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Chômage mondial : les initiatives de nos voisins

MapmondeLe taux de chômage moyen pour les vingt pays de l’OCDE dont font partie la France, les Etats-Unis, le Japon ou l’Allemagne s’élevait à 8,8% en décembre 2009 et devrait atteindre les 10% en 2010. Pourtant, les pertes d’emplois ont été moins importantes que supposées selon le « Rapport sur le travail dans le monde » de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et ce grâce aux mesures de relance mises en place par les différents gouvernements depuis la crise. France et Etats-Unis sont au coeur de notre actualité, mais qu’en est-il de nos autres voisins européens et outre-Atlantique ? Voici quelques exemples…

Entre chômage actif et travail partagé…

Même s’il est encore trop tôt pour juger de leur efficacité, certaines initiatives semblent intéressantes et commencent déjà à porter leurs fruits. D’autres qui existaient bien avant la crise s’avèrent particulièrement efficaces depuis celle-ci :

  • Singapour a choisi de mettre l’accent sur la formation des salariés et des demandeurs d’emplois. Le gouvernement singapourien a lancé un dispositif de formation renforcée accessibles aux salariés menacés par le licenciement et aux chômeurs. Idem pour la Belgique qui propose elle un « chômage actif » : les salariés au chômage technique peuvent bénéficier d’une formation dans leur entreprise.
  • Le Canada a choisi un programme de travail partagé comme « alternative au licenciement ». Il permet de recourir au chômage partiel et à l’indemnisation des employés par le système d’assurance chômage traditionnel. Mis en place dans les années 80, les effets sont discutables mais le programme permet de retarder ou réduire les nombreux plans de licenciement.
  • L’Organisation International du Travail (OIT) qui a créé un « Observatoire de la crise » (Observatorio de la crisis) pour les régions d’Amérique Latine et des Caraïbes, s’est penché sur les politiques emploi de six de ces pays. On apprend que le Chili a mis en place un salaire minimum. La Colombie a lancé le « Plan 250 mil » de formation des jeunes. L’Uruguay a lui réformé l’assurance chômage et lancé un programme de préservation de l’emploi en combinant réduction du temps de travail et formation…

 

Plus spécifiquement, le chômage des jeunes constitue un enjeu majeur pour de nombreux pays. Des programmes ont été spécialement mis en place pour enrayer le phénomène :

  • En Australie, le nombre d’apprentis a chuté de 20% depuis la crise. Le gouvernement australien a donc mis en place « Apprentice Kickstart », dispositif visant à relancer l’apprentissage dans les métiers du commerce traditionnel et de l’artisanat.
  • « Eviter de sacrifier la jeune génération sur l’autel de la crise », c’est la volonté affichée de la Grande Bretagne. Avec sa campagne « Backing Young Britain » et le soutien de 150 entreprises, le gouvernement envisage de créer 85.000 emplois et stages en entreprise.

 

Ceux qui s’en sortent…

  • Numéro 1 : les Pays-Bas, avec un taux de chômage de seulement 3,7 % pour l’année 2009 ! Les dispositifs de chômage partiel mis en place depuis plus d’un an ont permis d’éviter les licenciements massifs mais coûtent cher à l’Etat. Rappelons que là-bas, le travail à temps partiel est très développé, car la politique du pays juge que « avoir un pied même partiel dans l’emploi, c’est être déjà intégré au marché du travail »…
  • 1.2 million, c’est le nombre d’emplois sauvés en Allemagne grâce au chômage partiel selon l’Institut Allemand de Recherche sur le Travail. Côté formation, deux types de politiques se complètent : celles de courte durée qui favorisent un retour rapide à l’emploi, et celles de longue durée, qui offrent plus de chances d’avoir un emploi pérenne à la sortie. Mais le chômage continue pourtant d’augmenter pour atteindre les 8,5% en février.
  • Plusieurs pays d’Europe se situe dans une moyenne très raisonnable pour le contexte de crise. L’Autriche affiche un taux de chômage de 5,4% selon la norme européenne Eurostat, et la Suisse affiche elle un petit 4,5% en février, bien que ce nombre ne cesse de grimper.

 

Des mauvais élèves

  • Parmi les mauvais élèves de l’Europe, on retrouve l’Espagne. En une année, le chômage a augmenté de 1,1 million pour atteindre les 18,83% fin 2009, ce qui en fait le pays de l’Europe présentant le plus fort taux de chômage. Le gouvernement qui a fait du sujet sa priorité, semble encore impuissant à enrayer la hausse des chiffres.
  • En Chine, si la croissance explose, les chiffres de l’emploi n’en sont pas moins catastrophiques. 60% des jeunes diplômés seront au chômage en 2010. Officiellement, la Chine affiche 3% de chômage, mais avec « toutes catégories de sans-travail confondues, le taux de chômage excéderait aujourd’hui les 15 % en Chine. ». Idem pour la Russie, dont le taux « officiel » est de 3,4% de la population active…
  • En Afrique, la situation est préoccupante, notamment pour les jeunes totalement délaissés par les gouvernements : 21% des moins de 25 ans sont touchés selon l’OIT. En particulier en Afrique subsaharienne et au Maghreb, où ils sont 25,6% sont sans emploi. Comme en Chine, il est difficile de quantifier avec exactitude le taux de chômage, tant celui-ci est un outil de propagande pour les politiques en place.

 

Partout, la tendance est quasiment la même : moins d’heures travaillées, plus de temps partiel… Ce qui amène à une précarisation de la situation des personnes encore en emploi. Et le mode de calcul du BIT (Bureau International du Travail aussi appelé OIT) est contestable puisqu’il comprend tous les actifs, c’est à dire les personnes ayant déclaré une activité dans le mois, si courte soit-elle (quelques heures). Pour véritablement espérer récolter les fruits des plans de relance en termes d’emploi, il faudra encore patienter. En attendant, la France peut toujours prendre exemple sur ses voisins…

 

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Commentaires
  1. Amexour
    10 février 2010 - 12h53

    Documenté, blog d’évidence orienté, il n’en est pas moins très intéressant et je reviendrai.

  2. Priscilla
    10 février 2010 - 13h52

    Hum… par « orienté », vous entendez quoi exactement ?!

  3. Pierre-Antoine
    10 février 2010 - 15h00

    Voilà un billet qui mérite réflexion.

    Mais pour pousuivre l’échange merci de rendre accessible le document « international-unedic.org » introuvable quand on clique dessus. Et d’en dire plus sur celui en rapport avec « scienceshumaines.com ». On accède sur la page d’accueil et après…

    @ + Pierre-Antoine

  4. Priscilla
    10 février 2010 - 15h05

    C’est réparé !

  5. François S
    10 février 2010 - 16h49

    Relecture géopolitique des situations économiques contrastées dans les pays européens :

    Les Européens qui s’en sortent sont ceux qui ont un climat pourri : Néerlandais, Allemands… Ils bossent, ils n’ont que cela à faire. Puis ils vont en vacances en Espagne, et contaminent par leur oisiveté provisoire mais explicite les autochtones, qui sombrent dans le chômage. La France est à mi-chemin… et se retrouve donc dans une situation intermédiaire.

    Ouf ! Après cette démonstration brillante, je vais me reposer en lisant une BD…

8 commentaires supplémentaires

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