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CyberCantal accompagne les télétravailleurs

Cybercantal fmiedzianowskiOn compte seulement 7% de télétravailleurs en France, soit 440.000 actifs. Pourtant, le télétravail est l’un des rares dispositifs à apporter une solution à autant de problématiques comme la désertification des zones rurales, le chômage, ou la conciliation vie pro/vie perso…

Exemple avec le programme « CyberCantal » initié en 1998 par le Conseil Général, qui vise à favoriser l’appropriation des TIC sur le territoire cantalien. Depuis le début de l’année, l’un des volets du programme, « Cybercantal Télécentres », accueille les citadins qui souhaitent s’installer à la campagne en télétravail. Par ce dispositif, le département se propose d’accompagner les télétravailleurs dans leur installation. Ils sont aujourd’hui une centaine à bénéficier de ces services. Explications avec Fabien Miedzianowski, Directeur du programme CyberCantal.

En quoi consiste le projet CyberCantal ?

A l’heure des débuts de l’internet où l’on parlait peu d’ADSL, l’idée était de diffuser les nouvelles technologies au coeur des territoires. Pour cela, le département du Cantal a créé en 1998, des espaces publics numériques, soit en tout près de 300 points d’accès à internet sur le département. En 2004, il y a eu la deuxième phase du plan CyberCantal, visant à développer les usages (développement de l’e-éducation, l’e-administration et l’e-commerce…). Depuis le début de l’année, nous avons lancé la troisième phase du projet, « Cybercantal 2011 », qui comprend un volet intitulé « CyberCantal Télécentres« . Car pour faire venir les gens dans le Cantal, la question du travail est essentielle. Nous aurons beau aménager des services numériques, si les gens ne peuvent pas travailler, ils ne viendront pas.

Quels sont les enjeux du télétravail aujourd’hui ?

La notion de télétravail n’est pas neuve, mais grâce aux nouvelles technologies, elle paraît s’imposer d’elle-même. Pourtant il y a un constat d’échec puisqu’en France, seulement 7% des actifs télétravaillent alors qu’en Europe nous sommes à 25% et aux Etats-Unis, 33% ! Pourquoi sommes-nous en retard ? Il y a deux réponses : d’une part, il y a un frein du côté de l’employeur, puisqu’en France, le code du travail est basé sur le temps de travail mais pas sur la quantité. Il y a trop peu de confiance pour laisser les salariés travailler chez eux. Le deuxième souci, côté salariés, c’est qu’ils vont au travail pour tisser du lien social. Et donc il y a un fort risque d’isolement lorsqu’on est télétravailleur.

Qu’est ce que les CyberCantal Télécentres ?

Ils s’adressent à trois types de populations. Il y a les télétravailleurs déjà existant. On en a référencé une trentaine autour de chaque télécentre, beaucoup d’Anglais notamment. Ensuite il y a les demandeurs d’emploi : ce sont principalement des personnes qui ont suivi leur conjoint et qui n’ont pas de trouvé d’emploi malgré leurs compétences. Là, nous les formons à se constituer travailleur indépendant, auto-entrepreneur ou ce genre de choses. Le troisième volet, c’est la prospection auprès des grands groupes nationaux. Il est prouvé qu’un télétravailleur est 30% plus productif qu’un salarié posté. Nous n’avons pas encore totalement enclenché cette phase. Nous avons des pistes mais il y a beaucoup de travail à faire.

Cybercantaltelecentres

A qui s’adressent ces télécentres ?

Parmi nos télétravailleurs, nous comptons des journalistes, des graphistes, des secrétaires, des comptables, des développeurs informatiques, des commerciaux, et pas mal de nouveaux métiers dans les services mutualisés notamment.

Comment fonctionne un télécentre ?

Déjà, très peu de travailleurs sont « à demeure » au télécentre. Les personnes qui ont choisi le télétravail vont venir deux-trois jours au centre, mais souhaitent conserver un temps à domicile, dans l’entreprise ou en rendez-vous clientèle. Les télétravailleurs ont accès à du matériel  » dernier cri  » (micro-ordinateur, copieur numérique, visio-conférence…), à des salles de réunions et des espaces réservés aux rendez-vous avec les clients. Dans chaque télécentre, il y a aussi un salarié chargé d’animer et de gérer le télécentre, de recevoir le public et qui est là en cas de problème. Le télécentre est un service gratuit. Dès février 2011, il y aura une tarification propre à chaque télécentre. En gros, cela se montera aux alentours de 30 Euros la journée, juste de quoi payer les charges…

Chaque télécentre à sa spécialité…

Les télécentres peuvent accueillir tout type de télétravailleurs. En revanche, nous voulions leur donner une  » excellence  » propre. L’idée est de créer de l’animation et de la formation entre les télétravailleurs, un centre de ressources des télétravailleurs et pas uniquement un bureau. Certains télécentres ont une spécialité du fait de leur emplacement géographique comme Chaudes-Aigues par exemple, pour le thermalisme et le thermoludisme. Le télécentre de Montmurat est lui spécialisé dans l’accueil des travailleurs étrangers.

