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Candidat un jour, gamer toujours : comment recruter ses propres fans… et les autres ?

Toutes les entreprises veulent donner envie aux candidats de postuler chez elles mais toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Parce qu’elles ont créé un lien fort avec leurs clients ou parce qu’elles sont très attentives à leur marque employeur, certaines ont plus de leviers à actionner pour séduire les talents. C’est le cas d’Ubisoft, qui divertit les gamers à travers le monde depuis 1986.

Amateurs de Far Cry ou d’Assassin’s Creed, nous vous emmenons aujourd’hui dans les coulisses s du troisième éditeur indépendant mondial de jeux vidéo. Son responsable recrutement et marque employeur France, Guillaume Saintagne, a accepté de nous servir de guide dans un monde où les candidats sont aussi parfois – voire très souvent – des fans.

Le recrutement chez Ubisoft

Derrière un seul jeu vidéo, jusqu’à 800 personnes au travail

Chez Ubisoft, les enjeux du recrutement se comprennent en quelques chiffres. D’abord, les effectifs : 14 000 salariés dans le monde, 3000 en France. Ensuite, les embauches pour 2018 : plusieurs milliers dans le monde, plusieurs centaines en France, dont 50% de profils juniors avec moins d’un an d’expérience. Le tout dans un contexte de croissance façon startup, avec un chiffre d’affaires en forte augmentation chaque année.

Guilaume Saintagne UbisoftTraditionnellement, l’industrie du jeu était pourtant très cyclique : on concevait un jeu, puis on le mettait en vente. Une fois le jeu sorti, les éditeurs de jeux vidéo se séparaient ou réaffectaient une partie de leurs effectifs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : « Ubisoft fonctionne avec une stratégie du live : au-delà de l’achat du jeu en lui-même, c’est le temps que le gamer passe ensuite à jouer qui compte, avec l’acquisition d’éventuels contenus complémentaires, des mises à jour…  76 % de nos revenus à la mi-année viennent de jeux qui ont plus d’un an, nous avons diversifié nos activités avec un glissement vers le service », détaille Guillaume Saintagne.

Pour faire un bon jeu vidéo, il faut de grosses équipes avec des profils variés et complémentaires. Chez Ubisoft, la notion d’équipe relève plus souvent de la solide force de centaines de personnes que de l’équipe de foot. Mais chez l’éditeur de jeux vidéo comme ailleurs, les collaborateurs ne sont pas uniquement développeurs ou game designers Pour fonctionner et poursuivre sa croissance, l’entreprise recrute aussi dans les RH, la finance et le marketing. En France, la moitié des effectifs est dédiée aux sièges, à la distribution et à l’IT, l’autre moitié aux studios de production de jeux vidéo.

Recrutement Ubisoft

Votre futur métier chez Ubisoft n’existe peut-être pas encore !

Certains postes connaissent peu de difficultés de recrutement : les gamers qui rêvent de devenir producteurs ou game designer sont légion et les places, chères. Côte technique, les principaux métiers en tension sont ceux de programmeurs spécialisés : « d’une part parce qu’il y a une pénurie d’ingénieurs en France, et d’autre part parce que des profils tels que les programmeurs online intéressent aussi d’autres entreprises séduisantes aux yeux des candidats. Les GAFA, par exemple. Nous avons la même problématique sur les métiers du CRM en Marketing », explique Guillaume Saintagne.

Autre fonction en forte croissance dans le groupe, la RH : la croissance d’Ubisoft et les enjeux RH qu’elle soulève sont insuffisamment connus d’une part et les potentiels candidats s’autocensurent en pensant qu’il faut nécessairement être un hardcore gamer pour entrer chez Ubisoft. C’est la cas notamment des candidates : « même si dans le monde, on compte autant de joueurs que de joueuses, tous ne jouent pas de la même façon. Beaucoup de candidates ne se déclarent pas gameuses alors même qu’elles jouent régulièrement à CandyCrush ; et de toute façon, on peut être un très bon RH chez nous sans aimer jouer aux jeux vidéo».

