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Caryl Férey : comment il est devenu le roi du polar

Carylferey3Au dernier festival de Cannes, au côté des acteurs Forest Whitaker et Orlando Bloom, il dénotait. Par sa petite taille déjà, mais pas seulement. Engoncé dans son smoking, portant le noeud papillon de rigueur, le rebelle du polar français avait les yeux rieurs. Et s’il jouait à s’en moquer, Caryl Férey profitait visiblement de ce moment privilégié. Une montée des marches à mille lieux de son premier petit boulot, lorsque à 18 ans il était ouvrier sur un chantier à Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine. « Je faisais des conneries genre balayer, transporter des gravats, tout ce qu’un étudiant peut faire sur un chantier quand il ne sait rien faire ». Au moins, il aura « pris du muscle » et d’avoir « côtoyé des ouvriers en bâtiments m’évite de dire n’importe quoi si j’écris sur ce sujet ».

Un sens du réalisme, mêlé à une inventivité héritée des histoires de sa grand-mère, qu’il a su cultiver jusqu’à devenir l’un des auteurs phares du roman noir. Mais si son ouvrage Zulu a été porté à l’écran par le réalisateur Jérôme Salle (Antony Zimmer, Largo Winch 1 et 2) et que son dernier polar Mapuche a été encensé par les critiques, sa carrière d’écrivain n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

Le parcours du combattant

De déconvenues en déconvenues, multipliant les petits boulots, Caryl Férey résume sa carrière à « un parcours du combattant avec beaucoup de cuites entre deux livres ». Et ça n’est pas une simple formule de breton. Aux comptoirs des bars à Rennes, il a éclusé. Sans jamais dévier de trajectoire. Rêvant depuis toujours d’être édité dans la collection Série noire de Gallimard, il explique sa réussite par le travail : « écrire tous les jours, sans concessions avec soi-même, et ne jamais abandonner ». Il aurait pu pourtant. Les éditeurs qui le lâchent, les fins de mois difficiles à taper les copains, il a bien connu. Mais sa passion de l’écriture lui a toujours permis de reprendre le dessus.

Zuluaffiche3A ses débuts, adolescent, son entourage prend vie dans d’invraisemblables histoires de science-fiction. Une façon de rendre sa justice, exécutant alors sur le papier ceux qui lui déplaisent. En 1994, sort son premier livre Avec un ange sur les yeux, chez un éditeur et ami rennais. Il le vendra essentiellement auprès de potes et de la clientèle des bars.

Le déclic, la Nouvelle-Zélande

Son « premier bon livre », selon lui, c’est Haka. Une histoire qu’il est allé chercher au bout du monde. Insatiable voyageur, il a vraiment « le déclic de l’écriture avec la Nouvelle-Zélande, une terre alors quasi inconnue des Français ». Le style Férey est déjà là : les descriptions du pays donnent aux lecteurs à voir et son héros récurrent, Mc Cash – inspiré par un pote de lycée – apparaît. Fidèle en amitié, Caryl demeure également révolté.

Sur le contexte économique actuel et le chômage ambiant, il ne mâche pas ses mots, quitte à dévier un peu de la conversation : « Le néolibéralisme ne m’inspire que colère, mais aucun sentiment de résignation. Nous ne sommes pas obligés de consommer leurs saloperies : il suffit de ne pas regarder TF1 pour que ça n’existe plus ». Rebelle un jour…

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