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Café, clope, pipi : que dit la loi sur la pause au travail ?

PausetravailUn café le matin puis une cigarette avant un tour aux toilettes, c’est le rituel quotidien de nombreux salariés. Si les deux premières activités peuvent créer du lien entre collègues, elles représentent aussi un montant non-négligeable pour l’entreprise. Récemment, une étude américaine chiffrait le coût moyen d’un fumeur à 4.600 euros. Quant à la pause-café, elle entraînerait une perte de productivité équivalente à 490 euros par employé et par an, ou encore à 24 minutes prises quotidiennement sur le temps de travail, soit 188 jours passés autour de la machine à café tout au long d’une carrière. Autant de chiffres qui pourraient donner le tournis aux chefs d’entreprise et les inciter à surveiller davantage les allers et venues de leurs employés.

D’autant qu’en la matière, le code du travail est très clair. « La seule règle qui s’impose à l’employeur c’est d’accorder une pause de 20 minutes consécutives à tout salarié travaillant plus de 6 heures par jour », rappelle Eric Rocheblave, avocat en droit du travail. 20 minutes, ni plus, ni moins. Un salarié travaillant 5 heures dans sa journée n’y a d’ailleurs pas le droit, même au prorata. En revanche, l’employeur ne peut pas exiger des salariés qu’ils prennent leur pause en deux fois 10 minutes par exemple, ni de l’interrompre pour reprendre une activité professionnelle. « Dans les faits, de nombreux salariés ont une journée de travail entrecoupée par la pause-déjeuner, laquelle inclut largement les 20 minutes de pause obligatoires », souligne maître Rocheblave.

Une couche pour limiter la pause-toilettes ?

La seule pause qui ne puisse être encadrée, c’est la pause pipi. « On considère dans ce cas que c’est un besoin naturel qui n’a pas à être chronométré. Mais si une secrétaire devait s’absenter toutes les 15 minutes aux toilettes sans raison médicale particulière, cela pourrait être considéré comme étant abusif », précise l’avocat. Au Honduras, un employeur devait cependant trouver cette pause bien chère, obligeant ses salariés à porter des couches durant leur service pour ne pas nuire à leur productivité. « En France, on ne verrait jamais ce genre de choses. Mais encore une fois, si la pause-pipi échappe au code du Travail, elle ne doit pas pour autant porter atteinte de façon disproportionnée à l’intérêt de l’entreprise ».

Quant aux pauses café et cigarettes, c’est une simple tolérance de l’employeur qui pourrait s’y opposer. La loi permet cependant d’accorder un temps de pause supplémentaire précisé dans les conventions collectives des sociétés. Tant que ces moments de détente ne se substituent pas à la pause légale de 20 minutes, ils permettant aux salariés de nouer des liens souvent considérés comme utiles au bon fonctionnement des entreprises.

Pour les plus stressés, voici un lien pour apprendre à ne rien faire durant deux minutes. Mettez le casque, écoutez le bruit des vagues et ne faites rien, absolument rien.

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Commentaires
  1. alma
    10 décembre 2014 - 13h58

    et la pause pour tirer son lait quand on allaite? elle est prévue par la loi

  2. bucheron philippe
    28 octobre 2015 - 21h40

    JE TRAVAIL TOUT LES VENDREDI DE 6 HEURE A 14 HEURE AVEC PAUSE LEGAL MAIS QUE DIT LA LOI OU UN ARTICLE DU CODE DU TRAVAIL POUR LA PRIME DE PANIER DANS CE CAS PUIS JE LE RECLAMER

  3. Rachel
    1 décembre 2015 - 14h52

    Mon entreprise de 400 employés respectent bien les 20 mn de pause par jour obligatoires (pour des journées allant de 7h à 9h). Il faut juste programmer l’horaire des pauses en arrivant le matin. Mais les besoins physiologiques ne sont pas toujours prévisibles, et surtout, doivent être assouvis pendant les 10 mn de pause (par demi-journée). existe-t-il un texte, un décret, qui stipule que le temps de pause ne comprend pas les besoins physiologiques ?

  4. jojolespiedsnickelés
    9 juin 2016 - 11h57

    Ce gouvernement qui sait réprimer (48 enquêtes judiciaires sur les agissements de la police suite aux manifs. qui ont lieu depuis le mois de mars)mais ne sait pas négocier ni même dialoguer est irresponsable.Il serait temps,pour le gouvernement,d’éteindre l’incendie qu’il a provoqué.Retirer la loi « précarité du travail » serait sage.Il est urgent d’OUVRIR des négociations sérieuses sur le marché du travail (compte pénibilité,formation professionnelle,médecine et inspection du travail…etc)et de renoncer à l’autoritarisme.Le gouvernement veut enfumer les salariés :la « crise sociale » ne fait que commencer.

  5. Karine
    29 juin 2016 - 12h55

    Depuis 3ans que je suis embauchée notre patron nous a accorder un e clope le matin et une l aprem tout ca verbalement.et en travaillant de journée maintenant qu’ il est en crise il nous l asupprimer .peut t il revenir sur sa parole?

7 commentaires supplémentaires

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