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Ils ont trouvé leur premier travail… à l’étranger

Commerce mondial, voyageLe débat sur l’insertion des jeunes diplômés dans le monde du travail continue. Cette fois, place à une série de témoignages d’expatriés français. Eux, leur première expérience professionnelle ils l’ont trouvée hors de nos frontières. Pour certains, par goût de l’aventure, pour d’autres, par nécessité de trouver un emploi. Mais quelle que soit la raison, ces récits apportent un éclairage intéressant sur l’expatriation et le rapport qu’entretiennent les jeunes au travail.

« Le stage est dévalorisé en France »

En France, mis à part les petits boulots d’été, la première expérience des jeunes diplômés c’est bien souvent le stage. Le « passeport » pour l’emploi. Mais « voir passer des annonces en France : recherche stagiaire de toute urgence me fait bondir », lâche Stéphanie Walter, graphiste en Allemagne. Originaire d’Alsace, ce n’est qu’en troisième année de Licence LEA qu’elle part outre-Rhin dans le cadre d’un semestre d’études à Ratisbonne. Ensuite, « en deuxième année de master, nous nous étions rendus avec d’autres étudiants à un salon consacré à la traduction et localisation en Allemagne. Là une entreprise de Berlin m’a donné sa carte de visite. C’est là que j’ai eu le déclic ». D’autant que pour Stéphanie, un stage en Allemagne « constitue une véritable expérience professionnelle que l’on peut ensuite mettre en avant » quand en France il « peut être dévalorisé avec cette image du stagiaire-café ».

Voir si l’herbe est plus verte ailleurs

Pour d’autres, l’expatriation a permis de donner une dimension internationale à leur carrière. Alors qu’elle est en Master 2 au Celsa, Marie Jeffredo travaille en entreprise du lundi au jeudi. « Je recherchais des postes en Volontariat International en Entreprise (VIE), car je savais que la conjoncture économique française n’était pas en ma faveur : peu d’emploi, rémunérations faibles, etc. ». Finalement, c’est la société où elle travaille pendant ses études qui lui propose d’ouvrir une filiale à Singapour. Un choix qu’elle explique par « sa capacité d’adaptation et sa motivation ». Bonne connaisseuse de l’Indonésie, « j’ai exprimé ma forte envie de découvrir un autre pays et d’y apporter mes connaissances du marché ». Aujourd’hui, elle travaille pour Mediakeys en tant qu’Account manager dans le cadre d’un VIE de 18 mois.

Un choix de vie pour Morgan Touly également. Elle, elle voulait « voir autre chose, changer d’environnement et aussi donner une dimension internationale » à sa carrière. Avant de partir à l’étranger, Morgan avait déjà enchaîné les voyages au travers du dispositif Erasmus durant ses études. Ermanno Di Miceli a lui tenté l’aventure… en Italie. Malgré ses origines, il ne parle pas fréquemment l’italien, mais il a profité de son nom pour se positionner dans une banque italienne. Un choix qui lui a permis « d’ajouter une expérience internationale, d’enrichir mon CV et également pallier la faiblesse de ma formation supérieure », un BTS bancaire.

Ne pas se survendre

Nicolas Hallet voulait lui voyager. En 2010, il part avec son amie à Québec, au Canada, dans le cadre d’un Permis Vacances Travail. Sur place, il commence à trouver un petit boulot dans un magasin de jouets « pour avoir une référence locale. Après, j’ai commencé à postuler dans mon domaine (relations publiques et communication) en ciblant les offres pour juniors ». Sa motivation et ses « petites » expériences professionnelles passées plaisent à ses employeurs. Pour lui, « s’il ne faut pas douter de ses capacités, il ne faut pas les surestimer non plus. Je postulais à des emplois qui demandaient au maximum trois ans d’expérience. Avec une expérience de stages et quelques petits boulots, ça ne servait à rien de viser plus haut ».

Un point de vue partagé par Stéphanie Walter. Son expérience lui a prouvé que « l’honnêteté est une notion clé pour tout jeune sur le marché de l’emploi. Même si on pense en cherchant son premier emploi qu’il faut se vendre absolument, il vaut mieux ne pas survendre ses compétences, être honnête sur les capacités dont on ne dispose pas encore. Les employeurs ne sont pas dupes, à survendre ses compétences, on risque très vite de se retrouver au pied du mur au moment où l’on nous demandera de les mettre en application ».

S’adapter à un nouvel environnement

Autre clé pour décrocher un emploi : la langue. Avant de partir aux Etats-Unis, Satheeni avait un niveau scolaire. « L’anglais qu’on vous apprend à la fac ou dans un IUT ne vous prépare pas à être opérationnel dans un pays étranger. Heureusement j’étais passionnée par la culture américaine, je regardais donc beaucoup de films et séries en version originale pour m’habituer à la langue et à l’accent. Une fois sur place, on n’a pas d’autre choix que de se lancer ! Faut se lancer, c’est comme ça qu’on progresse. Lire, écouter la télévision, rencontrer des anglos, se forcer à aller vers les autres, à commander au resto… Ça aide à s’améliorer ». Son travail la mènera à New-York dans une agence de publicité en tant qu’assistante de communication.

