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Peut-on souffrir d’ennui au travail ?

Jeune femme qui s'ennuie au bureauPériode creuse. Pour les salariés restés au bureau cet été, les heures semblent bien vides et s’étirer à l’infini. Un mal qui touche tout le monde, y compris les rédacteurs web qui laissent alors fleurir les marronniers : « Trop chaud pour travailler ? », « Les gadgets de bureau les plus drôles » ou encore « Les meilleurs sites pour passer le temps au bureau« . Au vu de la météo, notre coeur balançait entre les deux derniers sujets… Jusqu’à ce que nous tombions sur un terme inconnu : le boreout. Pas le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, mais bel et bien le boreout. Comprendre syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui.

Un mal réservé aux paresseux ?

Mais comment peut-on s’épuiser à ne rien faire ? En effet, la définition du boreout est plutôt curieuse. Selon les deux inventeurs de cette notion, des consultants d’affaires suisses, ce syndrome trouve son origine dans le manque de travail, de défi, l’ennui et in fine l’absence de satisfaction et le désintérêt.

Ce n’est donc pas un mal réservé aux paresseux mais un état qui traduit l’insatisfaction professionnelle des salariés. Que ce soit par manque de responsabilités ou de sens à donner à leur travail, les victimes de boreout s’investissent alors de moins en moins dans leur tâche. Un état aussi dangereux que le burnout, le boreout mène également à un état de souffrance au travail.

L’ennui, un tabou au travail

Selon les auteurs de l’ouvrage  »Diagnose Boreout », 15% des employés de bureau sont victimes de ce syndrome. Pour les personnes concernées, il est cependant difficile d’en parler. Au contraire et c’est bien normal, elles préfèrent le masquer de peur d’être sanctionné. Pour donner le change, les victimes adoptent des stratégies : simulation de l’engagement au travail, étirement de la durée des tâches…

Un problème qui pèse autant sur le moral des salariés que sur la bonne marche des entreprises. Une récente étude démontrait en effet que le bien-être et par extension la productivité des salariés dépendaient de leurs managers. Plus les employés sont autonomes, plus ils se sentent heureux, compétents et proches de leurs collègues. Pourtant, les entreprises se trompent souvent dans la réponse à apporter au boreout. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail des collaborateurs, elle auraient tendance à renforcer les procédures de surveillances des salariés, en verrouillant par exemple leur accès à internet.

Des méthodes qui ne fonctionnent pas, jugent les deux consultants. « Le management basé sur une surveillance quasi-quotidienne des tâches du salarié, ce qu’on appelle plus communément le flicage est quelque chose que l’on ne recommande pas », confirme Nicolas Gillet qui a mené des études sur les pratiques managériales. Pour répondre efficacement à ce problème, les entreprises devront donc réinventer leur modèle d’organisation et mieux intégrer les salariés dans le processus décisionnel. De nouvelles pratiques attendues par la génération Y qui entend mener plus de projets en entreprise mais surtout continuer à apprendre et à progresser, diagnostiquent également les auteurs de  »Manager la génération Y, travailler avec les 20-30 ans ».

Pour aller plus loin, une infographie en Anglais

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Commentaires
  1. Sylvaine Pascual
    2 août 2012 - 8h24

    L’ennui au travail touche de nombreuses personnes dans des situations très différentes, en dehors de la torpeur estivale:
    – Les plus ou moins placardisés.
    – Ceux qui effectuent des tâches très en deçà de leurs compétences.
    – Ceux que la hiérarchie n’a pas vus gagner en compétences et qui restent dans des tâches qu’ils maîtrisent trop pour y trouver une stimulation.
    – Ceux qui ont justement un fort besoin d’évolution et de stimulation et ont vite un sentiment de routine ennuyeuse.
    – Ceux qui ne trouvent pas ou plus de sens à leur travail et qui ont le sentiment de faire des choses inutiles.
    – Ceux qui ont un fort besoin d’apprentissage et ont le sentiment d’avoir fait le tour de leur métier.
    – Ceux qui n’ont pas une charge de travail suffisante pour occuper leurs journées.

    Toutes ces situations génèrent cette forme de stress par l’ennui qu’est le boreout et qui peut mener… au burnout. Environ 50% de mes clients en reconversion ou transition de carrière exprime un dégoût de leur job dû à l’ennui.

    Et effectivement, croire y remédier en renforçant la surveillance est une erreur, et infantilisante de surcroît: rappelons-nous de l’excès de surveillance quand, enfants, nous faisions nos devoirs. Elle renforçait surtout… la procrastination et l’invention de moyens de faire croire qu’on travaillait;)

  2. Mimi girl
    9 août 2012 - 11h24

    Je me sens étrangement concernée…

    Pourtant un peu de communication et de bonne volonté de mon manager pourrait régler le problème…

  3. minimoi
    21 novembre 2012 - 11h33

    J’éprouve exactement cette sensation au boulot… J’y suis depuis 3 ans et cela fait bien 2 ans que j’essaie de tenir le coup. Depuis juin 2012 je cherche un autre job mais sans grand succès… En attendant, je reste où je suis pour ne pas rester sans rien… J’ai quand même un loyer à payer.
    Cela n’est pas facile tous les jours…
    J’ai l impression de ne servir à rien, que ce que je fais (le peu de ce que j’ai a faire) est inintéressant. Je suis honteuse face à certains de mon entourage qui se plaignent d’avoir trop de travail.
    Je ne m’ennuie pas par plaisir ou par paresse… Je ne demande que ça, occuper mes journées, servir à qqchose, me sentir utile et trouver cela stimulant.
    Je ne pensais pas qu’on pouvait souffrir d’ennui au travail mais c’est bien ce que j’éprouve en ce moment… De plus, cela se répercute vraiment dans ma vie perso.

    En discuter avec mon patron? J’ai déjà essayé de sous entendre cela (je ne peux pas lui dire directement que je m’ennuie, que je ne trouve rien de passionnant dans ce que je fais) mais cela ne m’a procuré aucune satisfaction et ça n’a pas fait bouger les choses non plus.

  4. Linlau
    22 novembre 2012 - 12h00

    Bonjour à tous,
    moi aussi je l’ai vécu, mais y ai mis un terme en négociant mon départ via un licenciemant ‘autre’ !
    Depuis je travaille en Intérim et j’y trouve mon compte y compris financièrement. Ce qui prouve que j’avais raison sur deux points :
    1-je n’étais pas assez payé
    2-j’étais capable de monter de deux crans …!!!

    J’ai toujours cru en moi, à tord peut être, cependant si vous êtes mal dans un boulot, fuyez !

    Je l’ai fait à trois reprises en trente ans et ne regrette rien bien au contraire !
    C’est une question de caractère et de motivation!

  5. Pragmatisme
    22 novembre 2012 - 15h17

    Il y a des gens qui s’ennuient au boulot ? Soyez gentils, laissez le à ceux qui veulent vraiment s’en sortir et qui n’ont pas la chance d’avoir été recrutés !

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