Telecentre murat

Comment se déroule l’arrivée d’un télétravailleur dans le Cantal ?

Une personne individuelle peut prendre contact avec le Conseil Général du Cantal via le site telecentres.cantal.fr ou elle peut s’adresser directement à la communauté de commune d’accueil du télécentre qui l’intéresse. Pour les groupes de télétravailleurs, c’est-à-dire, des télé-salariés d’une même entreprise qui souhaiteraient s’implanter dans le Cantal en accord avec leur DRH, l’agence de développement économique du Conseil Général prend en charge les négociations avec l’entreprise. On accompagne les télétravailleurs pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Durant les périodes de formation, nous réservons une demi-journée par semaine à la découverte des zones touristiques, l’aide à la recherche d’un logement dans la région, d’une crèche ou ce genre de choses.

Quels sont les principaux inconvénients d’une installation en zone rurale ?

Le premier frein à une installation en campagne est le travail. Notamment celui du conjoint. Le télétravail partiel ou total constitue une réponse à ce dernier frein. Il n’est plus nécessaire de sacrifier son épanouissement professionnel. Vivre à la campagne ne signifie pas forcément élever des chèvres. Il faut continuer à développer son activité, mais la question est : a-t-on physiquement besoin d’être présent en permanence pour cela ? La réponse est non.

Quelles sont les retombées de CyberCantal pour le département ?

Apporter des services pour conserver les populations, lutter contre l’enclavement, et attirer des nouveaux actifs… Tout cela participe au développement économique du département, et apporte une image de marque moderne pour le Cantal, pionnier dans les nouvelles technologies. C’est la ruralité moderne en quelques sortes, sans renier notre principal atout, la qualité de vie.

Le télétravail semble pouvoir apporter une réponse concrète aux problématiques actuelles (désertification des zones rurales, crise de l’immobilier, chômage, développement durable)…

C’est le passage obligé, c’est l’économie de demain. Aujourd’hui, les gens sont connectés en permanence. Nous sommes de plus en plus dans des relations dématérialisées. Les vies personnelles et professionnelles se mélangent en permanence, notamment chez les jeunes générations. On le voit pour la fameuse génération Y : leur réseau, c’est à la fois les collègues et amis, l’exemple sur Facebook… Aujourd’hui, nous sommes tout le temps connectés.

A lire sur le même sujet : Vivre et travailler au vert, un sondage réalisé par l’Ifop.

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Commentaires
  1. Denis
    8 juillet 2009 - 14h19

    Sujet fort intéressant ! Et il est navrant de constater à quel point la mentalité française est souvent peu encline aux changements positifs.
    Un grand coup de chapeau au département du Cantal qui est en effet une superbe région … il est d’ailleurs étonnant que les départements limitrophes ne s’inspirent pas de cette intitiative car, en prenant l’exemple de la Lozère dont la population totale ne remplirait pas le Stade de France, il y a de nombreux territoires désertés par les actifs et pourtant ouverts et agréables à vivre.
    Reste que l’obstacle principal de passer au télétravail est bien sûr d’avoir un domaine qui s’y adapte … ce qui n’est pas le cas de tous.

  2. Priscilla
    8 juillet 2009 - 14h53

    @Denis : effectivement, le télétravail n’est pas possible pour tous. Pour ce qui est des autres départements, il faut savoir que le Cantal a répondu à un appel d’offres concernant les télécentres et qu’il a depuis le soutien financier de l’Etat. Ce genre d’installation est très coûteuse (tout comme les formations proposées) et certains départements ne peuvent se le permettre. Mais d’autres formules sont possibles, comme Soho Solo dans le Gers (à découvrir dans les « billets en rapport »).
    En tous cas, espérons que Nathalie Kociusko-Morizet, qui considère le télétravail comme une « préoccupation majeure », lance d’autres appels à projets du même type…

  3. Gaëlle
    8 juillet 2009 - 19h00

    Interview très intéressante !
    Je trouve que c’est vraiment un très bon projet, et j’espère bien qu’il va faire plein d’émules 🙂
    Le télétravail a un fort avenir… pour revitaliser des zones rurales mais pas seulement !

  4. Vickye
    15 septembre 2010 - 14h34

    Bonjour,

    je viens de consulter les commentaires de chacun et je me demande si vous avez déjà fait du télé travail.
    Moi oui!!!!
    Plus jamais!!!
    Je travaillais chez moi dans l’EST de la France pour le compte d’une société basée dans le sud avec mes propre moyens et outils techniques et j’attends toujours d’être payée pour le travail fourni.
    La solitude, l’enfermement, le manque de contact avec des collègues, du laisser pour compte (débrouille toi ) par l’employeur sous prétexte « mauvaises connexions » m’ont conduit vers une dépression.
    Pour faire du télé travail il faut être à son compte ou être salariée directe d’un centre d’appel de sa région.
    Bonne chance à ceux qui se lancent dans un tel projet….
    renseignez vous bien avant sur les avantages mais surtout les DÉSAVANTAGES….

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