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Au travail, tous des imposteurs ?

Pendant que les dirigeants du monde rendaient hommage à Nelson Mandela ce week-end, un homme était chargé de traduire leurs discours en langue des signes. Seul problème : l’association des sourds-muets sud-africains dit n’avoir « rien compris » à ses gestes et l’accuse d’être un imposteur. « Il bougeait les mains dans tous les sens mais tout cela n’avait aucune signification », rapportait excédé mercredi matin, Bruno Druchen, le directeur national de la fédération sud-africaine des sourds et muets, sur la chaîne SkyNews.

Si ce dernier cas peut paraître anecdotique  -voire amusant ou totalement déplacé vu l’enjeu de la célébration – il n’est pas sans rappeler de nombreux exemples de salariés et/ou de personnalités qui s’attribuent de fausses compétences sur leur CV. De l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui n’hésitait pas à s’attribuer un DEA de Sciences politiques et un diplôme de Sciences Po Paris, à l’ancien PDG de Yahoo ! qui prétendait être titulaire d’une licence qu’il n’avait jamais passé, l’imposture est devenue la règle sur le marché de l’emploi.

Un candidat, ça trompe énormément

Les candidats lambda suivent naturellement l’exemple venu d’en haut. Selon la dernière étude sur les CV trompeurs réalisé par le Florian Mantione Institut, 75% des d’entre eux mentent ainsi aux employeurs. Parmi les mensonges les plus fréquents : les candidats s’attribuent « souvent » un faux diplôme, une simple formation se transforme en véritable diplôme, quand ce dernier n’a pas tout simplement été acheté sur Internet. Et la fonction du poste précédemment occupé est également régulièrement mensongère (48%). Enfin, 62% des candidats surestiment leur pratique d’une langue étrangère… Des comportements peu risqués puisque l’employeur a l’obligation de vérifier les informations transmises par les candidats. Mais si le mensonge est découvert, la relation de confiance entre les deux parties risque d’être brisée.

Un syndrome de l’imposteur

Autant de mensonges qui sont plutôt des petits arrangements avec la réalité. Rien de pathologique en soi. Mais pour d’autres salariés, l’imposture est un syndrome qui nuit à leur santé. Dans ce cas, c’est l’inverse qui se produit chez eux. Appelé aussi syndrome de l’autodidacte, leur comportement exprime un doute maladif qui les contraint à nier la qualité de leur travail et à attribuer leur succès à des facteurs extérieurs : chance, relations, circonstances particulières… Toujours en proie au doute, les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur s’imaginent en permanence duper leurs collègues et ne pas mériter leur place. Elles vivraient même dans la crainte constante d’être un jour démasquées par leur entourage professionnel.

Un comportement évidemment invalidant au travail. Mais bien plus réjouissant que celui des collègues s’attribuant le mérite des autres…

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Commentaires
  1. Nath
    12 décembre 2013 - 14h45

    Bonjour,
    « Toujours en proie au doute, les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur s’imaginent en permanence dupées leurs collègues et ne pas mériter leur place. »
    Argh, ça fait mal aux yeux (duper).

  2. regionsjob
    12 décembre 2013 - 14h52

    Bonjour, merci pour votre vigilance, cela a été corrigé.

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