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8 conseils pour parler de politique au travail sans fâcher vos collègues

En famille, entre amis ou entre collègues au travail, les Français aiment parler de politique, et surtout avec ceux qui pensent comme eux ! Comment exprimer ses opinions au bureau ? Peut-on vraiment parler de politique sur son lieu de travail ou faut-il jouer la carte de la discrétion ?

En matière de rebondissements politiques, 2016 nous a gâtés ! Scooter et croissants, élections américaines, Brexit, primaire de la droite et du centre… Difficile de résister à la volonté de commenter l’actu avec ses collègues. Mais le bureau ou la machine à café sont-ils de bons endroits pour discuter politicaillerie ou débattre de programmes électoraux ? Quelle est la manière la plus délicate et diplomate de s’exprimer ? Et comment faire taire un collègue qui ne cesse de prêcher pour le candidat que vous détestez ?

Nous avons posé la question de la liberté d’opinion et d’expression en entreprise à Vincent Poirel, Responsable RSE chez PageGroup (Michael Page, Page Personnel, Page Executive). Comme il le rappelle, « il y a plus de 2 ans déjà, certaines études révélaient que près de 50% des salariés parlaient politique avec leurs collègues. L’idée marquée d’un « tabou » s’arrête donc là. »

Parlez, c’est un droit !

Au même titre que n’importe quel citoyen, un salarié jouit d’une liberté d’opinion et d’expression. En d’autres termes, son entreprise ne peut ni lui interdire ni le sanctionner pour s’être exprimé sur des faits politiques. « La liberté de pensée, la liberté d’expression sont des droits fondamentaux : que cela soit à la machine à café, autour d’un déjeuner, en réaction à une information lue sur Internet, à une émission télévisée suivie la veille, on ne peut pas empêcher les salariés de s’exprimer, de réagir » détaille Vincent Poirel.

Bien mesurer les conséquences

Un conseil toutefois : si vous travaillez en étroite collaboration avec des collègues, il est probable que vous ayez une idée de leur couleur politique. Il est donc fortement recommandé de s’en rappeler avant de se lancer dans une diatribe animée contre tel homme politique ou tel projet de loi. Pour peu que ledit sujet soit sensible et particulièrement clivant, prendre position risque d’envenimer les relations d’équipe. Inversement, si durant la pause vous interceptez une conversation engagée dont le sujet vous passionne (disons l’égalité des droits ou le changement climatique par exemple), défendre votre opinion peut valoir la peine. « C’est un choix que vous faites » affirme Liane Davey, auteur du livre « Vous le premier : Inspirez votre équipe pour qu’elle grandisse, s’améliore et fasse bouger les choses » (You First: Inspire Your Team to Grow Up, Get Along, and Get Stuff Done). « Notre monde serait un endroit moins progressiste s’il n’y avait pas d’âmes courageuses pour faire avancer ces questions » ajoute-t-elle.

N’essayer pas de convaincre, c’est peine perdue !

Si vous pensez qu’une conversation à bâtons rompus sur un sujet politique est une bonne opportunité pour convaincre votre collègue le plus opposé à vos idées, vous faites fausse route ! Essayer de changer l’opinion d’une personne est souvent un exercice vain, selon Liane Davey. « Mais la probabilité que cela vous mène droit dans le mur [vous et votre collègue] est incroyablement élevée » ajoute-t-elle avant de suggérer de « considérer cela plutôt comme un dialogue intéressant ». Autrement dit, tentez d’y voir là un moyen de mieux comprendre la manière dont pensent vos collègues. Un atout pour vous.

Posez des questions

La meilleure façon de tirer profit des conversations, qu’elles soient politiques ou non, est de poser beaucoup de questions. Essayer de comprendre ce qui a amené telle ou telle personne à développer cette vision du monde et à adhérer à telle ou telle idée. Toujours selon l’auteure américaine, le problème vient de conversations trop souvent polarisées aujourd’hui. « Les gens ont tendance à s’éloigner de ceux qui pensent et agissent différemment ». Plutôt que de se braquer ou d’éviter les avis contraires, elle préconise de « faire un effort pour comprendre ».

Attention aux limites 

Tout droit a ses limites, et la liberté d’expression n’est pas une exception. Comme l’explique le Responsable RSE de chez PageGroup, « la limite, à l’évidence, peut apparaître dans des cas plus « extrêmes ». Prenons l’exemple d’un collègue qui impose ses vues de manière trop virulente, de discussions qui vont jusqu’au conflit, faute de respect mutuel entre les participants, d’un prosélytisme marqué sur le lieu de travail (distribution de tracts, création d’outils de communication sur le temps de travail, …) : si la discussion ou l’activité viennent entraver le bon fonctionnement de l’entreprise ou la performance des autres salariés, alors la question d’une intervention de l’employeur se pose ». Mieux vaut donc jouer la carte de la modération et de la diplomatie.

Quelles sanctions ?

Même le plus démonstratif, passionné et militant de vos collègues à le droit d’afficher son amour et son soutien pour un parti ou un candidat sans craindre de sanction. « A l’heure actuelle, il n’y a que très peu de jurisprudence sur le sujet dans le secteur privé » explique Vincent Poirel. Il n’existe pas de liste pré établie d’abus. C’est à l’employeur de les caractériser, et certains employeurs peuvent choisir d’encadrer cette liberté d’expression par des clauses dans le contrat de travail ou le règlement intérieur. « On observe toutefois un comportement plutôt raisonné des collaborateurs ».

Tout ça vous passe au-dessus ?

Vincent Poirel conclut en notant cependant « qu’il est impossible de reprocher à un salarié de ne pas prendre part à de tels échanges. Finalement, avec une bonne dose de bon sens et de respect, il est possible de parler (ou pas) de tout au travail, même de politique ! »

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