure. Et pourtant, peut-être faites-vous partie des Français concernés sans le savoir.

En effet, le baromètre rappelle que ces comportements déviants sont souvent minimisés, notamment parce que les auteurs déclarent avoir voulu « faire de l’humour »… Boutades sur les vacances que l’on prend après un congé maternité (« Quoi ?! Tu repars déjà en vacances alors que tu viens d’avoir 4 mois de congés ? » – car oui, le congé mat’ ce sont des vacances, c’est bien connu), les blagues sur l’homosexualité d’un collègue, sur le surpoids d’un autre, les clichés inhérents à sa culture… C’est beaucoup plus insidieux qu’on ne le pense.

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La responsabilité de l’employeur est engagée

Ce baromètre est l’occasion pour l’OIT de faire un lien direct entre des comportements discriminants et le phénomène de harcèlement, pour permettre notamment aux victimes de saisir la justice et le Défenseur des droits. D’où la responsabilité de l’entreprise de lutter et de sanctionner ces discriminations en intégrant tous ces propos et comportements sexistes, racistes, homophobes, liés à la religion, handiphobes ou liés à l’état de santé, dans une démarche de prévention globale. « Ces situations sont de nature à engager la responsabilité de l’employeur ou de l’employeuse, sur le fondement de son obligation de sécurité » insistent les auteurs du baromètre.

  • Retrouvez l’intégralité du baromètre sur le site de l’OIT

(crédit:istockphoto.com/fizkes)

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