Se lancer, c’est aussi le conseil de Stéphanie Walter. « N’ayez pas peur de parler et surtout de vous tromper, tout le monde fait des fautes, et les gens sont généralement assez compréhensifs ». Idem pour Ermanno. « Quelques jours pour m’adapter, oublier ma timidité et en quelques semaines, j’étais quasi bilingue », explique-t-il.

Leurs conseils pour s’expatrier

Si vous aussi vous souhaitez partir travailler à l’étranger, alors foncez ! « Soyez passionné et n’ayez pas peur de dépasser vos limites, qu’elles soient géographiques ou personnelles », estime Morgan. « Selon le contrat (expatriation, détachement, etc …), il faut bien se renseigner sur les contraintes légales et règlementaires et les interactions avec la France, notamment en termes de couverture sociale, retraite, etc. Par ailleurs, ne pas oublier qu’au-delà des frontières, les mentalités, les habitudes, la façon de travailler sont différentes. Ne pas arriver en terrain conquis et penser que parce que l’on est issu du système Français, nous sommes les meilleurs ! », analyse Ermanno. Même son de cloche pour Nicolas. « On arrive dans un pays qui nous accueille, qui ne nous doit rien, où l’on doit faire ses preuves et montrer davantage de volonté que les autres ».
Et si partir peut coûter cher et demander une certaine dose de courage, « c’est tout gagnant pour l’avenir », juge Satheeni. Mais pour elle aussi « une fois sur place, il ne faut pas tout comparer à la France. Il faut apprendre des locaux, leurs coutumes, leurs habitudes et s’adapter à la vie sur place. Votre vie sera différente, c’est aussi ça partir ».

Sachez aussi regarder les offres sur les bons sites. Comme « Ubifrance et Civiweb qui proposent des postes de VIE », conseille Marie Jeffredo. Les forums d’expatriés sont aussi un bon point de départ. Satheeni a trouvé son emploi comme ça « un soir » alors qu’elle se renseignait sur la vie à New-York. Elle tombe sur une annonce, postule et « 10 minutes après l’envoi, on m’a téléphoné pour connaître ma situation d’emploi et convenir d’entretiens téléphoniques ». Dans tous les cas, philosophe Nicolas, « pour que ce soit un succès il faut que l’expérience reste agréable et un plaisir ».

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Commentaires
  1. Ermanno
    5 avril 2012 - 14h52

    Tout est très fidèlement retranscrit … et impressionnant de voir que sans nous connaître, toutes les personnes qui ont témoigné pensent +/- la même chose :-).
    Bon courage aux futures jeune dip’ se testant à l’étranger !
    Ermanno

  2. Ermanno
    5 avril 2012 - 18h42

    @Franck61 : piu o meno :-). l’ho studiato al liceo con facilità (forse perche sentivo ogni tanto un po d’Italiano) e poi, partando a Milano ho finito di impararlo :-). Adesso parlo solo Italiano con i miei bambini e mi sento quasi bilingua. Simpatico il tuo blog!

  3. Marie51
    8 avril 2012 - 9h08

    S’expatrier est une chose mais un jeune ne doit pas etre laché seul dans la nature. La première difficulté pour lui sera d’etre logé. La creation d’un pied à terre est une priorité, meme dans la recherche d’emploi. Et c’est là que le bat blesse…Il existe encore peu de structures qui gere ce problème.

    Marie51
    Conseillere de l’Emploi

  4. angryXexpat
    13 avril 2012 - 11h18

    J’ai vécu cette belle expérience. Expatriation à l’étranger, stages, VIE, différents contrats et différents emplois. De retour en France, c’est très dur : LA SUPER DOUCHE FROIDE. Les interlocuteurs auxquels j’ai fait face (différents organismes de recrutement, entreprises) m’ont indiqué que mon expérience à l’étranger ne valait rien en France (pourtant j’ai travaillé pour des entreprises et institutions françaises), que j’avais un profil atypique parce que j’avais travaillé à l’étranger (en bref, on ne veut pas de moi, j’ai la peste ??). Après avoir accumulé de nombreuses années d’expérience professionnelle, de surcroit trilingue, je me suis vue proposée des emplois rémunérés à même pas le smic. Quant à Pole emploi censé aider le public à retrouver un emploi et à se réinsérer… ils semblent morts. Zéro retour de leur part, ni de proposition de formation…zéro indication. Rien n’est fait pour soi disant réinsérer (employer le terme de réinsertion… comme si cela était criminel d’avoir vécu et travaillé à l’étranger) des jeunes ou moins jeunes qui reviennent de l’étranger.
    Donc partir est une chose, mais revenir c’est encore autre chose. A bon entendeur…

  5. Merlin
    25 juin 2012 - 10h51

    Les VIE ont grandement facilité ce phénomène, ceci d’autant plus que les jeunes ont envie de rendre leur CV plus compétitif et plus original en affichant de solides expériences culturelles et linguistiques. A noter : aujourd’hui les expatriés français sont de mieux en mieux couverts par les assurances mutuelles qui ont créées des complémentaires santé dédiées à leur situation. Pourquoi s’en priver ?!

2 commentaires supplémentaires

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