Fermer
menu

Digitalisation des liens humains et mobilité au travail… Revolution@work ouvre le débat

Transformation digitale par-ci, transformation digitale par là… Des termes que l’on a beaucoup entendu ces derniers mois en évoquant les bouleversements digitaux que traversent la plupart des entreprises. Mais rares sont les professionnels qui osent aborder le sujet du côté du salarié. Au cours de l’événement Revolution@work, qui a eu lieu les 8 et 9 décembre à la Défense, plusieurs intervenants issus du monde des RH, des start-uppers et des chercheurs se sont penchés sur le rôle de la digitalisation au sein des relations humaines.

La DATA pour une relation transparente entreprise/collaborateur

Jonathan Azoulay, le fondateur de Talent io – une plateforme qui met en relation des développeurs et des recruteurs – « on ne peut établir un lien de confiance entre un employeur et son salarié que grâce à la data science ». Pour illustrer son propos, il évoque le cas d’un de ses amis ingénieurs chez Facebook dans la Silicon Valley. Ce dernier ne serait jamais à son bureau et aurait l’aval de son entreprise pour travailler d’où il veut et quand il le veut, tout simplement parce que la seule chose qui compte, ce sont les résultats. La façon dont il les atteint n’importe pas l’entreprise. Cette relation de confiance est, selon lui, « basée sur une hiérarchie horizontale qui prône le travail collaboratif ».

Le digital comme canal d’expression pour le féminisme

C’est entre Brest, Rennes et Vannes que Marie Eloy – une autre intervenante de Revolution@Work, a décidé de créer sa société Réseau Femmes de Bretagne il y a deux ans. Face au constat selon lequel les femmes oseraient moins facilement se lancer dans un nouveau business toutes seules, elle a décidé de mettre en place réseau collaboratif dans sa région au sein duquel les femmes qui souhaiteraient créer une société s’entraideraient. Elle explique avoir voulu faire émerger un réseau à contre-courant, qui démocratiserait les peurs et freins rencontrés par les auto-entrepreneurs, et toutes les problématiques spécifiques aux femmes. Loin de n’être qu’un réseau de copinage, Réseau Femmes de Bretagne compte aujourd’hui 400 membres et doit sa réussite à sa capacité à briser les tabous en permettant aux femmes de s’exprimer librement, de se rencontrer et d’échanger au maximum, quelle que soit la distance qui les sépare.

La nécessité d’échanger avec ses salariés

Pour Cécile Le Galès, directrice générale de U Pro (un éditeur de solutions de transformation digitale), avant de vouloir tout chambouler dans son entreprise « il faut impérativement communiquer avec ses membres« . Aucune révolution ne se fera si le nombre n’y est pas, et que les salariés ne savent même pas pourquoi ces bouleversements ont lieu. La chef d’entreprise affirme que « nombreuses sont les entreprises qui ont peur du digital », tout simplement parce qu’elles voient cela comme quelque chose d’inconnu, qui va bousculer leurs petites habitudes, et non pas les aider. Le fait de « désiloter » et de travailler en mode projet (en méthode « agile ») est une bonne première étape pour réconcilier un travailleur avec la transformation digitale : cela lui permet d’acquérir plus d’autonomie et de transparence avec sa hiérarchie tout en gagner en liberté.

Enfin, Cécile Le Galès finit sa démonstration par le rappel des racines du terme « société » qui, en latin, désigne un « regroupement d’humains connectés par un réseau de relations ». Des termes que les dirigeants ont tendance à oublier quand ils délocalisent leur pôle de Recherche et Développement à plusieurs kilomètres du centre social de leur entreprise.« Comment développer intelligemment des solutions pour une boîte si on n’évolue pas proche de ses employés ? Cela n’a pas de sens ! » selon elle.

« La digitalisation, c’est d’abord un état d’esprit »

Pour Audrey Gentilucci, la co-fondatrice du Label Expérience (spécialiste dans le digital-marketing événementiel pour des marques et annonceurs), la digitalisation passe majoritairement  par de nouveaux outils, mais c’est avant tout un état d’esprit. Ce qui explique pourquoi tant de secteurs d’activités tels que la santé, la banque et l’assurance sont en retard sur la transformation digitale. Pour pouvoir avancer de façon agile, il faut penser vite, penser « temps ». Pour cette chef d’entreprise de 28 ans, les choses vont tellement vite qu’il faut prendre le train quand il passe au risque de rester sur quai… définitivement. Pour elle, la digitalisation d’une entreprise et sa capacité à innover commence avant tout par l’environnement de travail dans laquelle elle évolue. C’est pourquoi sa société a intégré l’espace de coworking parisien, School Lab, où 300 étudiants, ex-cubés* et start up travaillent ensemble. Cette cohabitation entre plusieurs métiers et domaines d’activités très divers permet d’échanger les savoirs-faire et de bénéficier des atouts de chacun pour avancer plus vite. (*qui ne travaillent pas au siège de l’entreprise mais dans des espaces de co-working)

Mais les avis divergent …

Si cette dernière est convaincue que la mobilité est un atout majeur pour les jeunes entreprises, ce n’est pas le cas de tous. Deux intervenants de Revolution@work ont un point de vue bien différent : Françoise Bronner, chercheur en organisation et espace de travail, conseille aux salariés dont la profession ne se caractérise pas par le déplacement (comme les commerciaux ou les consultants) de limiter leurs déplacements pour travailler correctement. Selon elle, si les entreprises françaises ont depuis toujours eu pour religion « le management par la présence et la visibilité de ses salariés », ce n’est pas pour rien. Il faudrait ainsi surveiller le salarié pour en assurer son efficacité.
Si ces propos peuvent surprendre, ils ne sont pas sortis de nul part. La chercheure a étudié de près les capacités de concentration d’un individu et peut l’assurer : personne ne peut atteindre un niveau de concentration convenable dans lieu en mobilité (train, voiture) ou non établi (café, espace publique). « L’état de flow » comme elle décrit cet instant où vous êtes tellement concentré que nous n’avez plus faim et que vous ne voyez plus le temps passé, ne peut arriver que dans un endroit calme.

Un avis que partage également Franck Eburderie. Après avoir essuyé nombreux échecs face à de grandes sociétés qui souhaitent réaménager leurs locaux et qui se sont rétractées au dernier moment face au changement, le PDG de Tétris en est convaincu : on ne peut pas attendre de toutes les entreprises qu’elles se transforment. « Toutes les sociétés françaises n’ont pas des salariés de 30 ans de moyenne d’âge » dit-il. « Il faut aussi savoir s’adapter aux cibles plus âgées, qui ne souhaitent pas bouleverser leur cadre de travail« . Si on souhaite opérer un changement considérable dans l’architecture de ses bureaux, il faut le faire en douceur et progressivement, et comme l’avait énoncé Marie Eloy, faire d’abord comprendre aux salariés l’utilité de ces changements.

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires
  1. Fanny
    14 décembre 2016 - 11h34

    La digitalisation c’est aussi la fin du gaspillage de papier ! Le Zéro Papier est possible ! http://blog.sellandsign.com/zero-papier-possible-entreprises/

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.