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« Ce qui compte en Suisse, c’est la qualité du travail »

Depuis le mois d’avril, Bertrand a rejoint la cohorte des frontaliers, ces Français qui traversent la frontière suisse chaque jour pour aller travailler. Il nous explique les particularités du statut de frontalier et ses avantages, notamment financiers.

Ce qui compte en Suisse, c'est la qualité du travail

Quel est ton travail en Suisse et comment as-tu trouvé ce job ?
Je suis responsable d’un service de maintenance dans une entreprise de traitement des déchets à Genève. J’ai trouvé ce travail par mon réseau, c’est un ancien collègue qui m’a prévenu que ce site se développait.
Auparavant tu travaillais en France en Haute-Savoie, qu’est ce qui t’as motivé à aller travailler en Suisse ?
Avant tout le poste et l’opportunité d’évoluer dans ma carrière. Je suis passé d’un poste de technicien de maintenance à un poste de responsable. Ensuite, le potentiel d’évolution.
Est-ce que ton intégration a été compliquée ?
Ce qui a été le plus compliqué, c’est l’apprentissage de la langue. Non, je plaisante. Sur le canton de Genève, il n’y a pas beaucoup de différences culturelles. Sur ce genre de postes techniques, il n’y a quasiment que des frontaliers. Ça ne change pas grand-chose.
Le statut de frontalier c’est quand même différent d’un contrat français ?
Le salaire est imposé à la source. Le salaire qu’on touche est net d’impôt. Mais en complément, il faut prendre une assurance privée pour remplacer la Sécurité sociale française. Les frontaliers doivent aussi obtenir le permis de travail suisse, hors temps de crise on obtient ce certificat facilement. C’est l’employeur qui en fait la demande, dans mon cas cela a pris moins d’un mois. C’est une formalité qui n’empêche pas de commencer à travailler.
Dans le travail au quotidien, qu’est-ce qui change ?
Au niveau des horaires nous sommes sur 42,5 heures par semaine et nous avons quatre semaines de congés payés. Autre différence : il n’y a pas de  » sécurité de l’emploi  » comme on l’entend en France. Les employeurs peuvent licencier sur le champ, sans indemnités ni chômage, sans avoir à se justifier.
Au niveau salaire, c’est beaucoup plus avantageux que de travailler en France ?
Oui, surtout en ce moment avec le franc suisse fort. Le taux de change nous avantage mais peut aussi nous pénaliser dans l’autre sens. Les salaires à la base sont aussi plus élevés. Je suis ainsi passé de 2500 euros nets en France à 4000 nets par mois avec un 13ème mois. Ce sont des salaires qu’il est difficile d’obtenir en France dans mon domaine, surtout à mon âge (36 ans).
Qu’est-ce que tu apprécies particulièrement au niveau de l’ambiance du travail ?
Quand j’étais en France, j’étais à 35h en France, mais avec les astreintes je travaillais en réalité 50 heures par semaine. En Suisse, je suis à 42,5 heures de travail mais on ne me rappelle pas quand j’ai fini ma journée. C’est une autre manière de travailler, on te laisse le temps. Ce qui compte, c’est que le boulot soit bien fait. C’est ce qui m’a surpris au début, en France, j’étais habitué à courir après le boulot. C’est une qualité de travail différente.
Nous avons aussi des moyens que je n’ai jamais connus en France. Les entreprises suisses savent qu’il faut de l’investissement pour avoir un retour et du bon matériel pour qu’on travaille correctement. Les employeurs sont aussi très attentifs à la sécurité, les employés sont pris au sérieux sur les questions de CHS. Ici ce qui compte, c’est la qualité du travail.

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