Les recrutements en finance ne sont pas évidents non plus : « Notre secteur souffre encore d’être considéré comme peu sérieux, alors même que c’est la première industrie culturelle au monde avec un chiffre d’affaire dépassant les 100 milliards d’euros. » Et dans l’IT pur (en dehors des studios), les candidats ne pensent pas naturellement à Ubisoft : « nous recherchons des métiers de niche, voire des métiers qui n’existent pas encore. A nous d’aller chercher les candidats et de les convaincre ! »

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Le recrutement par Ubisoft

Vous êtes gamer et vous postulez chez Ubisoft ? Assumez-le !

Candidats et clients, les gamers qui postulent chez Ubisoft attendent d’être traités avec égard sur les deux facettes de leur relation avec l’éditeur de jeux vidéo : « quand ils ont un problème sur un jeu et qu’ils contactent notre service client, ils ont une réponse rapide, donnée par un de nos agents soucieux de leur satisfaction. Ils attendent la même expérience quand ils candidatent, et pour nous, c’est un vrai challenge », admet Guillaume Saintagne. « Ils ne veulent pas de réponse trop tardive… ou trop rapide: une réponse négative rapide, même faite à la main, sera perçue comme automatisée. Et ce qui sera mieux accepté venant d’une banque ou d’un industriel, ne le sera pas venant de nous. En postulant chez Ubisoft, les candidats veulent rejoindre une famille ! »

Et au moment de postuler, tous les candidats n’assument pas leur statut de gamer, voire de hardcore gamer, de la même façon : « certains ajoutent leur pseudo de joueur à leur CV tandis que d’autres ont tendance à le cacher. Sur les forums des grandes écoles, les élèves ne le disent pas toujours d’emblée. Quand on les interroge, ils répondent qu’ils jouent un peu. Mais quand on creuse, on apprend qu’ils y passent deux ou trois heures par jour ! Ils sont influencés par une représentation sociale du hardcore gamer difficilement compatible avec les études ou la vie professionnelle, ils en ont un peu honte alors que c’est quelque chose qu’on valorise. », raconte Guillaume Saintagne. « A l’inverse, tous nos postes ne nécessitent pas d’être gamers, il ne faut donc pas hésiter à assumer le fait de ne pas l’être, nous valorisons la complémentarité des profils. »

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Le recrutement par Ubisoft

Partir n’est pas trahir

Chez Ubisoft, le turn-over concerne toutes les fonctions : « dans les métiers du jeu vidéo mobile, la lutte est acharnée car l’activité en pleine explosion, et nos collaborateurs sont susceptibles de se faire chasser. En production HD, nous sommes les plus gros en France, on sait attirer mais la concurrence des studios indépendants et à l’étranger est rude. On essaie d’être agiles et de donner du sens aux missions de chacun, mais sur une équipe de 400 personnes, on aura forcément quelqu’un chargé de ce qui semble n’être qu’un détail dans le jeu vidéo ».

D’autant qu’avec une moyenne d’âge de 34 ans dans une entreprise « digital native », les attentes sont fortes sur le sens et l’impact du travail de chacun. Ubisoft y travaille donc au quotidien pour offrir des salaires concurrentiels, alimenter la culture d’entreprise, favoriser la transmission… Et Guillaume Saintagne de compléter : « nous utilisons la méthode OKR pour valoriser toutes les contributions de nos collaborateurs et évaluer la performance autrement que par la présence ou les points de fin d’année par exemple. On cherche aussi à développer de vrais parcours carrière et à accompagner la mobilité au sein de nos équipes ». Et si les collaborateurs décident quand même de prendre le large ? « On ne considère pas un départ comme une trahison, on garde le contact et on estime que si le collaborateur revient travailler avec nous plus tard, il nous enrichira de ses nouvelles expériences ». Same player, shoot again !

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