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Brexit : quelles conséquences pour l’emploi des Français au Royaume-Uni ?

L’annonce du Brexit a provoqué l’émoi en Europe. Dirigeants et salariés de multinationales, travailleurs français expatriés, candidats à l’expatriation, étudiants… Ils seront nombreux à être impactés par la sortie de l’Union Européenne par le Royaume-Uni. Face à l’incertitude sur la concrétisation de ce Brexit, l’inquiétude règne : à terme, les jeunes Français pourront-ils aller étudier comme avant en Grande-Bretagne ? S’expatrier pour y travailler deviendra-t-il plus compliqué ? Explications…

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Quelles conséquences pour les travailleurs expatriés ?

Plus de 300.000 Français vivent au Royaume-Uni. Spectateurs silencieux de la pièce shakespearienne qui se joue sous leurs yeux, les expatriés ont de quoi être inquiet. Qu’ils se rassurent, le nombre de travailleurs européens contribuant à l’économie du pays est élevé et il est peu probable que le gouvernement britannique décide de les renvoyer chez eux. Pour le moment, les hypothèses sont nombreuses. A priori, c’est le secteur de la finance qui sera le plus impacté : avec le changement de réglementation, les banques françaises et européennes pourraient décider de délocaliser leurs sièges de la City dans l’éventualité d’une sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le retour du visa pour les expatriés

Actuellement, tous les citoyens européens peuvent vivre et travailler au Royaume-Uni librement, sans permis ni visa. Quand la Grande-Bretagne sortira de l’Union Européenne, ils devront logiquement effectuer les mêmes démarches que les citoyens en provenance de pays situés en dehors de l’Europe (UE) ou de l’espace économique européen (EEE) :
– les personnes vivant au Royaume-Uni plus de 6 mois devront demander une carte de résidence valable 5 ans
– après 5 ans, elles devront demander une carte de résident permanent
– laquelle leur permettra de faire la demande de la nationalité britannique 12 mois après avoir reçu leur carte de résident permanent.
– enfin, expatriés français et européens pourraient devoir justifier d’un certain niveau de revenus pour que leur permis de travail soit renouvelé comme c’est déjà le cas pour les ressortissants étrangers.

Quid du contrat de travail ?

A priori, le Brexit n’impactera pas le contrat de travail des expatriés actuels, qui restera inchangé jusqu’à la date de son terme. Le statut social du salarié expatrié lui, risque d’être modifié : quand le Royaume-Uni sera sorti de l’UE, les expats français perdront leur statut de « travailleur détaché », et ne bénéficieront plus de la couverture sociale des britanniques pour l’accès aux soins dans les hôpitaux britanniques selon Thierry Clerc, avocat spécialiste du droit international et européen, membre du réseau Eurojuris. Le régime de retraite des expatriés devrait également être modifié.

Quelles conséquences pour les candidats à l’expatriation ?

Les expats déjà établis au Royaume-Uni ont peu de raisons de s’inquiéter. Les changements majeurs concernent plutôt les futurs migrants européens au Royaume-Uni qui devront se plier aux nouvelles règles en place.

Le Brexit entraînera logiquement une augmentation des démarches pour les services RH des entreprises comme pour le futur expatrié. Si l’article 50 – actant le divorce définitif du Royaume-Uni et de l’Europe – est enclenché, le pays aura 2 ans pour redéfinir les contrats de travail des futurs immigrants. Cette nouvelle bureaucratie pourrait-elle être dissuasive pour les potentiels expats ? Pas obligatoirement puisque c’est surtout la situation économique du pays et les opportunités qu’il propose qui séduiront les travailleurs.

Quelles conséquences pour les étudiants français ?

Difficile pour les jeunes, anglo-saxons et européens, « d’encaisser » la nouvelle du Brexit : les jeunes britanniques ont, semble-t-il, davantage voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne (36% des 18-24 ans) et beaucoup se sont abstenus, contrairement à leurs aînés qui ont voté contre (83% des + de 65 ans). Après le Brexit, les étudiants français et européens qui veulent étudier à l’étranger pourront toujours le faire mais le coût et la nature des démarches pourraient changer.
La reconnaissance des diplômes, actuellement valables entre les 28 états membres de l’UE, pourrait également ne plus s’appliquer au Royaume-Uni. Toutefois, il existe déjà des correspondances entre certains diplômes comme le Master.

La fin des frais de scolarité à tarif préférentiel

D’abord, les « tuitions fees », frais de scolarité imposés aux étudiants pouvant atteindre jusqu’à 12 000 euros par an, pourraient changer. Actuellement les étudiants étrangers bénéficient en effet de tarifs préférentiels grâce à des barèmes variant selon si leur pays d’origine est membre ou non de l’UE. « Alors qu’en moyenne, une année d’études au Royaume-Uni coûte 15 000 euros pour un étudiant britannique, elle ne revient qu’à 8 000 euros en moyenne pour les étudiants français », expliquait Jacques Comby, président de la commission internationale de la conférence de présidents d’universités (CPU) et président de Lyon-III, au journal Le Monde. Avec le Brexit, étudiants français et européens pourraient devoir s’acquitter des mêmes frais de scolarité que les étudiants étrangers hors espace européen.

Ceci étant dit, rien n’empêche la Grande-Bretagne de signer des accords et conventions avec ses voisins français ou européens – comme l’ont fait la Suisse et la Norvège (avec Erasmus) – pour faciliter les échanges. En 2012-2013, les 5,5 % des étudiants issus des pays de l’Union européenne ont généré un revenu de 3,7 milliards de livres, assurant ainsi la pérennité de 34 000 emplois.Un impact non négligeable sur l’économie britannique…

Quid du programme Erasmus ?

Selon la Commission européenne, dans le cadre du programme Erasmus, le Royaume Uni a accueilli 27 400 étudiants européens. Environ 6 800 Français ont traversé la Manche la même année. Depuis trois ans, le nombres d’étudiants britanniques bénéficiaires du programme a par ailleurs augmenté de 50% et quelques 30 000 britanniques s’expatrient en Europe grâce à lui chaque année.

A priori, le vote pour la sortie de la Grande Bretagne de l’UE n’aura pas de conséquences sur les échanges Erasmus prévus pour l’année scolaire 2016-2017 selon les universitaires d’Europe. Et l’avenir n’est pas si sombre. D’abord, parce que le Brexit n’est pas encore acté (le fameux article 50). Ensuite, parce que les écoles et universités des différents pays qui « échangeaient » leurs étudiants peuvent conclure des accords et conventions ou les maintenir, notamment grâce au fonds d’aide à la mobilité étudiante en dehors de l’Europe.

Des accords probables pour faciliter les échanges

Le Brexit n’a pas pour vocation à simplifier les échanges et entraînera logiquement des démarches supplémentaires, des hausses de certains frais et une réduction de certains droits pour les salariés. Toutefois, des accords bilatéraux conclus et à conclure entre les pays d’Europe dont la France et le Royaume-Uni, pourraient faciliter les choses en matière de scolarité, de travail, santé, de retraite…. Il est en effet très probable que la Grande-Bretagne cherche à négocier des accords spéciaux avec certains pays comme la France, préservant ainsi la qualité de ses relations, ses intérêts et ceux de ses expatriés. Le Royaume-Uni peut également demander à faire partie de l’Espace Economique Européen (EEE, qui compte parmi ses membres les 28 de l’UE, l’Islande, la Norvège, et le Liechtenstein), qui permet la libre circulation des résidents de cet espace. Ainsi, les Français se rendant en Grande-Bretagne pourraient bénéficier d’un traitement particulier. Affaire à suivre donc.

 

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