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Réforme de la formation #3 : l’alternance, un moyen efficace pour lutter contre le chômage des jeunes

Après nous être intéressés aux actifs puis aux entreprises et aux centres de formation, le troisième volet de notre décryptage de la réforme de la formation avec Sophie Crespy, Directrice de CESI École de Formation des Managers et CESI École Supérieure de l’Alternance, s’intéresse à l’alternance. Si le chômage des jeunes est un problème sensible en France, ce dispositif peut être un moyen de lutter efficacement contre. Voici en quoi la réforme souhaite faire avancer les choses en ce sens.

Des freins à lever

Le sujet de l’alternance n’est pas nouveau. Il est abordé depuis de nombreuses années par les pouvoirs publics. Sous François Hollande, un objectif d’un million d’apprentis avait été fixé. Actuellement, nous n’en sommes même pas à la moitié. De nombreuses raisons peuvent expliquer cet objectif non-atteint. Tout d’abord, comme l’explique Sophie Crespy, « l’alternance avait une mauvaise image jusqu’à peu. Cela a beaucoup évolué depuis une quinzaine d’années, car les écoles l’ont valorisée, expliquant notamment que l’apprentissage s’appliquait à tous types d’études, y compris dans le supérieur pour les formations post-bac. Les universités ont également proposé de plus en plus de cursus sous ce statut.

Cet effort, réalisé pour mettre en valeur ce dispositif, ne peut pas être efficace seul. Pour que les jeunes s’orientent vers ce type de cursus, il est nécessaire que les besoins des entreprises suivent, ce qui semble être le cas : « avec la conjoncture économique qui s’améliore, les recrutements s’accroissent, notamment en apprentissage. C’est devenu un réflexe pour beaucoup d’entreprises qui l’intègrent dans leur processus de pré-recrutement, pour former efficacement à leurs métiers. »

Une complexité administrative à assouplir

La réforme a pour objectif d’assouplir les règles applicables à l’apprentissage en « libéralisant » le système. Dorénavant l’ouverture de sessions en apprentissage ne sera plus subordonnée à autorisation administrative, à l’instar des dispositifs en contrat de professionnalisation. Il est vrai que ces dernières années, « les écoles qui ont beaucoup développé les cursus en alternance sont celles qui ont fait le choix du contrat de professionnalisation, beaucoup plus souple, explique selon Sophie Crespy : « CESI École Supérieure de l’Alternance est passée en cinq ans de 4000 à près de 9000 étudiants en alternance grâce à ce dispositif. Evidemment, cela suppose une expertise forte de l’école dans cette modalité pédagogique spécifique ».

La réforme s’est donc emparée de ce sujet. Les jeunes sont de plus en plus attirés par ce type de contrats et les entreprises sont tentées d’y avoir recours. L’objectif est donc de faciliter leur mise en relation et de leur permettre de travailler ensemble plus rapidement. « La question a été de comprendre pourquoi les écoles privilégient le contrat de professionnalisation au contrat d’apprentissage. Un fort besoin de souplesse a été relevé. La solution d’adapter ce qui est fait sur le premier pour l’appliquer au second paraissait opportune et logique. Lancer un cursus en alternance, que ce soit en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage, ne devrait nécessiter qu’un jeune, une entreprise et une école, tout simplement. »

La qualité de la formation, condition sine qua non d’une alternance réussie

La qualité des formations proposées est une condition à laquelle on ne peut pas déroger selon notre experte : « Pour faire de l’alternance un succès, il faut que les formations proposées soient pertinentes et que l’insertion soit au rendez-vous. Cela nécessite une expertise de la part de l’école, un accompagnement du jeune dans son choix professionnel, une mise en relation au bon moment avec la bonne entreprise… et exige un réel savoir-faire en amont pour préparer le candidat à l’apprentissage ainsi qu’un suivi tout au long du cursus avec le tuteur. C’est alors que les taux d’insertion dans l’emploi sont excellents. »

L’offre en apprentissage devrait donc se développer et devenir enfin un moyen efficace dans la lutte contre le chômage des jeunes. Et les attentes sont très fortes à ce niveau, notamment sur l’accès à différents niveaux d’études, que ce soit en infra-bac/ avant bac ou post-bac. Cela va demander de relever plusieurs défis. Le premier d’entre eux concerne le contenu des formations car : « les parcours en apprentissage se font sur la base de maquettes pédagogiques spécifiques qui doivent être respectées. Grâce à cela, de nombreuses entreprises vont s’ouvrir à l’apprentissage. C’est une très bonne nouvelle. Néanmoins, il faudra qu’elles suivent ces maquettes pédagogiques qui exigent une expertise particulière. »

Le deuxième défi sera de ne pas concentrer les efforts de développement sur les niveaux avant le bac car le post-bac est un très bon moyen d’insertion. De même, il faut également faire attention à ne pas délaisser les formations transverses, comme l’informatique ou les RH, et faire en sorte qu’elles continuent à être bien financées. Sophie Crespy conclut sur un dernier pré-requis essentiel, pour faire de l’alternance un moyen efficace de lutter contre le chômage des jeunes : « Il ne faut pas que l’apprentissage soit une école de la seconde chance. Tous les jeunes ne sont pas prêts pour ce parcours exigeant. Il nécessite une forte motivation et une bonne maturité, un projet professionnel qui tient la route, une connaissance du métier visé et une projection sur son évolution dans l’entreprise. C’est à ces conditions que le succès sera au rendez-vous. »

Cet article a été écrit en partenariat avec CESI.
Crédit photo : CESI

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